Ne pas se tromper d’adversaire

Ce matin du 8 mai 2012, dans les pages du quotidien Vosges Matin, un titre :

LA GAUCHE D’EPINAL BRISE L’ACCORD NATIONAL

Ce n’est pas un scoop, effectivement des membres du PS d’Epinal ne veulent pas entendre parler d’une circonscription réservée aux écologistes.

A priori, les responsables socialistes spinaliens ne sont pas partageurs. Les longues discussions que nous avons depuis l’automne n’ont pas fait bouger leur position d’un iota : ils iront, contre le candidat écologiste.

Pourquoi ? Je n’ai pas la vraie réponse.

Quand ? A priori, l’annonce est pour le 10 mai, date qui compte pour un socialiste de plus de 31 ans.

Le 10 mai 1981, comme plus de la moitié du pays, j’ai moi aussi voté François Mitterand et à 20h00 j’ai moi aussi sauté de joie sur ma chaise.

En mai 2012, même chose avec François Hollande.

Pour le 31ème anniversaire de cette élection historique, François Xaxier Huguenot s’apprête à faire valider et à annoncer sa candidature dissidente, contre le candidat de son parti.

Comment en est-il arrivé là ? La réponse est simple : en se trompant d’élection, et en refusant les choix progressistes du parti socialiste.

Alors qu’il y a 31 ans, le PS était seul à pouvoir assumer, et à avoir les moyens d’assumer seul le pouvoir, la situation de 2012 a changé. A la tête de EELV, comme à celle du PS ou du front de gauche, on sait que l’on ne peut rien faire sans les autres, on sait qu’il faut travailler avec une gauche rassemblée, sans exclusive. C’est en quelque sorte une nouvelle gauche plurielle qui va se consolider pour construire autour de François Hollande une nouvelle majorité présidentielle forte.

Les conséquences d’une candidature dissidente sur la première circonscription des Vosges seraient localement assez désastreuses : éclatement du groupe de gauche au conseil municipal d’Epinal, division locale des composantes de la majorité présidentielle, exclusions, possible échec de la gauche qui risque tout simplement de ne pas passer le premier tour à cause de la candidature de division et aussi d’un front national dont le score peut être élevé. Et nationalement, ce serait un député de moins pour soutenir l’action du président de la république fraichement élu. Et si on veut une majorité parlementaire pour soutenir le président, on ne peut pas se permettre de perdre des sièges pour cause d’ambitions locales.

Voilà, soit on se place dans le cadre d’une élection nationale, sur une stratégie nationale, derrière les candidatures de rassemblement choisies et validées par les instances nationales écologistes et socialistes pour faire gagner la gauche.

Soit on se laisse aller à des calculs locaux dans le cadre de stratégies municipales ou départementales étriquées et on présente une candidature de division, d’échec, et c’est la droite qui gagnera.

A Europe Ecologie Les Verts Vosges, pour les circonscriptions réservées de Remiremont et Epinal, nous avons choisi la stratégie de la victoire. Rassemblés derrières les candidats désignés par nos partis pour gagner, Elise Calais et Gilles Bilot. Nous ne nous trompons pas d’adversaire : ceux qui doivent perdre leur postes de députés s’appellent Michel Heinrich et François Vannson.

L’électeur ne comprend pas les calculs politiciens carriéristes, et il a raison. Ce qu’il veut, c’est que la gauche confirme le 17 juin la victoire du 6 mai avec une majorité de gauche et écologiste à l’assemblée nationale. C’est tout.

Gilles BILOT

Candidat écologiste et socialiste sur la 1ère circonscription des Vosges