L’alimentation : un objectif politique EELV

PHOTO JLR micro oct 2012

 

Une alimentation de qualité, une production maîtrisée et d’avantage d’autonomie ; ces trois éléments sont indispensables pour que chaque nordiste dispose d’une nourriture saine favorisant une bonne santé.

C’est le chantier de la « gouvernance alimentaire»,  première Opération de Développement lancée officiellement le jeudi 18 octobre 2012,  dans le cadre de  la TESR -Transformation Ecologique et Sociale Régionale-  initiée par Jean-François Caron, Président de la Commission du même nom.

Invités de l’assemblée : des représentants des producteurs, des associations de consommateurs, des artisans, des collectivités et organismes publics, des opérateurs économiques, des acteurs de la prévention, des opérateurs de l’aide alimentaire, des lycées…

C’est Jean-Louis Robillard, Vice-Président  « alimentation, régionalisation de l’agriculture et ruralité »  qui a présenté les enjeux de cette opération de développement.

« La question qui parait centrale sur cet enjeu étant celle de la perte de maîtrise, j’ai souhaité insister sur la nécessité que nous avons tous de « reprendre la main » sur cette question, de ne pas laisser les autres décider pour nous. D’où l’idée d’insister sur « la gouvernance alimentaire ».

Qu’est-ce que la gouvernance alimentaire ?   

C’est l’adéquation entre les modes de production et l’alimentation. L’objectif à atteindre est de mieux répondre aux besoins des  4 millions d’habitants du Nord – Pas de Calais : une alimentation disponible à proximité, à un prix accessible, culturellement acceptable, sanitairement et nutritionnellement satisfaisante. Cela tout en tenant compte de  l’environnement actuel : augmentation du prix des transports,  problèmes de santé engendrés par une nourriture trop riche,  précarité, gaspillage, etc…

Objectifs de cette gouvernance

  1. Faire évoluer notre système alimentaire
  2. Engager une démarche participative autour de la question de l’alimentation
  3. Co-construire une politique publique de l’alimentation

Transversalité

Jean-Louis Robillard était accompagné de Cécile Bourdon, Vice-Présidente PS «  Santé,  Plan anti-Cancer », car, c’est aussi l’un des éléments essentiels de la TES : le travail en transversalité autour d’un enjeu sociétal.  La relation : alimentation – santé est évidente.

Soulignons qu’au total ce sont 7 Vice-présidents (dont 4 EELV) qui sont concernés :

–  alimentation, agriculture
–  santé
–  action économique
–  lycées (restauration scolaire)
–  citoyenneté, relations internationales
–  environnement
–  développement durable,  démocratie participative

Une démarche globale et participative

Le choix est fait de travailler avec les territoires pour créer du lien entre les acteurs des différents champs, articuler les dispositifs et assurer la cohérence des actions menées.

Il est nécessaire de développer les initiatives innovantes comme Greencook. (Informations sur le site de la Région et sur le site de Green-Cook)

Un travail est engagé également avec l’Etat autour du PNA – Programme National pour l’Alimentation et du PNSS – Programme national nutrition santé

Il est indispensable également de faire appel aux citoyens et recueillir leurs avis afin de co-construire la politique régionale alimentaire.

 

Que pensent-ils du contenu de leurs assiettes ? Un premier « sondage » a été effectué dans la salle. Questions ou réflexions : elles nous éclairent sur les besoins, les inquiétudes quant au contenu des nos assiettes. Voici quelques exemples :

– bien se nourrir implique avoir de l’argent

– le « bio » est cher, les magasins « bio » ne sont pas nombreux

– la loi sur les semences freine le travail des agriculteurs

– dans les distributions des restos du cœur ou autres associations caritatives, les produits frais sont moins consommés que l’épicerie : cuisiner demande un effort et nécessite du matériel. Dans certaines situations cela devient un problème.

– nous sommes encore loin du bio à la cantine et dans toute la restauration collective

– Est-ce qu’on mange forcément mieux à la campagne ?

– Avoir un potager permet d’accéder plus facilement aux produits frais et variés

– nous avons perdu la notion de quantité, ce qui entraîne le gaspillage

– le contact avec les producteurs dans les AMAP est apprécié…

 

Une concertation à suivre

Afin d’explorer les positions de toutes les parties prenantes, des rencontres et des débats seront organisés dans les territoires durant la période de janvier à mai 2013.

Ensuite, en juin, une réunion plénière rendra compte de ces consultations.

 

Quelques indicateurs préoccupants :

–         1 jeune sur 5  en situation de surpoids ou d’obésité, taux de prévalence de l’obésité en région de 20,5% contre 14,5% en France Source ARS

–         Entre 2000 et 2009, le nombre de personnes atteintes de diabète est passé de 1,6 millions à 2,9 millions. Le taux de personnes atteintes (4,4 %) était en 2009 celui que les experts annonçaient pour 2016.  Source  Institut de veille sanitaire

–         35 à 50 % d’aliments sains gaspillés par an dans l’UE dans l’ensemble de la chaîne alimentaire, alors que 79 millions de citoyens vivent au-dessous du seuil de pauvreté et que 16 millions dépendent de l’aide alimentaire.

–         15% du budget des ménages consacré à l’alimentation (12, 5 % plus aisés, jusque  50% pour les  ménages les plus pauvres) – 3,5 millions de  personnes ont  eu recours à l’aide alimentaire en 2010 (  Ministère de l’Agriculture)

–         L’alimentation  est responsable d’1/3 des émissions de gaz à effet de serre (Ademe)

 

* Un reportage sur la présentation de la gouvernance alimentaire est en ligne sur le site de la région

 

 

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