Visite canton de Longeau

Canton de Longeau – Chalindrey :

une ruralité encore dynamique

 

22 villages, près de quarante personnes rencontrées dans la journée, 3 villages  non visités ( Noidant Chatenoy, Cohons et Longeau Percey ) ; les visites de ces villages et réunions publiques à Longeau et Chalindrey auront lieu le 21 mai.

Le canton en quelques chiffres ….

Ce canton comporte 6830 hab, soit 30 hab /km2,  ce qui correspond à la moyenne départementale et la population est en légère  progression depuis 1998/2008, de 0,3 % /an. Beaucoup de données du canton correspondent à la moyenne départementale (revenu moyen, part de retraités…)

Avec 2300 emplois, 461 entreprises et un taux de chômage de 8,7 % (contre 11 % en moyenne départementale), ce canton fait preuve d’un relatif dynamisme économique avec une prédominance des secteurs transports, agricoles, et artisanat. Le tissu économique est composé exclusivement de PME et TPE.

Ce que je retiens de ce qu’on a entendu… une ruralité encore dynamique

De nombreuses questions ont été soulevées au cours des rencontres mais plusieurs sujets sont revenus plusieurs fois comme : le maintien de l’économie et de l’emploi sur le secteur, le soutien des petites communes face à la complexité administrative, la communauté de communes, la gestion de l’eau (qualité et assainissement), le parc national, …

Parmi les nombreuses questions soulevées au cours de la journée, j’en retiendrais quelques-unes  :

- Comment développer l’emploi, maintenir une activité économique, faire rester les jeunes ?

- L’agriculture a t-elle encore un avenir sur nos territoires ?

- Le Parc National se fera t-il ? Quel impact sur le territoire ?

- Quel soutien pour les  petites communes qui sont assez démunies pour répondre à des règlementations qui évoluent ? L’exemple de la règlementation sur l’eau et sur l’assainissement est très fréquemment soulevé.

- comment avoir encore son mot à dire avec la grande communauté de communes (CCAVM) ?

- quid de la présence du nucléaire en proximité de notre territoire ?

- Quelle politique éducative ? Quid de l’internat d’excellence ?

- quelle évolution de la politique des transports ? Qu’en est-il de l’avenir du site de Chalindrey ?

- BSMAT,  61 ème régiment d’artillerie, etc… quel avenir ?

 

Des réponses  de la candidate aux questions :

- Comment développer l’emploi ? Maintenir les entreprises ? faire rester les jeunes ? 

Nous ne parviendrons à dynamiser le tissu économique, et donc l’emploi, qu’en faisant le lien entre développement économique et développement local, en faisant valoir la valeur ajoutée de notre territoire, plus qu’en croyant aux mirages, souvent dangereux, des coups de communication et des rêves d’installation de grandes entreprises. Il nous faut donc, pour cela, créer les conditions d’accueil des entreprises par une animation du tissu économique.

En parallèle, il nous faut faire un travail de prospective et d’analyse fine, un travail de proximité avec les entreprises, sur leurs besoins de compétences : c’est la Gestion territoriale des emplois et des compétences (GTEC) comme elle est actuellement expérimentée sur le secteur par le club d’entreprises Actisud 52 et le Pays de Langres. Par une gouvernance décentralisée, moins cloisonnée et plus préventive des politiques de l’emploi, moins fondée sur le statut ou les solutions de crise, nous accompagnerons la structuration de l’emploi pour répondre au chômage et aux problèmes d’insertion.

Il faut pour cela un fort sentiment d’appartenance à un bassin de vie, et un engagement citoyen. Un pilote, un diagnostic partagé, le dialogue partenarial comme méthode d’animation et sa concrétisation par la mise en œuvre d’une palette d’actions dans le champ de l’emploi, de l’insertion et de la formation, c’est ce que nous voulons porter comme nouveau modèle économique en France, et nous avons vu la pertinence de ce modèle au regard des attentes des citoyens rencontrés sur le canton.

- Comme s’y est engagé François Hollande, nous faciliterons d’accès au financement des très petites entreprises et des  PME par une banque publique d’investissement.

- Les collectivités publiques doivent se servir du levier que représentent les marchés publics pour favoriser le recours aux entreprises locales, ainsi que la conditionnalité des aides.

