Après la Tourbière des Saisies, vers un triplement des réserves naturelles

tourbière des saisies

Sous l’impulsion d’Alain Chabrolle (EELV), vice-président délégué à la santé et à l’environnement, Rhône-Alpes est en train de créer sa treizième réserve naturelle de son territoire et la première de Savoie : la réserve de la Tourbière des Saisies – Beaufortain – Val d’Arly.

La Tourbière des Saisies – Beaufortain – Val d’Arly s’étend sur environ 300 ha sur les communes de Queige, Cohennoz, Crest-Voland et Hauteluce en Savoie, entre 1 500 et 1 700 m d’altitude.

La dernière tourbière acide de haute altitude dans les Alpes

Le site représente la plus grande zone tourbeuse acide d’altitude connue au niveau de l’Arc Alpin européen. Au regard des milieux concernés et des espèces associées, ce territoire est d’importance internationale. Sept habitats naturels d’intérêt prioritaire pour l’Europe y sont recensés, en premier lieu les habitats tourbeux à sphaignes.

Plus d’une centaine d’espèces patrimoniales ont été observées. Parmi les 38 espèces végétales rares ou menacées, on relève la présence de la trientale d’Europe et la buxbaumie verte. Quarante trois oiseaux sont protégés au niveau national, en premier lieu le tétras-Lyre.

Un milieu très fréquenté 

Les milieux tourbeux sont par nature très fragiles et les espèces présentes sont vulnérables à une forte fréquentation humaine. Plusieurs activités sont pratiquées sur la tourbière, notamment les sports d’hiver qui peuvent déranger la faune, le tétras-lyre par exemple étant très sensible en hiver. Le secteur est réputé pour le ski de fond, mais les activités les plus impactantes restent celles qui se pratiquent hors-piste comme les raquettes à neige ou le VTT.

« La montagne est sans doute un magnifique terrain de jeu, mais c’est à la puissance publique de placer des garde-fous pour que des ressources essentielles soient préservées », souligne Jeannie Tremblay, conseillère régionale EELV savoyarde. Le statut de RNR va permettre de renforcer la réglementation, de conforter la gouvernance locale pour la préservation de la biodiversité et de mieux encadrer et surveiller les activités. Elle participera au rapprochement des deux massifs, le Beaufortain et le Val d’Arly.

Un projet partagé par les acteurs locaux depuis plusieurs années

Le projet de RNR a mûri depuis 2007, mais il récompensera en fait 28 années d’efforts engagés sur le site. La Tourbière des Saisies est partiellement réglementée par un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) depuis 1989. L’Office National des Forêts est gestionnaire du site depuis presque vingt ans. En 2006, le site a été classé en zone Natura 2000, ce qui permettra des cofinancements Etat-Union Européenne. La Région participera à hauteur de 60%, soit environ 1M€ sur 10 ans.

Les écologistes triplent la surface classée en réserves naturelles en Rhône-Alpes

Depuis qu’elle s’est vu confier des compétences majeures dans le domaine de la biodiversité, Rhône-Alpes a agréé douze réserves pour des durées de 10 à 30 ans. De plus, elle les met en cohérence à travers le Schéma Régional de Cohérence Ecologique qui met aussi en place des corridors biologiques afin que la faune et la flore puisse circuler entre les espaces protégés.

Avec treize réserves, la Rhône-Alpes sera la troisième région française pour ses réserves naturelles. Elle ne compte pas en rester là : « Protéger la biodiversité de notre territoire, c’est préserver les services rendus par les écosystèmes indispensables à notre survie, explique Alain Chabrolle, vice-président (EELV) de la Région à la santé et l’environnement. C’est pourquoi j’espère tripler la surface protégée en RNR en Rhône-Alpes d’ici la fin du mandat, notamment en accompagnant la création de nouvelles réserves, telles que le territoire du Lac d’Aiguebelette, troisième plus grand lac de France. »

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