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Pour en finir avec la pollution de l’air

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Depuis l’an 2000, la moitié de la population mondiale vit dans les villes. En France, 86% de la population est citadine. Cette concentration de population dans un espace restreint, dont Paris est un des exemples les plus frappants, avec une des plus grandes densités au monde, pose des problèmes environnementaux, sanitaires et économiques. A tel point que l’on constate aujourd’hui un mouvement inverse où des urbain-es optent pour des choix de vie différents, en dehors des grandes métropoles, leur faisant bénéficier de gains réels en terme de qualité de vie et de bien-être.

Pour beaucoup de nos concitoyen-nes, la mauvaise qualité de vie à Paris est perçue comme le prix à payer pour habiter la capitale. Nous souhaitons au contraire que Paris reste un endroit où il fasse «bon vivre» et «bon respirer» pour toutes et tous et nous portons un véritable projet de long terme pour «Vivre mieux à Paris», aujourd’hui, demain et après-demain.

L’épisode de pollution qui frappe durement la France interroge en ce sens le modèle de ville dans lequel nous voulons vivre et que nous voulons laisser à nos enfants. La situation de crise que nous avons vécue ces derniers jours est révélatrice de la fin d’un monde. Nous n’acceptons plus de voir des pouvoirs publics impuissants recommander aux enfants de rester chez eux après avoir incité leurs parents à acheter une voiture qui les empoisonne.

Les mesures d’urgence, nécessaires, qui ont été prises à la demande des écologistes -gratuité des transports en commun puis mise en place de la circulation alternée- sont nécessaires mais ne suffisent pas. Nous devons nous attaquer aux racines de la pollution et penser la ville de demain pour qu’une telle situation ne se reproduise pas.

En Ile-de-France, la pollution de l’air provient principalement de la circulation automobile et notamment des rejets de particules fines produits par les moteurs diesel.

La pollution de l’air est un enjeu majeur de santé publique : une récente étude lui attribue une amputation de 6 mois d’espérance de vie en moyenne à Paris, 15% des cas d’asthme, et des maladies cardio-vasculaires.

Nous devons prendre un tournant qui laissera derrière nous les autoroutes urbaines et qui en finira avec les heures perdues dans les bouchons qui empoisonnent la vie comme l’air que nous respirons tou-tes. Nous devons proposer aux automobilistes des solutions nouvelles pour remplacer ces véhicules polluants, en développant les transports en commun et des alternatives à l’usage de la voiture individuelle polluante.

Nous devons prendre un tournant qui engage résolument Paris dans une nouvelle ère : celle d’une ville plus économe, plus juste, plus respectueuse des modes de vie des un-es et des autres, où l’espace public est mieux partagé, où les bâtiments produisent de l’énergie plus qu’ils n’en dépensent, où la démocratie est revalorisée. C’est la traduction du projet des écologistes à une échelle locale.

L’emprise de l’automobile sur la ville a été le grand projet du XXè siècle. Nous savons tous que la ville du XXIè siècle ne laissera pas la même place aux voitures. L’histoire nous amène sur un autre chemin : celui de villes durables et solidaires, économes en ressources naturelles et où nous pourrons faire cohabiter en toute sécurité les femmes et les hommes tout en réduisant les inégalités sociales.

1/ DÉVELOPPER LES TRANSPORTS EN COMMUN

>> En bouclant le tramway des Maréchaux à l’ouest de Paris
>> En construisant un tramway le long de la Seine sur les quais hauts en rive droite
>> En créant un Pass Mobilités (Navigo, taxi, Vélib’, Autolib’, autopartage, ...)
>> En développant des bus de traverse dans les arrondissements
>> En améliorant l’offre de transports nocturnes : mise en service toute la nuit des lignes 1, 4 et 14 du métro les week-ends.

2/ SORTIR DU DIESEL D’ICI 2020

>> En interdisant progressivement et de manière concertée les véhicules diesel à Paris et en Ile-de-France, en commençant par les poids lourds et les cars de tourisme, avec un objectif zéro diesel à Paris à l’horizon 2020.
>> En offrant aux particuliers qui abandonneront leur véhicule un an d’abonnement au «Passe Mobilités» à l’ensemble de la famille.

>> En incitant, y compris financièrement, les véhicules de livraison à d’autres motorisations ainsi qu’en réduisant le transit par une offre alternative de transports fluvial et ferroviaire pour les marchandises, notamment via le tramway et le tramway de la Seine.

>> En supprimant la flotte de véhicule diesel de la RATP et de la ville de Paris, comme cela a été engagé grâce aux écologistes au sein du STIF

>> En appliquant la charte de la logistique durable pour les livraisons du dernier kilomètre : zéro diesel en 2020

3/ RÉDUIRE LA CIRCULATION AUTOMOBILE ET ENCOURAGER LES NOUVELLES MOBILITÉS POUR LES PERSONNES ET POUR LES MARCHANDISES

>> En généralisant les zones 30 (sauf grands axes)
>> En limitant la vitesse à 50 km/h sur le périphérique de 22h à 7h du matin, comme le recommande l’association BruitParif
>> En augmentant les places de stationnement pour les 2 roues
>> En développant l’autopartage : 200 places de stationnement sur voirie dès 2014
>> En augmentant les subventions à l’achat, initiées par les élus écologistes, de véhicules hybrides ou électriques pour les taxis
>> En favorisant le développement du transport

- fluvial : espace de logistique urbaine sur le port Henri IV, halles alimentaires flottantes port de l’Hôtel de Ville

