Femmes, handicaps et sexualités: les mutantes oubliées

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les mutantes oubliées

Femmes, handicaps et sexualités

par Charlotte Puiseux
22 octobre 2013

J’ai pris le parti dans cet article de parler des femmes handicapées moteur, même si certains arguments peuvent s’appliquer à d’autres situations. Le handicap moteur, souvent symbolisé par le fauteuil roulant, est relativement visible. Il a beaucoup à voir avec l’image, le regard, et la rapidité de perception que les autres en font de l’extérieur. Il implique donc des spécificités que je vais essayer d’évoquer dans ce texte.

Le handicap est une notion qui recouvre beaucoup d’états, parfois transitoires, parfois évolutifs, parfois soudains. Il interroge sur les limites mêmes de l’être humain, il peut avoir un lien plus ou moins explicite avec la mort, renvoie à des fantasmes de destruction, de déchéance, ou tout simplement d’infériorité.

Handicap et genre, deux oppressions spécifiques

Le corps apparaît comme le média de cet handicap, là où ce dernier va imposer sa déformation, son manque, sa limitation, son incapacité. L’incapacité du corps se comprend alors par rapport à un modèle qui nous a été inculqué comme inévitable, inéluctable, comme « naturel ». Et quand bien même la nature nous « donne » un corps, ne le transformons-nous pas tous les jours, voire même à chaque instant, par des processus sociaux qui nous permettent d’avoir une prise psychique sur ce que nous sommes ? Ces processus qui nous permettent de créer une identité, plus ou moins choisie, mais sur laquelle nous pouvons agir ?

Ainsi, dans cette société patriarcale, le « masculin » domine le « féminin », et la binarité veut que le premier soit attribué aux « hommes » porteurs du pénis, et le second aux « femmes » qui sont les êtres capables d’enfanter. L’identité sexuée est donc « naturellement » prouvée et prouvable ! Il en va de même pour le rapport de force qui s’explique par une « faiblesse naturelle » des femmes vis à vis des hommes.

Cette vulnérabilité naturelle est aussi un élément clé de la compréhension des rapports entre handicapés et valides car elle justifie un sentiment de domination des seconds sur les premiers, une domination qui peut être « bienveillante » puisque jugée protectrice. La notion d’assistance est profondément liée aux personnes handicapées, faisant d’elles des « assistées » incapables de s’émanciper. Pourtant, l’assistance n’est-elle pas la base du contrat commun qui a fondé nos sociétés ?

Au contraire de la binarité construite socialement entre hommes et femmes, celle entre valides et handicapés peut être plus difficilement perceptible. Et c’est justement ce flou, cette possibilité pour les premiers de passer dans la catégorie des seconds qui effraie. La modification des identifications fait toujours peur, elle semble remettre en cause le monde de repères que l’on s’était construit et sur lesquels on s’était appuyé pour se comprendre et comprendre ce qui nous entoure. La vulnérabilité devient le système de mesure du handicap, et cette vulnérabilité devient la valeur honnie de notre société productiviste.

Le handicap est donc lui aussi détesté, vécu comme une fatalité lorsqu’il survient, voire même comme une mort avant l’heure. Plus une personne est jugée vulnérable, et plus il est justifié de la dominer, de l’enfermer dans un système d’oppression où elle sera encore davantage vulnérabilisée. Considérer sa « différence » comme un manque, une infériorité, rend licite sa mise à la marge et sa stigmatisation. Elle est plus « faible » parce qu’elle a besoin de la présence physique de l’autre pour assurer ses gestes quotidiens, et c’est donc logiquement qu’en est déduit sa faiblesse en tant que sujet conscient, libre et éclairé.

Il s’agit du même raisonnement que celui qui a été utilisé contre les femmes de façon générale. Que se passe-t-il lorsqu’un individu est porteur de cette oppression croisée, celle d’être femme et handicapée ?

