La Corrida doit être réformée pour raisons : sociales, sanitaires et économiques !

Communiqué de Presse EELV Aquitaine – 1er juillet 2014
1 – Protection des mineurs et droits de l’enfant :« Violence physique et mentale » :

« Une telle pratique est contraire à la Déclaration des droits de l’enfant » (Comité international des droits de l’Enfant de l’ONU), à propos de la corrida (5/02/14). Rédigeant une recommandation adressée au Portugal, seul pays devant rendre compte cette année de la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l’enfant (CIDE). C’est à la suite de la remise d’un rapport présenté par la Fondation Franz Weber, dans le cadre de sa campagne « Enfance sans violence », que l’ONU a exprimé, pour la première fois, une position officielle sur la présence des enfants lors des corridas. Dans son article 19, la Convention garantit en effet « le droit pour tous les enfants âgés de moins de 18 ans (garçons et filles) ; un niveau de vie favorable à leur développement physique, psychologique, moral et social ; ainsi que l’obligation pour les États parties d’adopter les mesures assurant cette protection de l’enfant ».

Le Comité recommande de prendre des mesures législatives et administratives, afin de protéger tous les enfants impliqués dans la formation et les spectacles de tauromachie. Il conseille donc au Portugal, de relever l’âge minimum de 6 à 12 ans pour l’accès aux corridas et préconise également la mise en place de « mesures de sensibilisation en rapport à la violence physique et mentale liée à la tauromachie et son impact sur les enfants ». 

En France, quel que soit son âge, un enfant peut assister aux corridas ou intégrer une école taurine dès l’âge de 7 ans. Pourtant ce spectacle violent a des conséquences indéniables sur l’équilibre mental de l’enfant. De nombreux médecins, psychiatres et pédagogues réclament l’interdiction des corridas aux enfants de moins de 16 ans.

2 – Viande de taureaux et santé publique :

Un arrêté du 20 décembre 2000, modifiant l’arrêté du 9 juin 2000 relatif à l’abattage des animaux de boucherie accidentés, met la France dans l’illégalité européenne la plus totale. Il permet la consommation de viande de taureaux destinés aux corridas, alors que l’AFSSA (Agence Française pour la Sécurité Sanitaire des Aliments) reconnaissait le 1er juin 2001 que les sévices subis par l’animal pendant une corrida favorisait la dissémination des prions dans tout le corps de l’animal. Cette viande est donc officiellement susceptible de transmettre à l’homme la maladie de Kreutzfeld-Jacob. Au regard de la directive européenne 00/ 418/CE, la viande de taureau issu de corrida doit être considérée comme impropre à la consommation (cette directive est applicable depuis le 31 décembre 2000). M. Glavany, alors, ministre de l’ agriculture, s’est permis de sortir la corrida du cadre de la Loi, par un décret du 20 décembre 2000, assimilant la corrida à « un abattage d’urgence pour cause d’accident ».

Pourtant, plusieurs comptes rendus des Directions des Services Vétérinaires révèlent des taux considérables de taureaux atteints de lésions invalidantes : tuberculose, néphrites, distomatoses du foie et même parfois présence des traces de phénylbutazone, produit déjà connu pour être utilisé frauduleusement sur des chevaux de course.

Tandis qu’en France, la viande des taureaux tués durant les corridas est vendue et mangée, en Espagne, leur viande est incinérée, afin d’éviter tout risque de contamination à la population.

3 – Non-sens économique :

En ces temps de crises sociales, écologiques et budgétaires.. l’ Europe, les collectivités territoriales et les contribuables doivent-ils continuer à financer les corridas et les écoles de Tauromachie ?

Les spectacles tauromachiques ne sont autorisés que dans trois pays européens: l’Espagne, le Portugal et le sud de la France. Il est incohérent que l’Europe subventionne le développement de la tauromachie (par ailleurs déficitaire en raison de la désaffection grandissante du public), vestige d’un passé où les animaux étaient considérés comme des objets insensibles. En Espagne, les éleveurs de taureaux destinés aux corridas ont reçu près de 72 millions d’euros par an au titre de la PAC (Données de Janvier 2013). Des centaines de millions d’euros versés par l’Europe, à trois de ses États membres; en soutien à une activité illégale dans les vingt-quatre autres..

Des fonds utilisés pour promouvoir la torture animale mise en spectacle, plutôt que de répondre aux besoins sociaux économiques d’ une réelle culture en péril ( Accès à la culture, statut des intermittents du spectacle, cultures régionales :langues Basque et Occitane, courses landaises, groupes folkloriques..)

Les positions d’Europe Écologie les Verts sur les corridas sont clairement assumées.

Elles constituent pour nous, une mise en spectacle de la torture animale et doivent être progressivement abolies.

Ces pratiques créent (sous couvert de tradition ininterrompue), une véritable tolérance vis-à-vis de la violence, par ailleurs fermement dénoncée lorsqu’il s’agit du milieu scolaire, de manifestation ou du cercle familial. Nous condamnons cette dérogation à la répression des cruautés sur animaux, datant de 1963, dont bénéficient les corridas en Aquitaine.

Pour toutes ces raisons :

EELV Aquitaine demande l’application des recommandations de l’ONU, dans sa convention relative aux « droits de l’enfant » (Art.19 CIDE), en interdisant l’accès aux mineurs de moins de 16 ans à ces spectacles de corridas.

EELV Aquitaine appelle les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités vis à vis de la santé publique, en encadrant sérieusement la vente de viande de taureaux. Estime que les risques potentiels pour la santé justifient de déclarer la viande des taureaux issue des corridas, impropre à la consommation humaine et préconise l’incinération des taureaux suite à la mise à mort.

EELV Aquitaine dénonce les subventions, qu’elles soient directes ou indirectes; attribuées par les institutions aux organisateurs de corridas et aux écoles de tauromachie.

EELV Aquitaine

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