Si j’étais votre député voilà le discours que je ferais…pour commémorer ce 8 mai.

Communiqué de presse

mardi 8 mai 2012

 

Nous célébrons aujourd’hui le 67° anniversaire de la capitulation nazie, mettant un terme à 11 ans de barbarie. Souvenons-nous en effet qu’Adolphe Hitler est arrivé au pouvoir par les urnes en 1933, que les lois racistes dites de Nüremberg sont promulguées dès 1935.

Cette commémoration aurait pu avoir lieu dans le climat apaisé, non des consciences, tant les traumatismes, les souffrances, les dévastations des lieux, des corps et des âmes ont été d’une intensité jamais connue dans l’Histoire, mais des peuples aujourd’hui réconciliés et fraternels.

Or qu’avons nous constaté très récemment dans notre pays, notre pays, c’est-à-dire l’un des vainqueurs de 1945, l’un des procureurs au procès de Nüremberg ? La résurgence de cette idéologie d’exclusion et de haine ? Non ! Non, hélas…elle était déjà présente. On assiste à son épanouissement fétide. Exagération de ma part ? Et pourtant, qu’entendons nous ?

L’Autre, l’Etranger, n’est-il pas devenu pour une certaine dame et son aréopage, la cause de tous nos maux ? Au juif affairiste et apatride caricaturé et stigmatisé par les Nazis s’ajouterait maintenant le musulman profiteur et terroriste.

L’Etranger…Aurions-nous oublié qu’un tiers des Forces Françaises Libres de 1945 était composé de bronzés, venus aussi bien d’Afrique du Nord que du Pacifique, d’Afrique Noire et de Madagascar que des Antilles.

L’Etranger…Aurions-nous oublié les milliers d’antifascistes italiens, allemands, espagnols, présents dans les maquis ou les réseaux de la Résistance ?

L’Etranger…Aurions-nous oublié le groupe Manouchian. Et qu’écrit l’Arménien Missak Manouchian dans sa dernière et poignante lettre : « …je meurs en soldat régulier de l’armée française de la libération. » Oui vous avez bien entendu : de l’armée FRANCAISE.

L’Etranger…Diasso Kal Boutié, Maboulkedé, Allal Ben Semers, Hedhili Ben Salem. Ils sont quatre des seize Morts pour la France reposant au Mont Valérien.

L’Etranger enfin…Sait-on que le mémorial érigé aux maquisards tombés en avril-juin 1944 à Saint-Etienne-Vallée-Française (un symbole ! !), dans les Cévennes, ne comporte que des noms……allemands! Et pendant que ces maudits étrangers, ces métèques, souffraient ou mourraient pour nous, pour la France de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, d’autres, les inspirateurs du Front National actuel, se vautraient sans vergogne dans la plus vile des collaborations, allant jusqu’à anticiper les demandes des Allemands et  à manifester plus de zèle que nécessaire,  couvrant ou ordonnant avec la Milice exactions, tortures et meurtres.

Ces bons Français, Français authentiques ? qui acquiesçaient ou participaient à la traque des résistants, justifiaient l’arrestation et la mise à mort du préfet Jean Moulin ou du lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves. Ces bons Français, Français authentiques ? qui pestaient contre le journaliste Pierre Brossolette ou la commissaire au chômage Berty Albrecht qui se suicident pour ne pas parler. Exagération de ma part ?  Posons-nous quelques questions

Qui produit (1963) des disques de chants nazis et militaires du III° Reich ? Qui balaie d’un geste (1987) la Shoah et ses 6 millions de morts, la considérant comme un détail de l’histoire ? Qui crée (1988) ces calembours nauséeux comme « Durafour crématoire » et s’en amuse  ? Qui s’affiche (1997) avec Franz Schönhuber ex Waffen SS ? Le père ou la fille….Point n’est besoin de préciser les noms.

Et puis il y a l’autre. L’autre « autre » : l’assisté. Le nouveau responsable de toutes nos vicissitudes. Et là l’extrême-droite reçoit du renfort. Laurent Vauquier, ministre de M Sarkozy, s’oubliant, mais s’oublie-t-il vraiment ? en déclarant en 2011 : »Quelle est, pour moi, la principale injustice dans notre pays ? C’est que celui qui travaille n’ait pas un véritable écart avec celui qui bénéficie des minima sociaux (…) Cette situation-là est pour moi le cancer de la société française« . Antienne reprise à l’envi par son camp et d’abord son chef.

