Séance plénière des 20 et 21 septembre 2012 – Maraichage

photo maraichage pour site

Intervention de Jean-Louis Robillard en réponse à la question posée par le groupe d’opposition régionale sur la politique régionale envers les maraîchers :

« Je tiens, tout d’abord, à souligner que la Région Nord – Pas de Calais est très attachée à soutenir le secteur du maraichage : c’est un secteur dynamique et performant, pourvoyeur d’emplois et au cœur des questions d’alimentation de proximité.

Nous avons ainsi mis en place une série de dispositifs d’appui complémentaires dans le cadre du Schéma Régional d’Alimentation et d’Agriculture Durable. En outre, des actions plus ciblées concernent un territoire spécifique, celui de l’Audomarois, que vous connaissez bien.

Concernant les dispositifs régionaux, nous avons été attentifs à accompagner les maraichers à la fois dans leurs investissements individuels, mais aussi dans les démarches collectives qui vont les conforter au quotidien et leur donner des perspectives à plus long terme.

Ainsi les maraichers ont accès à des aides directes, soutien à leurs investissements :

– Surtout au travers de l’aide régionale à la modernisation en production végétale : il s’agit d’une aide exclusivement portée par le conseil régional et qui cible des investissements spécifiques en production légumière. En 2012, nous avons alloué 1 million d’euros à ce programme.

– Nous nous mobilisons également dans le cadre du Plan Végétal Environnement (ou PVE), ce programme est cofinancé par l’Etat, la Région, l’Agence de l’Eau et le FEADER. Il cible uniquement des investissements à vocation environnementale.

(En 2012, 58 000 € du Conseil Régional sur un total de financement national de 834 000 €)

Mais la Région soutient également les programmes d’activités des structures qui viennent en appui aux maraichers, soit en apportant du conseil technique directement aux maraichers, soit en menant des expérimentations pour améliorer leur production à plus long terme.

Je citerai :  le Pôle Légume (90 k€), l’Association des Producteurs d’Endives de France (107 k€), le Gabnor (120 k€ – que partiellement légumes), la Fredon (246 k€  – que partiellement légumes), la Chambre d’agriculture de Région (programme expé – 267 k€ – que partiellement légumes), etc.

On notera également les travaux développés avec le Groupement Qualité Nord Pas de Calais pour soutenir les producteurs de légumes qui s’engagent dans des démarches officielles de qualité (par exemple sur le poireau Leblond ou le chou-fleur Martinet).

Enfin en matière de sauvegarde de la biodiversité légumière on peut évoquer plus généralement le travail mené, et financé par la Région, du Centre Régional de Ressources Génétiques (CRRG) autour de la valorisation des variétés locales.

En complément de ces dispositifs régionaux, des actions spécifiques sont menées sur le territoire du Marais audomarois, territoire qui est à la fois d’un intérêt environnemental exceptionnel, notamment en matière de biodiversité (cela est d’ailleurs reconnu internationalement comme une zone RAMSAR), et qui, en même temps, conserve une réelle et dynamique activité agricole, qu’il est indispensable de maintenir.

L’agglomération a, en effet, souhaité porter un projet local de développement de son agriculture (dans le cadre du contrat de marais et du contrat de Pays). Dans cette perspective, l’agglomération et la ville de St Omer ont saisi le Conseil régional et le Département pour être appuyés et soutenus dans leurs démarches.

Ainsi, sous l’impulsion de Daniel Percheron, nous nous sommes lancés dans la mise en place d’une indemnité compensatrice spécifique à cette zone humide. Cette indemnité sera destinée aux agriculteurs du marais (dont une grande partie sont des maraîchers), et elle aura pour objet de compenser les charges structurelles particulières auxquelles ils doivent faire face dans un territoire contraint par l’eau, par une accessibilité limitée, un parcellaire émietté, etc.

A la fois pour sécuriser notre intervention, pour disposer de moyens financiers conséquents et pour assurer une réelle reconnaissance de ce territoire, nous avons décidé de l’inscrire dans le cadre de la nouvelle PAC et des nouveaux zonages de territoires à contraintes spécifiques.

Sur la base du travail réalisé par le territoire (avec l’agglomération, la ville, le PNR, les représentants des agriculteurs, etc.), nous avons mobilisé d’autres Régions françaises sur la question spécifique des zones humides dans la PAC, puis nous avons mené un lobbying actif auprès de nos parlementaires européens.

Aujourd’hui nous sommes assez satisfaits de voir que nos propositions d’amendements ont été assez largement reprises dans les amendements déposés, notamment par M. Dantin et par M. Bové.

Tout cela sera évoqué lors du « l’évènement local » organisé à St-Omer le 5 octobre dans le cadre des Open days européens, auquel vous êtes tous invités, bien entendu.

A la Commission Permanente du 26 mars 2012, nous avons également réservé une enveloppe de 100 000 € pour les investissements collectifs portés par une collectivité qui permettraient de financer des actions liées à l’entretien du marais ou à la valorisation de productions locales

Mais le travail n’est pas terminé : le Parlement européen entame les discussions en octobre sur la nouvelle PAC : de nouveaux rendez-vous sont donc prévus pour continuer à porter nos positions. Notre mobilisation ne faiblira pas !

De façon plus conjoncturelle, il est à noter que les maraichers du marais audomarois ont déposé une demande de reconnaissance en calamité agricole des sinistres qu’ils ont subi (suite aux inondations). Cette reconnaissance relève d’une décision de l’Etat. Nous suivons le dossier et nous savons que la question est en cours de traitement par les services de l’Etat, une commission d’enquête doit rendre sa position à la commission nationale de décembre.

Ce n’est qu’ensuite que le Fonds national de gestion des risques en agriculture pourra être mobilisé. »

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