Publicité à Paris : scandaleuse manoeuvre de François Fillon

 

Le premier ministre semble décidément décidé à empêcher tout progrès environnemental à Paris ! Quelques semaines après avoir bloqué la piétonisation des voies sur berges de la rive gauche, il s’en prend au nouveau règlement local de publicité. Ce texte n’imposait pourtant que de modestes contraintes nouvelles aux publicitaires, mais il faut croire qu’en période de campagne, les petits cadeaux au lobby publicitaire importent plus à François Fillon que l’intérêt des parisiens.

 

La manoeuvre touche la France entière, mais prend un relief particulier à Paris. En effet, un nouveau règlement local de publicité (RLP) a été adopté en juillet dernier, qui prévoit de réduire les dispositifs publicitaires qui défigurent certains quartiers, notamment par la suppression des très grands formats type 4 par 3, réduction du nombre de publicités de 30 %. Les écologistes auraient souhaiter aller plus loin, notamment en termes de dimensions maximales autorisées ou en interdisant totalement les panneaux lumineux, source de gaspillage énergétique ; mais ce nouveau texte reste une évolution positive par rapport à l’existant. Ce RLP révisé devait entrer en vigueur le 11 juillet 2013.  Mais le gouvernement a dans la Loi Warsmann du 22 mars 2012, en toute discrétion, un article modifiant le code de l’environnement, et fait le choix de la procédure d’examen accélérée pour assurer son adoption avant les élections. Résultat : le RLP modifié  ne sera finalement applicable que pour le 11 juillet… 2017 !

 

Une nouvelle fois, François Fillon intervient dans la vie parisienne contre l’intérêt des populations, foule aux pieds les compétences de la municipalité, et trahit l’esprit et la lettre du Grenelle de l’environnement.

 

Construire une société durable suppose en effet de réduire fortement la pression publicitaire, car celle-ci ne vise principalement à faire consommer toujours davantage de biens mantériels, et accélère donc l’épuisement des ressources naturelles. Et elle constitue souvent une dégradation visuelle de l’espace public. 

 

A l’assemblée, nous voterons un ensemble de mesures concrétisant une telle réduction : diminution drastique des formats et densités de l’affichage publicitaire, obligation de recueillir le consentement explicite préalable des individus pour toute action commerciale (boîtage de prospectus, navigation sur internet, démarchage téléphonique…), suppression totale de la publicité sur le service public de l’audiovisuel, interdiction de la publicité dans et autour des établissements scolaires et du bâchage par des marques privées des bâtiments publics ou monuments, interdiction de la publicité télévisée destinée aux enfants et suppression des publicités lors des programmes jeunesse…

Cet épisode illustre une nouvelle fois que François Fillon, comme son mentor Nicolas Sarkozy, n’a rien intégré de l’écologie et pense d’abord en termes productivistes : produire toujours plus, toujours moins cher, pour que l’abondance fasse oublier les inégalités. A l’heure de la crise écologique, nous proposons au contraire un programme de gouvernement alliant la sobriété et la solidarité.

 

 

Est-ce vraiment le genre de paysage urbain que nous voulons ?