Femmes en situation de handicap

Chez de telles femmes, la perception sociale de leur vulnérabilité est exacerbée, ce qui les met en position extrême d’infériorité et d’oppression. Elles sont volontairement maintenues dans un état de faiblesse par une infantilisation, une marginalisation et un retrait de leur possibilité d’expression et d’apparition dans l’espace public. L’intériorisation de leur oppression se traduit par un grand manque de confiance en elles, par un enfermement psychique qui renforce l’Apartheid physique dont elles sont victimes. Aux problèmes généralement rencontrés par les personnes handicapées d’accessibilité des transports, des lieux publics, du regard des autres sur le handicap, se surajoute pour les femmes la vision sexiste et machiste de notre société.

Il est quand même utile de rappeler que selon l’article 41 de la Loi No 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées :

« Les dispositions architecturales, les aménagements et équipements intérieurs et extérieurs des locaux d’habitation, qu’ils soient la propriété de personnes privées ou publiques, des établissements recevant du public, des installations ouvertes au public et des lieux de travail doivent être tels que ces locaux et installations soient accessibles à tous, et notamment aux personnes handicapées… »

Aujourd’hui, cette loi n’est absolument pas respectée, son délai d’application est sans cesse repoussé, voire même annulé. Dans une ville comme Paris, le métro est inaccessible, et le peu d’ascenseurs qui existent sont constamment en panne. Les bus, sensés être la solution alternative, ont des palettes qui fonctionnent une fois sur quatre. A cela s’ajoute l’inaccessibilité des lieux de sociabilité comme les cinémas, les bars. Reste, avec un peu de chance, le trottoir, et peu de risque d’arrestation puisque l’embarquement n’est pas non plus adapté !

En plus de cette politique d’oppression vis à vis de leur handicap, s’ajoute pour les femmes la vision sexiste que la société porte sur elles, et notamment sur leur corps. Les forces dominantes, qu’elles soient machistes, classistes, ou autres, essayent toujours de priver les dominés de l’usage de leur propre corps, et de se le réapproprier pour leur propre intérêt. Celui des femmes handicapées n’échappe pas à la règle, et leur corps subit les rapports de force dans lesquelles il s’inscrit. Comment décrypter ces rapports, ces derniers pouvant troubler les repères du féminisme « traditionnel » ? Quel(s) féminisme(s) peuvent porter les femmes en situation de handicap ?

Séduction, désir et sexualité

Le corps des femmes est très normé, il doit correspondre à certains critères pour être susceptible de plaire et d’éveiller du désir. Cette normalisation s’applique avec une violence extrême sur tous les corps, mais plus particulièrement sur celui des femmes dont beaucoup se retrouvent alors « exclues du marché à la bonne meuf », comme l’explique Virginie Despentes dans King Kong Théorie.

Quelle place pour les femmes handicapées dans le domaine de la séduction, du désir et de la sexualité ? Dans un imaginaire commun, les personnes handicapées n’ont pas de sexualité. Elles sont des êtres asexués car maintenues dans un état d’infantilisation qui ne leur permet pas d’atteindre l’age de la maturité sexuelle. Beaucoup de personnes handicapées ont intériorisé, souvent inconsciemment, ces préjugés, et s’interdisent d’évoquer leurs attentes et leurs difficultés. Le phénomène de dépendance physique peut aussi accentuer le malaise face à la question de la sexualité qui est perçue comme un acte intime, privé, caché. Comment répondre à la demande d’aide d’une personne qui a du mal à se mouvoir et qui souhaite avoir des rapports sexuels ? Face à ce dilemme, la solution de facilité est d’évacuer le problème en ôtant toute sexualité aux personnes qui ne correspondent pas au modèle de la sexualité normée.