- Nous réserverons les aides publiques économiques, au démarrage d’entreprises sur des emplois localisés et durables et nous restaurerons la confiance en l’appareil de formation. Contrairement à Luc Chatel, qui ferme les filières de proximité qui correspondent à des besoins locaux (cf BTS plasturgie ; bac pro hôtellerie, …CAP carrosserie peinture,..)

 

- L’agriculture a t-elle encore un avenir sur nos territoires ? 

Le modèle agricole actuel est-il profitable aux agriculteurs ? Non. Les crises ont succédé aux crises, le lien entre les citoyens et les agriculteurs s’est distendu, au fur et à mesure que les intermédiaires se sont multipliés, et parce que la vente à la ferme a été abandonnée par de nombreux paysans.

Comprendre l’enjeu de l’agriculture, je le crois, c’est aussi prendre les problèmes les uns après les autres. Par exemple, avant de s’installer (et ceci, tout le monde admet aujourd’hui que c’est un enjeu majeur), il faut transmettre. Traiter de l’installation sans régler le problème de la transmission, c’est mentir aux agriculteurs. L’installation, c’est la suite de la transmission, parce qu’un agriculteur s’installe, le plus souvent, en prenant la relève de celui qui part. Or, bien souvent, on n’arrive pas à trouver de foncier quand on veut s’installer car la transmission est actuellement gérée pour que des exploitations s’agrandissent. Avant de songer au portage du foncier, le projet de la gauche et des écologistes vise aussi à mieux repérer les cédants potentiels, mieux les conseiller, financer des stages de mise en situation.

Rappelons également que près de trois agriculteurs sur dix cultivent des terres qui ne leur appartiennent pas. Et le problème grandit d’année en année (sans que le gouvernement, en dix ans de politique de droite, ne se soit penché sur le problème), avec une hausse du foncier, et des exploitations qui s’agrandissent.  76 % des surfaces servant à l’installation viennent de la location… Parce que les problèmes ont changé, parce que les pratiques ont évolué, il faut avoir le courage de dire qu’il faut rénover le modèle agricole mis en place il y a cinquante ans. Les SAFER, si leur rôle ne doit pas être remis en cause, ne traitent que de l’achat et de la vente. Il faudra donc innover, trouver d’autres solutions, durables et audacieuses, pour permettre aux jeunes de se lancer, aux anciens de partir, en transmettant terres et savoirs.

Changer de modèle, oui, parce que, par méconnaissance, par manque d’intérêt aussi, les pouvoirs publics tentent de transformer l’agriculture paysanne et nourricière que nous avions connue en champs qui produisent du pétrole, en grandes plaines céréalières sensées concurrencer les grandes cultures des Etats-Unis, du Brésil, de la Russie ou de l’Argentine, alors que les surfaces de ces pays sont bien plus étendues.

Nous ne rendons pas coupables les agriculteurs, qui subissent plus qu’autre chose les choix de la puissance publique, c’est-à-dire de l’Etat (orientée par la seule FNSEA, et par les lobbys céréaliers puissants et riches). C’est en menant une autre politique agricole, riche d’une diversité retrouvée, en réorientant les aides publiques et la PAC, que nous trouverons, ensemble, des solutions aux crises agricoles ininterrompues depuis plus de dix ans.

Oui, il est légitime de donner des aides publiques à un secteur qui contribue à l’intérêt général parce qu’il entretient les paysages, occupe l’espace et a un impact indéniable sur la qualité de l’eau, maintient de l’emploi dans les villages et surtout est garant de la sécurité et souveraineté alimentaire.

Oui, il est légitime que les aides publiques rétribuent le service rendu (en termes d’aménagement du territoire, d’entretien de la terre, de sauvegarde de la biodiversité, de santé publique, etc.) plutôt que financer des grands groupes céréaliers, et des exportations qui déséquilibrent les relations nord-sud, et sont un non-sens économique.

Il faut baser les aides sur des logiques contractuelles, comme l’ont été les CTE ; le contrat c’est la logique du donnant donnant et pas la logique du contrôle intempestif, mal compris, de la réglementation arbitraire. La dimension de maintien de l’activité sur l’ensemble du territoire est également une priorité de la contractualisation territoriale. Il s’agit, en somme, de conjuguer justice sociale pour les agriculteurs, développement rural et modèle économique viable.

 

- Le Parc National se fera t-il? Quel impact pour le territoire ?

