Le lent développement durable du Rhône

La démarche de développement durable, engagée il y a 2 ans sous sa forme actuelle, porte à la fois sur l’élaboration d’un agenda 21 et d’un plan climat-énergie territorial. Le choix de traiter l’ensemble des politiques du département est ambitieux ; et il est louable de vouloir impliquer tous les services (et tous les élus, mais ce n’est peut-être pas le plus facile…). Mais ce souci d’exhaustivité conduit à avancer lentement, en tout cas au regard des enjeux environnementaux et sociaux, que ce soit en termes climatiques et énergétiques, de biodiversité comme de précarisation et de difficultés sociales de tous ordres, puisque les plans d’actions A21 et PCET ne seront élaborés qu’en 2014.

Soulignons d’abord quelques points positifs de 2013, comme l’avancée réelle des 5 chantiers prioritaires qui avaient été annoncés cette année. Notamment, la mise en place de l’expérimentation du télétravail votée le mois dernier, ou encore, la définition de critères d’éco-conditonnalité des aides aux communes, aux entreprises, aux agriculteurs (pour les bâtiments d’élevage) qui seront appliqués en 2014. Nous avions suggéré cette proposition et vous remercions de l’avoir retenue et soumises à débat et amendement en commission Développement durable.

En revanche, sur le chantier «élargir le champ d’action des circuits courts », permettez-moi de vous faire part de mon extrême déception. Je pensais avoir été entendue sur l’objectif d’inclure l’encouragement aux produits bio dans l’approvisionnement de la restauration collective. Mais le rapport reste des plus timides sur ce point. Aucune donnée sur les exploitations en bio du département mais surtout aucune orientation dans les perspectives 2014 des circuits courts, pas plus que dans la politique agricole. Pourtant faut-il rappeler, comme le fait le rapport, que le Département consacre 7M€/an à l’agriculture ! Nous pourrions donc avoir une vision différente de celle de la chambre d’agriculture, qui peine à prendre le virage de l’agriculture durable dont nous avons besoin aujourd’hui.

Sur les questions énergétiques, après le suivi nécessaire des consommations qui a été mis en place, et la sensibilisation des techniciens, il faut maintenant un véritable plan d’investissement pluriannuel de rénovation énergétique du patrimoine du conseil général, notamment des collèges, des MDR. Pour cela, nous attendons beaucoup du plan d’actions du PCET. Dans les collèges, j’espère que nous expérimenterons aussi, Madame la présidente, des démarches à destination des collégiens et de toute la communauté éducative, avec par exemple, des opérations « Défi des collèges à énergie positive », comme démarre ce soir le Défi des familles à énergie positive, qui permet chaque année à des centaines de familles d’économiser l’énergie et de faire des économies grâce à des écogestes du quotidien!

Et pour finir, si vous le permettez, chers collègues, une suggestion sur un sujet mineur mais peut-être révélateur, voir encore dans cette maison, des revues de presse quotidiennes en version papier et qui plus est, sans recto verso, alors que nombre de collectivités sont passer à la revue de presse numérique depuis longtemps, je me dis qu’on a indéniablement des marges de progrès !

Le Rhône va lentement… mais va-t-il sûrement ?

Je vous remercie.
Béatrice Vessiller

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