Dans les rapports entre valides et handicapés, la question du désir est donc très souvent écartée car ces premiers sont élevés dans l’idée que ces derniers sont, au pire, pas sexués et donc pas désirables, au mieux évocateurs d’un désir coupable. Comment un valide « sain d’esprit » peut-il être attiré par une personne handicapée ? Si c’est le cas, cela est forcément dû à une perversité qui fait de lui un danger pour la personne handicapée en question. Le handicap apparaît comme un tel frein, dans l’imaginaire, à la possibilité de développer une relation où la personne pourrait occuper une place active, être dans les échanges multiples avec son partenaire, que cette relation est très vite réduite à une attirance pour le seul élément qui envahit tout l’espace : le handicap. L’opprobre sociale jetée sur cette caractéristique fait qu’il n’est moralement pas possible d’être attiré par une personne qui en est porteuse, à moins que cette dernière réussisse à apparaître d’abord comme une personne « normale » avant d’être vue comme une handicapée.

Si l’argument qui met en avant le fait qu’un individu n’est pas réductible à son handicap peut tout à fait s’entendre, pourquoi ce dernier ne pourrait pas aussi être le facteur primordial de l’attirance, au même titre que d’autres données physiques qui suscitent le désir ? Pourquoi le désir pour le handicap serait-il plus coupable, malsain, que celui pour une autre caractéristique physique ? Cela s’explique par l’image dépréciative que la société véhicule sur le handicap, par l’association qu’elle fait entre handicap et sexualité comme une perversion, voire une maladie mentale.

L’image de vulnérabilité véhiculée par les femmes handicapées peut à la fois être un frein social, mais aussi un fantasme pour certains partenaires qui vont se retrouver face à une situation moralement réprimée. Ces femmes apparaissent comme porteuses d’un potentiel érotique du fait même de leur handicap. Cependant, ce fantasme est souvent difficile à assumer car il est perçu comme socialement et moralement mauvais. Les femmes handicapées restent des images chimériques que l’on a du mal à inscrire dans une réalité, et notamment celle d’un couple avec ces codes sociaux. C’est cette conclusion qui peut les pousser dans la catégorie de celles « qui font fantasmer mais qu’on n’épouse pas » car « elles débordent les normes sociales » en ne correspondant pas à l’image qu’on attend d’elles – comme l’explique Ovidie dans son article sur « les salopes », « les trans », « les grosses », « les moches » et « les vieilles ».

Si cette vulnérabilité existe, qu’elle est assumée par la personne qui en est porteuse, et que cette dernière l’utilise avec son partenaire comme un jeu sexuel dans une relation où les limites sont clairement définies, en quoi cela serait-il répréhensible ? Comme pour toute relation, il s’agit d’un accord entre deux personnes consentantes, et le fait qu’il y ait un handicap ne doit pas remettre en cause la capacité de consentir, ou non, de la personne handicapée. En revanche, si le consentement est « violé », il s’agit de pouvoir donner aux femmes les possibilités aussi bien psychiques que physiques de se faire entendre comme individu dont le consentement n’a pas été respecté.

Quelles réappropriations du corps ?

Cette possibilité d’éveiller le désir sexuel par leur handicap ouvre différente voies d’exploration pour les personnes handicapées qui peuvent aller des simples rencontres sexuelles pour tester leur capacité de séduction, à un travail du sexe tel que la pornographie ou la prostitution.

Certains sites sur Internet se spécialisent dans les rencontres avec des personnes handicapées. Bien que certains sites « généralistes » refusent les profils de ces personnes, il est intéressant de voir que sur d’autres, la mise en avant d’un profil « handicapé » attire une moyenne non négligeable de gens. Là encore, il s’agit souvent de propositions sexuelles qui montrent un certain potentiel érotique du handicap.

