Accueil Actualités Favoriser l’accès aux soins en créant une maison de santé au Mont-Mesly

Favoriser l’accès aux soins en créant une maison de santé au Mont-Mesly

Logo maison de santé

À Créteil, le Mont-Mesly avec ses nombreuses tours d’habitation est un quartier à forte densité où la population est relativement jeune et dispose souvent de faibles revenus. En cas de problème de santé, les habitants peuvent bien sûr aller au cabinet de la place de l’abbaye ou voir un médecin dont le cabinet se situe à proximité (rue Kennedy, rue de Mesly, rue Casalis…).

Malgré la baisse du nombre de médecins à Créteil et dans le Val-de-Marne depuis quelques années, on ne peut donc parler, comme dans certaines campagnes françaises, de « désert médical ». Mais les médecins du quartier, trop rares au regard de l’importance de la population et déjà fortement sollicités ne sont pas en mesure de prendre davantage de patients. Les consultations d’urgence, sans rendez-vous, sont surchargées, les délais pour obtenir un rendez-vous s’allongent, ce qui peut avoir des conséquences sur le suivi et la coordination des soins.

Cette situation a des effets négatifs, d’abord évidemment pour les habitants du Mont-Mesly eux-mêmes mais aussi pour la ville et la collectivité. Elle engendre des déplacements supplémentaires, des surcoûts ; les habitants à faibles revenus sont parfois confrontés aux réticences de certains praticiens à recevoir des patients bénéficiant de la couverture maladie universelle (CMU) ou de l’aide médicale d’État (AME). Au total, il en résulte souvent une insuffisance et des retards de soins, particulièrement préjudiciables pour les enfants et les seniors. Il faut y ajouter l’inconfort et un sentiment d’angoisse et d’abandon d’une population souvent fragilisée par des difficultés sociales.

Face à cette raréfaction médicale, les malades se tournent assez spontanément vers les services d’urgences hospitaliers de proximité, accroissant un encombrement chronique, à Mondor ou au Centre hospitalier intercommunal de Créteil. A signaler également l’existence du Service d’aide médicale initiale (SAMI) de Créteil, vers lequel sont orientés les malades à soigner en urgence lorsque leurs pathologies ne sont pas considérées comme trop graves a priori. L’absence ou l’indisponibilité de médecins généralistes près de chez soi incite en effet des gens qui se sentent malades à se rendre directement aux urgences, ce qui contribue à faire augmenter les temps d’attente, réduit l’efficacité des soins et entraîne un surcoût social, car les services d’urgences hospitaliers ne sont pas faits pour traiter des petites blessures ou des maladies courantes.

Le rôle d’une municipalité n’est pas de se substituer à l’Etat ou à la Sécurité sociale, encore moins de pratiquer la médecine, mais il peut être de faciliter et d’inciter à une meilleure répartition des médecins et des professionnels de santé dans la ville et au service de ses habitants, notamment les plus fragiles.

Dans ce cadre, nous écologistes, souhaitons que soit installée au plus vite, dans un lieu central du quartier du Mont-Mesly, une maison de santé regroupant un ensemble de professionnels de santé : médecins généralistes, dentistes, pédiatres, infirmières, kinésithérapeutes, sages-femmes, psychologues…

 

Une maison de santé, qu’est-ce-que c’est ?

Les maisons de santé sont des structures pluri-professionnelles autonomes constituées entre professionnels médicaux, auxiliaires médicaux ou pharmaciens.

Les professionnels de santé exerçant en leur sein (essentiellement des professionnels libéraux) doivent élaborer un projet de santé commun. Les maisons de santé sont appelées à conclure avec l’agence régionale de santé un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens préalablement à tout versement d’une aide financière par l’agence.

En janvier 2012, il y avait 235 maisons en fonctionnement en France, dont une dans le Val-de-Marne, et 450 maisons en projet. (Source : Ministère de la santé)

Cette structure serait implantée en concertation avec les médecins et les autres professionnels de santé déjà installés au Mont-Mesly et aurait vocation à accueillir ceux d’entre eux qui souhaitent la rejoindre. Elle pourrait aussi attirer de jeunes médecins, kinés, sages-femmes, infirmières et autres, motivés par un exercice pluridisciplinaire. Une telle structure faciliterait ainsi la transition entre des médecins ou dentistes exerçant encore souvent leur art de façon solitaire, qui aspirent à la retraite et peinent à trouver un remplaçant, et une nouvelle génération de professionnels de santé se reconnaissant davantage dans un projet collectif, à la fois efficace au plan thérapeutique, gratifiant et permettant de préserver une vie personnelle.

 

La municipalité ne se substituerait ni aux professionnels de santé qui définiraient leur propre projet de santé pour le quartier et ses habitants, ni à l’agence régionale de santé qui veillerait au respect de la règlementation et apporterait son aide financière. La municipalité apporterait son concours à l’installation de la maison de santé, sous forme matérielle, par la mise à disposition de locaux, ou sous forme financière. Elle se contenterait de demander en contrepartie que les professionnels qui y exercent pratiquent les honoraires conventionnés de la Sécurité sociale, assurent une présence régulière tout au long de la semaine et reçoivent tous les malades, quels que soient leurs revenus.

 

Dominique Nivat

 

Laisser un commentaire

*