Intervention de Catherine BOURGEOIS à propos des lycées

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Séance plénière des 24 et 25 octobre 2012

« Monsieur le Président, mes chers collègues,

La politique éducative est au coeur de l’action du Conseil régional et demeure une véritable priorité. C’est la raison pour laquelle la région maintient ses dotations aux établissements au même niveau que l’année dernière ; dans ce contexte de restriction budgétaire, c’est un symbole fort.

Si la tendance est à une diminution des fonds de réserve, les situations budgétaires des établissements sont très contrastées, d’où l’orientation de subvenir aux besoins réels des établissements et on peut se féliciter de ce nouveau mode de calcul.

Concernant la question de la viabilisation, une inquiétude : les dépenses énergétiques pèsent de plus en plus lourd sur les budgets, avec des augmentations de plusieurs milliers d’euros pour certains établissements. Il y a plusieurs raisons à cela, et on les connaît : les problèmes des passoires énergétiques, d’où la nécessité de poursuivre l’effort sur les rénovations, la question des usages, mais aussi la question des contrats mal négociés. Dans les diagnostics techniques et le dialogue avec les établissements, il faudra être particulièrement attentif pour prévenir une aggravation de cette situation.

Première remarque de notre groupe, dans un contexte de rigueur, les lycées publics, parce qu’ils ne reçoivent pas de financements privés et qu’ils sont les seuls à assumer une mission de service public doivent demeurer au centre des préoccupations de l’institution régionale.

Deuxième remarque de notre groupe, qui réitère une question que nous avons déjà posée en juillet 2012 et qui a été évoquée tout à l’heure par ma collègue du Front de gauche : les internats d’excellence ; au vu du rapport accablant de l’inspection générale remis fin 2011 au ministre de l’époque concernant les internats d’excellence et dans ce contexte budgétaire resserré, quel va être le positionnement de la région sur ces internats ? À notre avis, ce dispositif devrait être pour le moins revisité, au vu de l’insoutenabilité financière et au vu de sa dimension élitiste peu compatible avec le principe d’égalité républicaine.

Troisième remarque de notre groupe, ayant compétence sur les lycées, l’apprentissage, la formation professionnelle, la région doit être beaucoup plus écoutée du rectorat qu’elle ne l’a été jusqu’à maintenant ; nous sommes coresponsables avec l’État de la réussite de nos élèves et nous devons travailler ensemble.

Pour réussir la transformation écologique et sociale régionale, la région doit mettre  l’éducation et la formation initiale au coeur de son projet, une éducation tournée vers un humanisme fort, un éveil à l’environnement naturel et humain, une curiosité de l’autre et vers des solidarités essentielles, car la région, par ses interventions et sa politique culturelle, ouverte sur le théâtre, le cinéma ou les sorties scolaires, agit, en fait, sur le contenu des enseignements et peut porter un engagement fort et des valeurs.

Concernant les lycées, ce sont aussi des lieux de formation continue ; c’est important, parce que si l’on doit former des jeunes, il faut aussi permettre aux adultes une évolution des compétences. Or, évidemment, il y a d’autres acteurs de formation, mais il est quand même dommage de se priver de plateaux techniques des lycées.

Je terminerai mon intervention sur le budget participatif et la restauration scolaire.

Le budget participatif des lycées. Il s’agit là d’un exercice de citoyenneté repensée, d’une méthode innovante d’action publique.

L’extension du budget participatif vise à coller au mieux aux besoins exprimés par la communauté éducative ; il s’agit d’une démarche expérimentale et de nombreux indicateurs de suivi ont été mis en place. J’insiste que pour la réussite de ce dispositif, l’implication des élus dans les lycées est essentielle.

La restauration scolaire. La crise alimentaire mondiale s’aggrave, l’Union européenne débat de la PAC et, en France, le défenseur des droits enquête sur les cantines scolaires. Le système alimentaire mondial (culture, transport, transformation, emballage) émet à lui seul presque la moitié des gaz à effet de serre ; par ailleurs, 30 à 50 % des aliments produits passent directement à la poubelle.

La crise alimentaire est aussi une crise sanitaire ; aliments trop gras, trop sucrés, trop salés, contaminés avec des résidus chimiques entraînent diabète, obésité, cancers, maladies cardiovasculaires. Chez nous, le nombre de diabétiques a doublé en neuf ans. Les dépenses de santé liées au traitement du diabète sont équivalentes au montant du déficit de la Sécurité sociale.

Par une politique de restauration scolaire engagée et déterminée, nous pouvons améliorer la qualité des repas, lutter contre le gaspillage alimentaire, tout en luttant contre le changement climatique. Produits frais, de saison, de proximité, produits bio, plats protidiques, végétariens et, surtout, généralisation du dispositif GreenCook. Gaspiller moins pour que tous nos élèves mangent mieux, gaspiller moins pour maîtriser la dépense, pour que tous nos élèves aient accès à une restauration de qualité, et particulièrement ceux qui sont issus des milieux les plus modestes. »

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