Comme administratrice du Parc national, siégeant au bureau, je ne peux qu’être très favorable à ce qui me semble, à moi aussi, être une grande opportunité pour notre département, mais, au-delà, pour les deux régions que sont la Bourgogne et la Champagne-Ardenne. Même si l’arrêté de « prise en considération » n’a pas encore été signé (période électorale oblige), le gouvernement s’est engagé par écrit, et l’Etat continue de financer sa mise en place pour les 3 ans qui viennent (et s’est engagé depuis sur 9 ans).

C’est une chance pour le territoire, une chance de regain d’activité économique, et touristique (même si ce n’est ni réaliste, ni souhaitable de parler de « hordes » de visiteurs), ce parc sera incontestablement l’occasion d’un regain d’attractivité, dont nous avons tant besoin.

L’article 6 de la Charte de l’Environnement consacre le principe de l’intégration de l’environnement dans les politiques publiques : « les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social ». Ce parc consacré à la forêt feuillue permettra donc d’expérimenter la coexistence environnementale et économique qui sera un défi majeur de notre société pour les années qui viennent.

Il ne s’agit donc pas d’une mise sous cloche du territoire, d’une logique de contraintes supplémentaires, mais bien de créer une dynamique créatrice et d’innovation ; c’est bien une chance  aussi pour la population de se redonner une fierté, de sortir du sentiment qu’on n’existe pas, qu’on ne compte pas.

Mais là aussi deux conditions

- prendre du temps ; se donner le temps du dialogue et de l’appropriation.

- créer les conditions d’une vraie prise en compte du dialogue avec la société civile ; c’est ce que prévoit la loi de 2006 et la charte qui est co-construite avec les acteurs et représentants locaux.

 

- Quel soutien aux petites communes de plus en plus démunies pour répondre aux règlementations qui évoluent ? notamment pour répondre aux exigences de la loi sur l’eau et l’assainissement.

Face à une législation de plus en plus complexe, un territoire a besoin d’ingénierie, une ressource dont les territoires ruraux ont été privés depuis la fin du système des directions départementales (agriculture, équipement, santé et affaires sociales) et du rôle qu’elles jouaient auprès des maires. Il faudra que le législateur mette en place, avec les organisations qui les ont remplacées, un nouveau système d’appui à la prise de décision des élus locaux. L’appropriation d’une politique par l’ensemble du territoire, c’est-à-dire le fait d’associer la société civile est également l’une de nos priorités. À cet égard, nous refusons que disparaisse, comme cela est prévu, du paysage législatif les « pays ». Au contraire, nous consacrerons cette échelle territoriale à part (puisque c’est une structure « non obligatoire », et non une collectivité locale de plus) et les outils dont elle pourra disposer.

Il est aussi de la responsabilité du Parlement que de généraliser, enfin, l’élaboration des schémas de cohérence territoriale (SCOT), documents à la fois participatifs et planificateurs, permettant à chacune et à chacun de s’approprier les politiques d’aménagement. Ainsi, les personnes concernées par l’environnement pourront enfin être associées au volet énergie-climat, aux trames verte et bleue, à la gestion de l’eau, etc.

Sur la question de assainissement, (cf note spécifique sur le sujet mise en ligne sur le site http://andriot2012.fr) lors du débat budgétaire 2012, il a été proposé de revoir le principe et les modalités de contribution des budgets des Agences de l’eau (13,8 Mds d€ de 2013 à 2018) à la résolution du problème de la mise aux normes de l’assainissement non collectif.

Cette réponse du gouvernement, faisant suite à 7 années de refus d’une clarification des missions de financement du contrôle et de la mise en conformité, est ainsi la résultante des travaux de la nouvelle majorité sénatoriale (PS-EELV-PCF).

Le débat sur l’opportunité de cette mesure aura sans doute lieu lors de l’examen du Projet de loi de finance 2013, lors de la prochaine rentrée parlementaire.

Ajoutons que, dans la majorité des communes rurales, la création d’un SPANC  (Service public pour l’assainissement non collectif) est rendue difficile par la complexité autant réglementaire et administrative que financière. La proposition faite par la gauche, et plus particulièrement Décider Autrement en Haute-Marne, de réinstaller des pôles d’ingénierie publique dans les territoires serait de nature à permettre de répondre à cette problématique, d’autant plus que cette ingénierie pourrait permettre aux élus locaux de mieux s’informer sur la multiplicité des aides permises (à compter de 2013).

 

- comment avoir encore son mot à dire avec la grande communauté de communes (CCAVM) ?