En ce qui concerne la pornographie, il existe, en dehors du circuit mainstream qui exclut les personnes handicapées de ses productions, un autre circuit où l’excitation est provoquée par la présence d’une personne handicapée. Comme l’explique Alain Giami dans son article Pornographie et handicap :

« La pornographie qui met en scène des personnes handicapées fait l’objet d’une véritable industrie. Le site internet D-Links, recense plus d’une centaine de sites dans lesquels sont présentés et commercialisés des images, spécialisé dans les images mettant en scène des infirmes. Ce site est explicitement géré par une ou des personnes se considérant comme devotee, c’est-à-dire des personnes qui apprécient et sont attirées sexuellement par des personnes ayant des infirmités et principalement des amputations, mais aussi des personnes en fauteuil roulant, ou avec des plâtres ou des prothèses . »

Certaines personnes handicapées peuvent reprocher un aspect Freaks à une telle mise en scène du handicap, c’est-à-dire à la mise en avant de ces personnes comme des bêtes de foire, voire des monstres. On peut alors s’interroger sur la possibilité, et même l’injonction, à « normaliser » le handicap pour qu’il apparaisse désirable. Beaucoup de femmes handicapées cherchent avant tout à ressembler aux canons féminins généraux, mais par cette recherche, elles se positionnent paradoxalement en position subversive. Elles cherchent à faire correspondre leurs corps aux canons de beauté alors qu’ils s’y opposent d’emblée de part leurs déformations, leurs manques. Elles questionnent en somme les notions de beauté, d’esthétique, développées dans la société, et provoquent une remise en cause de ce qu’elles cherchent à revendiquer. En proposent-elles une comprehension élargie, des critères alternatifs à ce qui est jugé « beau », comme les Afro-américains ont fait émerger l’idée du Black is Beautiful, ou bien cherchent-elles à établir d’autres critères dominants où le handicap ferait partie des canons de beauté ?

A ce titre, l’exemple de Delphine Censier, jeune femme en situation de handicap moteur qui a posé pour des photos très érotiques, est assez parlant. Cet érotisme est à comprendre dans le sens très codifié du terme puisque ces photos ont abouti à une couverture du magasine de charme New Look.

Il s’agit là de faire entrer le handicap dans un système de valeurs érotiques « normales » où il est un atout mais qui n’empêche pas de voir la femme qui en est porteuse dans son potentiel sexuel normé. C’est une démarche différente de celle qui montre le handicap comme le seul élément pouvant éveiller le désir, et qui fait le choix d’occulter l’individu dans sa multiplicité, rendant ainsi ce désir pervers aux yeux de la société.

Cette subversion paradoxale, provoquée par un fort désir de normalisation, interroge sur le rapport que les femmes, et notamment celles en situation de handicap, peuvent entretenir avec leur propre corps, et comment celui-ci est soumis aux injonctions d’un certain féminisme pour qu’il soit libéré. Le jeu avec la norme, cette dernière étant souvent sous-tendue par la morale, peut être un moyen de se réapproprier son corps et de se libérer de l’oppression subie. En ce sens, la prostitution peut apparaître pour certaines femmes handicapées comme un moyen de reprendre le pouvoir sur une sexualité qui leur a été déniée, et de se réaffirmer comme des femmes dont le corps est désirable. Tellement désirable que des partenaires sont prêts à utiliser l’outil ultime de notre société pour y avoir accès : leur argent.

Contrairement à certains préjugés, la prostitution, si elle n’est pas subie, peut être un moyen de se réapproprier son corps car elle met la femme en situation active, celle de proposer du sexe, ou de le refuser si la demande ne lui convient pas. Elle peut ainsi se réapproprier ses choix de relations sexuelles dans une société qui la transforme encore trop souvent en un être passif subissant la demande masculine. Et surtout, elle fait de son corps l’outil même de son existence économique, existence trop longtemps associée au bon vouloir des hommes. Comme l’écrit Virginie Despentes, qui s’est elle-même prostituée, elle devient « détentrice d’un trésor furieusement convoité » :

« mon entrecuisse, mes seins, l’accès à mon corps prenait une importance extrême. » [1]

Accès de soi-même par soi-même

Pour la femme handicapée, la prostitution comme la pornographie, peuvent être des moyens parmi d’autres de re-sexualiser son corps, ce dernier ayant été confronté à des situations de « désensibilisation » plus ou moins fortes. Le fait d’être restreinte dans ses mouvements peut empêcher l’accès à son propre corps, à l’image même que l’on peut se faire de lui par le visuel et le toucher. L’intervention d’aide externe peut empêcher la création de certains liens sensoriels et sensuels avec son propre corps, voire abolir la notion même d’intimité. Le corps ne devient qu’objet de soins, et il en perd toute érotisation. L’acte sexuel avec un partenaire peut être d’autant plus appréhendé que cette première étape de connaissance de soi-même par soi-même n’a pas pu se faire, ou très mal.