- ferroviaire : mise en place du tram fret sur le tramway T3 et sur le futur tramway de la Seine

>> En poursuivant l’aménagement de couloirs de bus, pour un véritable « métro de surface »
>> En prolongeant les lignes de métro : ligne 10 au sud, ligne 14 au nord et à Maison Blanche, fusion des lignes 3bis et 7bis, études pour le prolongement de la ligne

4/ REQUALIFIER LES AUTOROUTES URBAINES EN BOULEVARDS URBAINS

>> En requalifiant la voie expresse Georges Pompidou en un boulevard urbain alimenté par le tramway de la Seine, et en reconquérant la berge basse entre le pont des Arts et le port de l’Arsenal pour créer un « Central Park » parisien, véritable poumon vert au cœur de la capitale, élément central d’une trame verte et bleue qui reliera les bois de Vincennes et de Boulogne.

>> En transformant à terme le périphérique en boulevard urbain. Une voie sera réservée aux taxis, bus express, autopartage, covoiturage sur le périphérique et sur les autoroutes d’Ile de France

Ces autoroutes urbaines ont vocation à disparaître pour être intégrées à la ville. Paris doit retrouver le lien avec sa banlieue comme avec son fleuve. Les exemples étrangers montrent que la suppression des autoroutes urbaines et leur transformation en avenue engendrent une forte diminution du trafic et contribuent à la renaissance de quartiers fortement sinistrés par l’autoroute (bruit, pollution, barrière physique,...).

Surtout, la baisse du trafic n’entraîne pas de dégradation des conditions de circulation sur les voies alentour. C’est un paradoxe à retenir : malgré leur promesse de vitesse, les autoroutes conduisent à une augmentation des temps de transport. La réduction simultanée des vitesses, des volumes de trafic et des kilomètres parcourus réduit la consommation d’énergie, la pollution aérienne et sonore. Réduire l’emprise et l’usage des autoroutes urbaines redessine la ville et relocalise une partie de l’activité économique.

Quatre cas de transformations d’autoroutes urbaines en avenues sont particulièrement révélateurs de ce qui peut fonctionner :

New York City (NY), West Side Highway, 2001
Séoul (Corée du Sud), Cheonggyecheon Expressway, 2005

San Francisco (Californie), Central Freeway, 2006

Toronto (Ontario), Gardiner Expressway, en cours

5/ FAIRE DE PARIS LA CAPITALE DU VÉLO

>> En multipliant par 5 les investissements en faveur du vélo : pistes cyclables sur les grands axes, les portes et les places, aides à l’achat de vélos électriques ou non et à l’équipement, parkings sécurisés, ...
>> En élargissant Vélib’ au Grand Paris
>> En généralisant les doubles sens cyclables dans les zones 30

>> En mettant en œuvre une indemnité kilométrique vélo pour les salariés de la Ville de Paris : la mairie de Paris employeur exemplaire
>> En piétonnisant de nouvelles rues dans chaque arrondissement
>> En multipliant par deux les zones « Paris respire » et en élargissant, de surcroît, leurs horaires.

>> En réaménageant les principales places parisiennes pour faciliter leur accès à vélo et pour les piétons : Bastille, Nation, Denfert

RIEN NE SERA POSSIBLE SANS UN NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT

Ces mesures de fond qui visent à en finir définitivement avec le scandale de la pollution de l’air s’inscrivent dans un mouvement global de transformation de la société. La pollution de l’air est en effet la conséquence d’un modèle économique aujourd’hui à bout de souffle, qui consiste à produire et échanger toujours plus, toujours plus loin, pour générer toujours plus de profit. Le bien-être en ville passe ainsi par la construction d’une société plus sobre, moins frénétiquement tournée vers la consommation.

Nous devons inventer de nouvelles manières de produire et d’échanger, en favorisant l’émergence d’une économie collaborative et locale et en valorisant les projets d’agriculture urbaine. En développant les circuits courts, c’est-à-dire en produisant à côté du lieu d’utilisation du produit, on réduira les déplacements contraints et donc la pollution. C’est pourquoi la taxe poids lourds doit être appliquée rapidement en Ile-de-France comme en France, afin d’inciter à la relocalisation de l’économie, de créer des emplois locaux et de développer les transports en commun.

Nous devons inventer les villes de demain, en créant des bassins de vie équilibrés en logements et en emplois. Il faut mettre fin aux zones-dortoirs d’un côté et aux quartiers d’affaires de l’autre, qui créent de gigantesques mouvements de pendule. Les villes ne seront agréables qu’à condition de ne pas passer sa vie dans les transports ou les bouchons!

Nous devons faire de Paris le fer de lance de la troisième révolution industrielle. Si on demande aux ménages de se passer de véhicules diesel, alors il faut leur proposer autre chose. C’est l’occasion de relancer les usines qui ferment les unes après les autres, et de créer des emplois dans une industrie renouvelée. La force d’innovation de Paris doit être mise au service de cette révolution industrielle, qui s’appuiera sur les nouvelles technologies et les nouvelles énergies pour alimenter la fabrication industrielle de nouveaux modes de déplacements.

Une économie locale innovante au service du progrès écologique, des villes plus agréables qui donnent de l’oxygène à leurs habitant-es : voilà toute l’ambition du projet écologiste qui, du local au global, apportera une réelle amélioration des conditions de vie.

1 commentaire(s)

  1. tabone

    Puisse cette philosophie à « la Pierre Rabhi, advenir !

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