La dette de l’Etat a doublé en dix ans. Pour faire des cadeaux fiscaux aux plus riches, le gouvernement a fait le choix de diminuer les services publics locaux, de supprimer l’assistance technique des services de l’Etat aux communes, et de complexifier les relations financières entre les partenaires publics. Cette situation impose de renforcer les solidarités locales. D’envisager un acte III de la décentralisation, où l’échelon territorial pertinent est reconnu comme une « autorité organisatrice », comme chef de file.

Il faudra, pour cela, s’appuyer sur des intercommunalités de projet, à l’échelle des bassins de vie, des Pays. Des intercommunalités cohérentes et structurées pour faire face aux défis de la gestion locale, mais aussi des évolutions engagées sur le terrain.

Il faudra ensuite une stabilité du cadre réglementaire. Les élus locaux ne sont ni des professionnels de la politique, ni des experts en droit public. Ils ne peuvent avoir recours à un bataillon de directeurs financiers ou administratifs. Comment, dès lors, pourraient-ils appréhender correctement des cadres législatifs mouvants, changeant tous les six mois ?

Mais la décentralisation, dont la réforme des intercommunalités ne peut pas se faire à n’importe quel prix, et pas n’importe comment .

deux conditions :

- prendre le temps de faire, contrairement à ce qui a été fait suite aux dernières réformes, avec une volonté du gouvernement d’imposer ses vues, d’avancer au pas de charge, pour faire adopter une carte de l’intercommunalité sans réelle concertation, sans adhésion. Le gouvernement, et le Préfet, ont mis en œuvre une vraie stratégie de l’échec, en organisant des mariages arrangés, voire des mariages forcés, plutôt que des mariages d’amour. La nouvelle majorité sénatoriale, conformément à ses engagements, a lancé les Etats Généraux de la démocratie territoriale. Le rendu qui en sera fait à l’automne 2012 conduira la ligne de la nouvelle majorité née de la victoire de François Hollande dimanche.

- Un dialogue permanent avec la société civile ; cela existe au niveau des pays, cela pourrait être fait dans les communes, ; mais comme cela ne se fait pas naturellement et que les élus en place ont tendance à considérer qu’ils sont délégataires d’un mandat qui les dispense de rendre des comptes et de dialoguer en dehors de l’échéance électorale, il faut organiser ce dialogue permanent avec la société civile par la loi.

 

- Quid de la présence du nucléaire en proximité de notre territoire ?

Il y a effectivement une incompatibilité entre la défense d’un territoire attractif pouvant miser sur le tourisme et l’accumulation de projets liés au nucléaire sur le territoire ou à proximité. Mais il y a aussi un enjeu national de ré orientation de notre politique énergétique basée sur le tout nucléaire depuis des choix qui datent des années 60. Seule la France est à ce point dépendante de cette énergie, qui n’est ni si contributive de notre balance commerciale (importation de tout l’uranium), ni si contributive à la réduction de la facture électrique (sous estimation notoire des coûts de gestion des déchets, de démantèlement, et d’entretien du parc nucléaire) et qui présente des dangers non maitrisés et non prévisibles comme l’a démontré Fukushima.

Une transition vers moins de nucléaire, préparant une sortie progressive est aujourd’hui possible, chiffrée et créatrice plus que destructrice d’emplois.

Cela passe par la sobriété énergétique, par une politique d’efficacité énergétique et une politique de développement des énergies renouvelables. Toutes voies qui seront créatrices d’emplois (isolation des bâtiments, installation et maintenance des moyens de production des énergies renouvelables,…). Ces scénarios sont aujourd’hui connus et chiffrés (cf http://www.negawatt.org/) par des instituts réputés, sérieux et crédibles. On  doit aussi penser l’autonomie énergétique au niveau des territoires, et la mettre en application localement.

Ces voies d’avenir nous permettront de sortir de manière cohérente de l’énergie nucléaire et de refuser systématiquement la logique d’enfouissement des déchets en couche profonde. A cet égard, l’échéance de 2013 , date de l’enquête publique liée au site de Bure est extrêmement importante, tout comme la présence d’écologistes et de représentants du territoires, refusant ce projet au parlement.

 

Sur la question de l’eau, (cf note spécifique sur le sujet mise en ligne sur le site http://andriot2012.fr

Lors du débat budgétaire 2012, il a été proposé de revoir le principe et les modalités de contribution des Agences de l’eau (13,8 Mds d€ de 2013 à 2018) à la mise en œuvre de l’assainissement pour les particuliers.

