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Une place pour chacun, une place pour tous dans l’espace public à Créteil

place de l'église

L'espace public, c'est quoi ?

C'est notre espace commun dans la ville, ces lieux où nous passons, où nous nous rencontrons, que nous partageons, où nous vivons.

Ainsi, dans une ville, l'espace public sert-il bien sûr à se déplacer (sur la voirie, en auto, en bus, à vélo, à pied, en fauteuil), mais c'est aussi un lieu d'activité (une rue commerçante comme la partie piétonne de la rue du général Leclerc), de rencontre, de loisirs. Ces multiples usages, ces divers types d’usagers de l’espace public ne cohabitent pas spontanément dans une parfaite harmonie. Certains usagers peuvent ainsi perturber ou entrainer l’éviction d’autres usagers (exemple d’un trafic automobile trop élevé qui peut décourager l’usage du vélo).

 

Pourquoi reconquérir l’espace public à Créteil ?

Au-delà de l’ancien Créteil qui s’est étendu en secteurs résidentiels (pavillons, résidences) de plus en plus loin des principales routes, notre ville de Créteil a été conçue dans son développement comme une ville « en morceaux », avec des quartiers spécialisés dans les fonctions tertiaires (l'Echat, l'Hôtel de Ville, Europarc), d'autres à vocation résidentielle (la Croix des Mèches, la Lévrière, la Haye aux Moines, le Montaigut, les Bleuets, le Mont-Mesly etc.), de grandes voies assurant la liaison routière d'un quartier à l'autre.

Imaginé pendant les 30 glorieuses, le mode de développement de Créteil a fait la part belle à la voiture, et négligé les circulations piétonnes et cyclables.

Ainsi, si la voie rapide RD1 oriente la circulation de transit, elle encourage aussi son usage pour les relations entre quartiers de Créteil et, assortie de ses bretelles d’accès constitue autant d’obstacles à l’usage d’autres modes de déplacement.

De plus, l'aménagement des trottoirs et espaces piétons (voire cyclables) est souvent minimum : peu d'abaissement des trottoirs aux franchissements de voies, détours improbables pour franchir des voies importantes, priorité de fait aux voitures aux feux, etc.

Du coup se déplacer à pied est un parcours du combattant, particulièrement pour les personnes à mobilité réduite, en fauteuil, ou se déplaçant avec cabas ou poussette.

 

Cette configuration a plusieurs effets négatifs :

  • d'abord, les piétons, personnes à mobilité réduite et cyclistes sont souvent contraints d'emprunter des chemins mal adaptés, peu pratiques et « intuitifs », parfois même dangereux ;
  • ensuite, puisqu'il est plus facile de se déplacer en voiture, les rues de notre ville sont globalement peu empruntées par les piétons et cyclistes, moins « vivantes », plus impersonnelles, ce qui contribue à alimenter un certain sentiment d'insécurité ;
  • enfin, les grands axes routiers de notre ville génèrent des nuisances importantes, tant du point de vue du bruit que de la qualité de l'air que nous respirons.

 

Bien sûr, au fil du temps, des aménagements ont été mis en œuvre pour commencer à rééquilibrer l'espace public, qu'il s'agisse de la rue piétonne dans le centre ancien ou de l'avenue du général de Gaulle du côté de l'Echat (et ce même si nous regrettons fortement l'absence de piste cyclable sur cet aménagement). La Ville a également limité la vitesse de circulation des voitures à 30 km dans plusieurs quartiers résidentiels, sans pour autant aménager ces « zones 30 » comme de véritables espaces publics partagés.  Enfin, le réseau de transports en commun dont bénéficient les Cristoliens est un véritable atout pour notre ville et ses habitants, et l'arrivée prochaine d’Est-TVM et du Grand Paris Express apportera de nouvelles améliorations bien utiles.

 

Nos propositions

Pour autant, parce qu'il joue un rôle majeur dans notre qualité de vie, parce qu'il est lieu de rencontres, d'échanges et de partage entre les Cristoliens, nous devons aller plus loin dans le rééquilibrage et la reconquête de l'espace public.

Pour cela, nous proposons de :

  • Adopter un plan pluriannuel de reconquête de l'espace public en concertation étroite avec les comités de quartier, les associations, ainsi que l’ensemble des institutions qui interviennent dans l’espace public (réaménagement de la N19 et de la N6, rue des Mèches, avenue de Verdun, rue René Arcos, avenue de la France Libre, avenue du Général de Gaulle, définition de nouveaux cheminements piétons, réfection, agrandissement et accessibilité des trottoirs, maîtrise du stationnement, adaptation du mobilier urbain, etc…) ;
  • Adopter une charte de la rue partagée affirmant la priorité aux modes de déplacements doux en dehors des grandes voiries, et programmant les actions nécessaires à sa mise en oeuvre (signalisation d’itinéraires, aménagement de zones 30). A titre d’exemple, la Ville d'Angers prévoit de placer 90% de sa voirie à 30 km/h d'ici à fin 2014, et ceci en s'appuyant sur la participation des citoyens ;
  • Sécuriser davantage les abords de l'ensemble des établissements scolaires (écoles, collèges et lycées) ;
  • Expérimenter en lien avec les associations de parents d’élève des systèmes de pédibus et vélobus pour rejoindre l’école, le collège, le centre de loisirs… (voir l’expérience menée dans le Grand Lyon où près de 2.000 enfants prennent le « pédibus » tous les jours, ou encore celle de Chambéry métropole où fonctionnent également des « vélobus ») ;
  • Renforcer les synergies entre les différents agents de la Ville et de la Communauté d’agglomération qui interviennent dans l’espace public (jardiniers, cantonniers, sécurité, agents de la propreté, de la voirie et de l’assainissement, etc.) pour apporter des réponses plus rapides à certains désordres (détritus sur la voie publique, stationnements gênants, trous dans la voirie, etc.). Cette action des agents publics doit s’accompagner de campagnes régulières de communication et d’information pour responsabiliser davantage les habitants à l’importance d’un espace public préservé ;
  • Faire de l’espace public un lieu de créativité culturelle, en identifiant avec les comités de quartier des espaces et des moments de scènes musicales et théâtrales ouvertes, d’expositions artistiques, ou encore des murs d’expression artistique.

 

Michel Amar, Marianne Boulc'h et Hervé Lerolle

 

A ces propositions, s’ajoutent bien entendu celles que nous avons déjà formulées dans de précédentes contributions et notamment :

 

 

Pour aller plus loin :

  • Le site Internet de « Rue de l’Avenir », association créée en 1987, qui traite des questions de déplacements urbains et a pour objectif de contribuer à transmettre aux générations futures une ville plus sûre, plus solidaire et plus agréable à vivre.

 

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