9 sept 2010 – Motion d’urgence condamnant la surenchère xénophobe du pouvoir en place

MOTION D’URGENCE PRESENTÉE PAR LE GROUPE EUROPE ECOLOGIE ET LE GROUPE SOCIALISTE, CITOYEN ET RADICAL

Les conseillers Régionaux Europe Ecologie, socialistes, citoyens et radicaux dénoncent et condamnent fermement la surenchère xénophobe du pouvoir en place.

 

Les propos du Président de la République, censé être garant des institutions et des valeurs de la République, sont inadmissibles. Lors du discours de Grenoble, il a volontairement assimilé immigration et délinquance, brandissant la menace de la destitution de nationalité.

Créer différentes catégories de français est strictement contraire à l’article premier de notre Constitution qui «assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion», un principe fondamental que la France défend depuis 1848. Rappelons aussi que notre pays a signé deux conventions internationales : celle de 1961 qui lutte contre l’apatridie et celle du conseil d’Europe de 1997 qui interdit de créer des apatrides par déchéance de nationalité.

Le gouvernement cible des pans entiers de notre société visant surtout cet été la communauté Rrom et les gens du voyage. Pour la première fois depuis la dernière guerre on assiste à la stigmatisation d’un groupe identifié, d’une catégorie d’individus et à la mise en œuvre d’une politique répressive à leur égard. Une nouvelle étape est franchie avec l’évacuation d’un grand nombre de camp, la destruction –illégale- des tentes et de caravanes, et l’expulsion d’un grand nombre de ressortissants de la Roumanie et de la Bulgarie alors que ces pays sont membres de l’UE et qu’ils bénéficient par conséquent de la liberté de circulation et d’installation au sein de l’espace Schengen. Face à ces évènements, la France est décriée par les défenseurs des Droits de l’Homme et les intellectuels du monde entier. Nicolas Sarkozy a été rappelé à l’ordre par l’ONU, la commission Européenne et le Pape. Il lui est expressément demandé d’abandonner ses politiques discriminatoires à l’encontre des Rroms.

Une politique mise en œuvre par Brice Hortefeux, Ministre de l’Intérieur, récemment condamné pour propos racistes et malgré tout encore en place. Comment peut-on accepter une telle défiance aux valeurs de notre République ? Quel message pour notre société ? Quel exemple pour notre jeunesse ?

On instigue actuellement dans notre société des ferments de xénophobie et de haine en désignant des boucs émissaires et par la mise en spectacle de la répression et des expulsions. Nous voulons que notre pays redevienne une terre d’accueil pour que soient affirmées des valeurs de solidarité et de respect de la dignité humaine et qu’aucune discrimination ne soit faite entre les citoyens de notre pays.

La Région Nord-Pas de Calais est mobilisée pour répondre aux problématiques des populations migrantes sur son territoire. Elle insiste pour que les collectivités ayant la responsabilité de la création des aires d’accueil dans le cadre de la loi Besson s’investissent, et ce, quelque soit leur étiquette politique, dans la réalisation de ces zones tout en condamnant la suppression des crédits d’Etat pour cette politique. Elle soutient les associations qui viennent en aide aux migrants, et les organisations qui défendent les droits de l’Homme et qui préservent la dignité humaine par l’accès à tous à l’école, aux soins ou au logement. Il est nécessaire d’affirmer face aux dérives actuelles les valeurs de notre région «  terre d’accueil »: solidaire, fraternelle et hospitalière.

C’est pourquoi Monsieur Le Président, nous proposons cette motion qui vise à faire en sorte que le Conseil Régional condamne fermement cette politique de l’immigration qui en assimilant délinquance et immigration attise la haine et la xénophobie et désunit encore davantage les français.

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