 

[1] Question numéro 123457 du 06/12/2012, réponse publiée le 17/04/2012 (JO-AN du 17/04/2012, page 3049)

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Cette réponse du gouvernement, faisant suite à 7 années de refus d’une clarification des missions de financement du contrôle et de la mise en conformité, est ainsi la résultante des travaux de la nouvelle majorité sénatoriale (PS-EELV-PCF).

Le débat sur l’opportunité de cette mesure aura sans doute lieu lors de l’examen du Projet de loi de finance 2013, lors de la prochaine rentrée parlementaire.

Ajoutons que, dans la majorité des communes rurales, la création d’un SPANC  (schéma public pour l’assainissement non collectif) est rendue difficile par la complexité autant réglementaire et administrative que financière. La proposition faite par la gauche, et plus particulièrement Décider Autrement en Haute-Marne, de réinstaller des pôles d’ingénierie publique dans les territoires serait de nature à permettre de répondre à cette problématique, d’autant plus que cette ingénierie pourrait permettre aux élus locaux de mieux s’informer sur la multiplicité des aides permises (à compter de 2013).

 

Quelle politique éducative? quid de l’internat d’excellence ?

De notre point de vue, il y a 5 enjeux clefs pour l’école :

- la jeunesse est l’enjeu de tout un pays, c’est son avenir, et c’est donc pour toute société un investissement qui ne peut être laissé de côté ; les pays du maghreb ne s’y trompent d’ailleurs pas et investissement massivement dans ce domaine.

- Nous sommes dans une société en mutation dont les crises économiques, budgétaires, écologiques, sociales, ne sont que le reflet d’un mouvement de transformation nécessaire.  Pour réussir cette transition écologique nécessaire, l’éducation sera indispensable, et c’est là un enjeu majeur.

- Corollaire de cette période de mutation, les valeurs de notre République, qui en font son identité, sont  sérieusement mises à mal et en particulier dans les derniers temps de l’élection présidentielle. L’école doit redonner sens à la liberté, à l’égalité, à la fraternité.

La liberté, renvoie à la capacité de l’école à apprendre, à créer, à innover,

L’égalité, renvoie à une école qui ne trie pas, à une école qui donne au contraire sa chance à chacun, et qui corrige les inégalités des contextes sociaux et de naissance.

La fraternité, sera revitalisée par une école qui se base davantage sur la coopération que sur la compétition

En bref,  l’école ne doit pas se contenter de préparer au « lire, écrire, compter, cliquer » mais former à la responsabilité, à l’autonomie, à la solidarité.

C’est là le véritable enjeu.

Des enjeux qui seront assumés si deux principes ne sont pas perdus de vue  qui sont ceux

- d’une vision globale de l’acte éducatif, ouverte, systémique

- de la proximité, de l’autonomie, donc de la décentralisation

C’est pourquoi nous proposons de :

- donner une réelle priorité à l’éducation en y mettant des moyens : stopper la fermeture arbitraire et comptable de classes et la suppression de postes dans l’Education nationale (arrêt de la RGPP) permettre un accompagnement adapté des élèves en difficulté

- sortir d’une logique de pilotage de l’école par l’évaluation et par l’administratif, en redonnant plus d’autonomie aux enseignants (des programmes simplifiés),

- refonder les cycles des primaires et collèges autour d’une école fondamentale entre 6 et 16 ans, qui donne une chance à tous avec des savoirs de base et des méthodes, et qui donne une place à l’expérimentation, à la découverte des métiers, et au travail manuel

- Rendre l’école à ceux qui la vivent en favorisant la concertation entre acteurs (élus, parents, monde éducatif) au niveau des bassins de vie

- Défendre le maintien d’écoles rurales, de proximité (moins de 15’ de trajet  pour tous les enfants de l’élémentaire) qui permettront l’expérimentation, l’innovation, la mise en réseau (moyens pour des projets éducatifs locaux)

- Ouvrir la possibilité de scolariser les enfants dès deux ans aux familles qui le souhaitent

- Refonder la formation initiale et continue des enseignants et défendre les instituts de  formation dans chaque département (IUFM à Chaumont)

- Développer un service public local de la petite enfance et promouvoir le secteur associatif et solidaire,

- Reconnaître la place de la société dans l’éducation en reconnaissant le rôle des  mouvements d’éducation populaire

