Kichwas de Sarayaku : UN PROJET PIONNIER DE COOPÉRATION BASÉ SUR LE DROIT DES PEUPLES AUTOCHTONES

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Les Kichwas de Sarayaku, un peuple autochtone d’Equateur, s’inquiète pour son territoire menacé par l’exploitation pétrolière. Véronique Moreira explique l’esprit d’un projet pionnier.

Quel est le contexte de ce projet de coopération ?

Si le gouvernement d’Equateur a décidé de protéger une partie de sa forêt primaire grâce au projet Yasuni, l’exploitation du pétrole reste, après la banane, sa première ressource économique d’exportation. Or, il a besoin de devises pour mener une politique sociale ambitieuse.

L’une des zones qui doivent être ouvertes à l’exploitation du pétrole est le territoire des Kichwas de Sarayaku, un peuple autochtone d’Equateur reconnu comme autonome par la constitution du pays. Ce peuple a lancé il y a plusieurs années une procédure contre l’Etat devant la cour interaméricaine de justice pour préserver son territoire.

N’y a-t-il pas une contradiction à collaborer à la fois avec le gouvernement équatorien et le peuple autochtone qui est en procédure contre lui ?

Aujourd’hui, qu’ils aient gain de cause ou non, ils ont besoin de négocier au mieux les conditions dans lesquelles ils pourront espérer continuer à vivre sur leur territoire.

C’est un peu la même logique que le projet Yasuni qui est issu de fait de la société civile équatorienne. Les Sarayaku en faisaient d’ailleurs partie.

C’est la première fois que nous menons un projet de coopération basé sur le droit des peuples autochtones. Au-delà de l’aide financière, c’est une manière de renforcer leur légitimité. Pour eux, il est important que des collectivités étrangères les reconnaissent comme étant en capacité de gérer leur territoire.

Sur quoi porte la convention ?

D’abord sur le renforcement des compétences. Ils souhaitent se former pour avoir une meilleure capacité d’expression, promouvoir la place des femmes, construire une maison commune, poser des panneaux solaires pour se connecter à Internet. Cela passe aussi par des échanges afin de mieux défendre leurs intérêts, leur mode de vie et la forêt amazonienne.

Ensuite, avec les ONG et la société civile rhônalpine, nous pouvons mettre à disposition des ressources et des outils pour mieux gérer leur forêt. Ils souhaitent délimiter leur territoire à l’aide de bosquets qui seront visibles du ciel.

Enfin, en Rhône-Alpes, ce projet servira à des projets d’éducation en direction des jeunes : conscience d’une citoyenneté mondiale, préservation de l’environnement, réflexion sur notre modèle de développement.

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