Les Lejaby, les Continental, et dans notre région les Pétroplus, les M-Real, les Sealynx, les Europhane et B.R.G. vous ont-ils vraiment donné l’impression d’avoir envie d’être  licenciés pour enfin bénéficier des aides sociales ?

Lorsque ces salarié-e-s veulent sauver leurs sites industriels et conserver leur emploi, des politiques (de l’UMP ?), à l’unissson de chefs d’entreprises (du Médef ?), les poussent à la résignation au nom du fonctionnement d’une économie que l’on ne pourrait contrôler sous peine de perte d’efficacité et de compétitivité. Et ces mêmes salarié-e-s, que l’on a abandonné-e-s, et qui malheureusement ne retrouvent pas toujours rapidement un emploi illustreraient en tant que chômeuses et chômeurs le « cancer de la société » ?

Enfin ! De quelle économie parlons-nous ? Quelle est cette société où les hommes sont plus mal traités que les marchés financiers ?

Quoi d’autre ? En octobre 2007,  Eric Woerth ministre du budget depuis mai, se fend d’une note à ses services (Impôts , Comptabilité Publique, Douanes, organismes sociaux), note où il consacre plus d’attention à la fraude sociale qu’à la fraude fiscale ! Bien sûr que je ne justifie pas la première. Mais quand, à la seconde, c’est-à-dire la fraude fiscale, on ajoute les éxilés (si chers, eux, à notre ancien président, si chère, elle, à notre pays), exilés fiscaux de Suisse, de Belgique, du Luxembourg, etc…..avec en prime les paradis fiscaux, ne trouvez-vous pas qu’il y a 2 poids, 2 mesures.

Les premiers sont montrés du doigt, les seconds….hé bien, les seconds, on leur trouve des excuses ! L’impôt en France est archaïque ! Trop pénalisant, il dé-cou-ra-ge-rait les innovateurs ! Il e-xas-pè-re-rait ceux qui ont réussi grâce à leur travail ou à leur talent !

Mais tout cela n’est pas nouveau. Souvenons-nous de M Raffarin en 2002 et de son discours récurrent sur « la France qu’il faut remettre au travail »,……exactement les mêmes propos que ceux tenus par Daladier en 1937, après la fin du Front Poulaire.

Quels liens, me direz-vous, avec le 8 mai ? N’y aurait-il mélange des genres ? Ne serait-ce pas, encore une fois, exagération de ma part ?

1945 est l’année de la Victoire mais aussi celle de tous les espoirs. La résistance unifiée, sous la houlette de son Conseil National, a mis au point un programme ô combien ambitieux. Ambitieux par ses choix économiques et sociaux, ambitieux plus encore par le contexte dans lequel il est censé germer et se développer.

Notre pays est exsangue et économiquement ruiné. Le chantier de la reconstruction est colossal.

Et l’abaissement moral consécutif à la défaite de 1940, illustré par le régime de Vichy, laisse des blessures béantes.

Le temps du Renouveau ? Le Printemps de toutes les audaces ? Certes.

Par les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945, on instaure la Sécurité Sociale. Le droit à cette protection sociale est inscrit quelques mois plus tard dans le préambule de la nouvelle Constitution républicaine du 27 octobre 1946.

Mais cette constitution doit également démontrer la ferme intention de tourner définitivement la page de l’Etat Français, raciste et liberticide.

Et qu’inscrit-on d’autre dans ce texte ?

Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés.

Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.

Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix. La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement

Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.

La Nation proclame la solidarité et l’égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales.

Alors, non, non et non ! Il n’y pas mélange des genres, il n’y a pas confusion ! ! Oui ! Retrouvons, revivifions cet esprit de la Résistance, de dignité et de solidarité retrouvées !

Oui ! Assumons et défendons la justesse et l’esprit des acquis sociaux du Front Populaire de juin 36 !

Oui ! Revendiquons encore et toujours l’héritage libertaire, fraternel et chaleureux de mai 68.

Notre président François Hollande l’a dit, la tâche va être rude. Chacun d’entre nous sera sollicité. Eh bien unissons-nous ! Ayons l’ambition de réussir ! Le défi est formidable. Il en va de l’emploi, du pouvoir d’achat, de la dégradation du climat et de notre environnement, de la transition énergétique in-con-tour-na-ble.

Partons gagnants ! Si nous le voulons, un Avenir de mieux-être, nous appartient !

 

Jérôme Bourlet de la Vallée,
 Candidat EELV-PS aux élections législatives de la circonscription 27-5

Contact  06.99.50.07.20  jebourlet@wanadoo.fr. Site :  jeromebourletdelavallee2012.fr