- sortir d’une logique de l’excellence et de la compétitivité, mais aussi de communication de coups qui ne privilégient que quelques-uns au lieu de s’occuper de tous. L’internat d’excellence est la parfaite illustration de cela ; c’est une logique de tri, de récompense au mérite de quelques-uns, quand on laisse la plupart sur le bord de la route. Par ailleurs, pour siéger au conseil d’administration du lycée Diderot, je suis ce dossier avec attention, et remarque que l’ex-ministre qui se vante de cette ouverture oublie de dire que cela s’est fait sans concertation avec le conseil régional, qui est pourtant financeur des locaux et des personnels agents d’entretien et de service, que le recrutement a eu beaucoup de mal a démarrer et que les inscrits ne correspondent pas totalement au profil initialement prévu et enfin que l’accompagnement individualisé est totalement surfait.

 

-Quelle évolution de la politique des transports ? qu’en est-il de l’avenir du site de Chalindrey ?

Malgré des progrès technologiques avérés (notamment une meilleure efficacité énergétique des véhicules) et des efforts en matière de politiques menées, les transports restent et resteront largement dépendants du pétrole (autour de 90%). La faute revient à l’inéluctable croissance des trafics de personnes et de marchandises. Ce phénomène aura pour conséquence un accroissement des émissions de CO2 (1/3 de plus en 2050 qu’en 1990), et des coûts sociaux et environnementaux plus élevés (congestion, bruit, pollution locale, accidents, etc.).

Ce constat, sans équivoque, nous permet de conclure qu’il y a un axe sur lequel il faudrait agir d’urgence et impérativement : favoriser le transport ferroviaire et collectif au détriment du transport motorisé individuel. D’ailleurs, En 2020, la France devrait avoir réduit ses émissions de CO2 de 20% par rapport à 1990.

Dans cette perspective, nous dénonçons

La logique libérale et du tout concurrence, qui a cloisonné et autonomisé les services SNCF sans que l’Etat n’assume la part de dette qui lui revenait. Cette double logique conduit à un endettement très important de la filiale SNCF et RFF qui nuit à l’entretien des voies, et à l’amélioration du trafic et dégrade nettement la qualité du service ;

La logique libérale qui a fait que l’Etat, dont Mr Chatel a misé sur un projet d’autoroute pour relier Langres à vesoul, projet qui n’a pas vu le jour

Alors que nous défendons :

-       un développement du trafic et un cadencement des trains sur la ligne Dijon –Troyes

-       un maintien du site maintenance à Chalindrey dans la perspective d’un redéploiement du trafic ferroviaire et un renforcement de ce site par un développement d’activités connexes et une approche globale d’une économie de proximité sur le territoire

-       miser sur une deux fois deux voies, et des travaux de contournements pour relier Langres et Vesoul

 

- BSMAT,  61 ème régiment d’artillerie, etc… quel avenir ?

Lorsque monsieur Chatel se vante d’avoir faire maintenir le 61ème régiment d’artillerie, est-il permis de lui rappeler que c’est au détriment d’autres régiments, qui, eux, ont été dissous ? et surtout que ce qui a été obtenu n’est qu’un report de la décision en 2012… D’ailleurs, à Langres, le détachement du 15ème BTSMAT n’a pas eu, me semble-t-il, cette chance…

Quant à l’école de Gendarmerie, les fanfaronnades de Monsieur Chatel sont pour le moins déplacées, et fausses. Rappelons que parmi les écoles supprimées, il y avait celle de la Sarthe, département de François Fillon. La réalité, c’est que la direction générale de la gendarmerie nationale a conduit une étude, qui a présidé aux décisions : « La situation (…) est analysée en fonction d’éléments qui se veulent avant tout objectifs. C’est donc sur ces bases, et sans esprit partisan, que seront prises et annoncées, dans les prochaines semaines, les décisions concernant les évolutions du format des écoles de gendarmerie ».

En conclusion, pour répondre aux préoccupations du maintien d’une ruralité dynamique, j’ai expliqué en quoi, ces questions dépendent réellement de choix politiques, au sens choix de société, de projet de société. En quoi la politique libérale qui consiste à penser que les choses s’équilibrent toutes seules avec le moins d’intervention possible de l’Etat, qui est la logique qui préside à la RGPP, à la réduction des services publics, est profondément néfaste pour les territoires comme le nôtre. A contrario, la mise en réseau des entreprises, leur accompagnement, le pari de l’éducation et de la cohérence des choix en lien avec les acteurs locaux ouvrent des perspectives nouvelles.