Loi asile-immigration : quand En Marche fait la courte échelle aux idées de l’extrême-droite

Réduction du délai de dépôt des demandes d’asile ainsi que des recours devant la Cour nationale du droit d’asile, enfermement plus long (90 jours) et systématique, généralisation de la visioconférence, enfermement des enfants en rétention, etc. : jamais une loi n’avait signé un recul si important en matière de droits. Fustigée à l’international pour sa politique à l’encontre des personnes migrantes, la France inscrit pourtant, avec le vote de cette loi en première lecture à l’Assemblée, sa dérive dans la loi.

Cette proposition de loi dite Asile et Immigration a mis à mal la majorité, prise entre ses valeurs et son devoir à l’égard du gouvernement et de l’homme qui a valu à chacune et chacun de ces député-es d’être élu-es. Les mots ont été forts et nombre de voix se sont élevées, notamment pour proscrire dans la loi la possibilité d’enfermer des enfants. Les traumatismes évidents qui en découlent ont été soulignés jusque dans les rangs du groupe En Marche. Malgré cela, seul un député de la majorité a eu le courage de voter contre son propre camp. Les menaces énoncées par leur président de groupe aux député·e·s En Marche en dit d’ailleurs long sur la conception qu’ont certains du débat parlementaire.

À travers cette loi et le débat parlementaire qu’elle occasionne, le gouvernement déroule ainsi le tapis rouge aux discours du Front national.

Sur un sujet aussi crucial, il n’est pas possible de céder à la démagogie et d’instrumentaliser la peur de l’autre à des fins électoralistes. Il s’agit de vies humaines, de femmes, d’hommes et d’enfants. Bien souvent, ce sont les politiques économiques et guerrières de la France qui poussent ces personnes dans les bras de passeurs, en quête de perspectives moins sombres. Qui peut sincèrement croire que c’est en transformant notre politique d’accueil en politique carcérale que les migrations seraient réduites ?

Réformer notre politique d’aide au développement, et empêcher les prédations économiques et sociales des entreprises aurait bien plus d’impact que la répression aux frontières. Intégrer les personnes migrantes, richesse culturelle et économique, serait bénéfique pour notre pays et tou·te·s ses habitant·e·s. Favoriser les échanges, soutenir les associations et protéger les citoyen·ne·s solidaires est une nécessité pour protéger les personnes et les droits humains.

Europe Écologie – Les Verts continuera de se battre sans relâche contre ces mesures indignes et iniques. Cette loi répressive, loin des promesses et des discours du président de la République, est une tâche indélébile pour ce gouvernement qui ainsi fait la courte échelle aux idées de l’extrême droite.

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux

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