BP 2014 Intervention de Geneviève Lebouteux sur le tome développement économique

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Monsieur le Président, mes chers collègues,

 

Le groupe écologiste s’abstiendra sur deux rapports relatifs à l’agriculture, les rapports 113 et 310.

Même si nous approuvons certaines des orientations de ces rapports, d’autres nous inquiètent, comme dans le SRI-SI, ainsi que Sophie Bringuy l’a exprimé.

Le défi du secteur alimentaire, au sens large, est celui d’une mutation profonde, pour un impact bien moindre sur l’environnement, pour des produits qui ne nuisent pas à la santé des consommateurs, ni à celle des agriculteurs, tout en gardant les emplois et en améliorant les conditions de travail. Ce défi est ambitieux, difficile, et il est légitime que l’argent public soutienne résolument la transformation de ce secteur.

Il y a dans ces rapports des propositions qui permettront de réelles avancées, comme le travail sur l’autonomie protéique ou la lutte contre l’artificialisation des sols.

Néanmoins, on y trouve aussi des mesures qui nous inquiètent. J’en citerai 4 :

1-      La place de CAP Aliment – présenté comme pierre angulaire de la stratégie d’innovation en matière d’agro-alimentaire : nous souhaiterions connaitre sa feuille de route, ses missions, sa gouvernance, le rôle de la région dans le pilotage.

2-      L’objectif d’autonomie énergétique des exploitations : dans la logique de la stratégie régionale énergie, nous soutenons l’objectif d’autonomie énergétique des exploitations avec le souci d’adapter notre agriculture à notre territoire, de l’adapter au réchauffement climatique et de réduire son empreinte écologique. Mais il nous faut être très vigilants : des investissements importants pourraient entrainer des difficultés à l’installation et à la transmission. Cela risque ainsi de favoriser la concentration, la course à la marge et à la surproduction, et les très grosses exploitations. Ce n’est pas notre souhait. Vigilance encore plus marquée quand il s’agit de la modernisation des bâtiments d’élevage.

3-     L’élargissement du cadre pour la méthanisation : nous avons acté  le soutien à la micro-méthanisation. L’élargissement annoncé nous inquiète. Pour aider des projets plus importants, il faut qu’il n’y ait pas de cultures dédiées et que le périmètre d’approvisionnement de matière première soit limité géographiquement, sinon c’est une fausse bonne solution.

4-      Dernier point, la mise en place du « Clean Label » : les labels de qualité existent déjà. Nous n’avons pas besoin d’un nouvel objet de marketing coûteux pour tenter de « rassurer » le consommateur. Il nous semble plus sérieux de maintenir, comme cela est également inscrit, une vraie politique en faveur des SIQO et du non-ogm.

Pour toutes ces raisons, le groupe EELV s’abstiendra sur les rapports 113 et 310.

 

 

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