La prise en compte de ces situations dans les structures recevant les personnes handicapées, mais aussi dans le milieu médical généraliste, n’est pas faite. Elle permettrait pourtant que les personnes handicapées puissent être accompagnées dans un domaine dont elles sont aujourd’hui exclues. Ainsi, Nathalie Renard, directrice du service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés APF de Nice, explique que :

« la grande majorité des femmes que nous accueillons n’ont pas consulté de gynécologue depuis la survenue ou l’évolution du handicap » [2].

A quoi cela est-il dû ? Au fait que beaucoup de cabinets de gynécologie ne soient pas accessibles, mais encore plus parce que les médecins ne disposent ni de matériel adapté, ni de la formation adéquate, comme le témoigne cette femme handicapée moteur qui a du faire 170 kilomètres pour trouver un cabinet accessible, pour qu’au final la table d’examen ne soit pas adaptée.

La sage femme Béatrice Idiard Chamois explique que le manque de formation des médecins peut « provoquer de la maltraitance » :

« un gynécologue ignorant par exemple que les problèmes de spasticité empêchent une femme d’écarter les jambes risquera de lui faire mal durant l’examen ». [3]

Le rapport Accès aux soins des personnes en situation de handicap de la Haute Autorité de Santé en 2008 souligne que les médecins généralistes n’osent plus prescrire de dépistage aux femmes en situation de handicap faute de confrères gynécologues formés.

Maternité

Le fort attachement, dans l’imaginaire collectif, entre sexualité et reproduction apparait aussi comme un frein à la sexualité des femmes handicapées car il y a un consensus moral autour du fait que ces dernières ne doivent pas avoir d’enfant. Bien que les demandes de maternité de ces femmes soient de plus en plus fréquentes, la société a encore beaucoup de mal à accepter que de telles personnes, avec de telles « tares », prennent le risque de se reproduire.

Le stigma est encore plus lourd pour les femmes qui sont toujours perçues comme celles qui vont devoir s’occuper, soigner, veiller sur l’enfant. Dans l’esprit de beaucoup, une femme handicapée ne peut déjà pas s’occuper d’elle-même, il apparaît alors comme inconcevable, voire immoral, qu’elle souhaite être mère. Une femme handicapée fait le témoignage suivant sur un forum :

Malgré les diverses difficultés que je rencontre depuis mon accouchement par le harcèlement de la PMI de ma ville en me discriminant (pour eux une femme handicapée motrice n’est en aucun cas capable d’avoir et d’élever un enfant) chaque jour, je me bats contre la discrimination. Celle des organismes sociaux et des personnes qui chaque jour font des réflexions telles que :

« Regarde elle est sur fauteuil, tu crois que c’est son fils, non c’est pas possible. »
 [4]

De tels témoignages ne peuvent plus laisser penser qu’être femme handicapée n’est pas une double oppression. Cependant, la « naturalisation » de ces oppressions, et notamment celle liée au handicap, freine, d’un coté, la prise de conscience de celles qui subissent ces rapports de force, et de l’autre la possibilité d’un vrai relai dans le champ social. Cela empêche l’émergence d’un réel discours politique à ce sujet permettant une émancipation des opprimées par elles-mêmes, pour elles-mêmes.

notes

[1] King Kong Théorie, Grasset, 2006

[2] Magazine Faire Face, n° 717, mars 2013, p. 25

[3] Magazine Faire Face, n° 717, mars 2013, p. 26

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