Poulet Doux : « Oui au soutien, mais un soutien responsable ! »

Jean-Philippe MAGNEN,  Président du groupe des élu-e-s EELV au Conseil Régional.      3ème vice-président du Conseil Régional.   Président de la commission de l'Emploi, de la Formation professionnelle et des métiers de demain.

Le Conseil régional, réuni en commission permanente ce jour, a adopté un rapport « en soutien à la filière avicole régionale : accompagnement au plan de reprise du groupe Doux ».
Jean-Philippe Magnen est intervenu, au nom du groupe, sur la situation du groupe Doux et plus largement sur la situation de la lfilière avicole dans la région des Pays de la Loire.

 

 

Monsieur le Président, mes cher-e-s collègues,

 

Le groupe Doux a été placé en redressement judiciaire le 1er juin dernier, plusieurs solutions de reprises y compris par le groupe lui-même ont été déposées la semaine dernière. Le tribunal de commerce doit se prononcer d’ici le 23 juillet. L’avenir est incertain.

 

Le dépôt de bilan du groupe Doux est une catastrophe sociale de premier plan. Suppression de 3400 emplois, disparition de plus de 700 éleveurs, sa disparition résonnera directement sur notre territoire avec plus de 735 emplois directement menacés.

 

Plus qu’un dépôt de bilan, la chute du groupe Doux est un symbole violent d’un modèle productiviste arrivé en bout de souffle.

 

Une production toujours plus massive, à un coût toujours plus bas en dépit de la qualité.
Une production assujettissant des milliers de producteurs, ici et ailleurs, leur mettant le couteau à la gorge.
Une production engloutissant des millions de fonds publics tout en cassant l’agriculture dans les Pays du Sud

 

C’est ce modèle que les écologistes n’ont eu de cesse de dénoncer. Un modèle qui a été maintenu artificiellement en vie à coup de subventions publiques massives, plus de 54,9 millions rien que l’année dernière, plus d’un milliard sur les 15 dernières années avec les dégâts qu’on connait…

 

Alors oui, cela est douloureux, mais il est temps d’ouvrir les yeux et de tourner la page. Il est urgent de construire, comme nous le prônons depuis des années maintenant, un nouveau modèle agricole sur nos territoires, pour protéger nos salariés, notre environnement, et en premier lieu nos producteurs. En Pays de la Loire, bon nombre de dossiers présentés par mon collègue Dominique Tremblay atteste du virage pris.
L’avenir de la filière avicole ne pourra se reconstruire durablement qu’avec cette nouvelle logique en tête.

 

Alors oui, il est important d’apporter notre soutien sur le court terme pour parer à cette situation extrêmement délicate. Mais nous ne pouvons pas le faire à l’aveugle. Il faut pour la pérennité économique de nos industries agroalimentaires, pour la vivacité de nos territoires et pour l’avenir de l’agriculture, le faire en bonne intelligence en soumettant nos aides au crible de l’éco-conditionnalité.

 

Enfin, parce que cette crise est avant tout un drame pour les producteurs sur nos territoires, je souhaitais reprendre à mon compte deux interrogations qu’a exprimées mon collègue breton René Louail :
– Le soutien des collectivités territoriales et de l’État sera-t-il conditionné à la demande devant le tribunal compétent de l’extension du règlement judiciaire à la fortune de Charles Doux, seul moyen pour recouvrir les créances des producteurs victimes de ce désastre économique et social ?
– La Région a-t-elle l’intention de demander au gouvernement la révision de la loi de 1964, amendée en 1982, sur l’intégration, afin que les éleveurs puissent, en cas de dépôt de bilan, être reconnus créanciers privilégiés?

Nous voterons, vous l’aurez compris, ce rapport d’accompagnement. Mais nous resterons vigilants quant à son application future pour que nos aides contribuent réellement à cette mutation écologique de notre filière avicole, basée sur la valeur ajoutée et le respect de tous les acteurs de la filière.

 

Jean-Philippe MAGNEN,
Président du groupe Europe Ecologie Les Verts au Conseil régional des Pays de la Loire.

Laissez un commentaire

Remonter