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(source: http://mingata.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/03/18/ces-petites-phrases-qui-m-exasperent.html )
La candidature d’Éva joly est un acte pour l’avenir, l’écologie politique est porteuse de changements qui intègrent et dépassent les luttes pour l’environnement.
Les petites phrases contre le maintien de la candidature d’Éva Joly, ces petites phrases qui confondent compétitions et avenir, choix stratégiques et démocratie, m’exaspèrent.
Éva Joly dérange ceux qui croient possible de -faire de la politique- entre -professionnels de la représentation- sans se brûler les ailes, sans être happé par ce système qui réduit invariablement les plus sincères engagements à des compétitions, à des conflits inter-personnels qui consument doucement les plus belles utopies.
Oui, la professionnalisation de la -com’- permet d’augmenter artificiellement les -résultats électoraux-. La primauté de la -com’- sur la sincérité permet d’obtenir des -résultats électoraux- sans rapport avec le nombre d’électeurs partageant les idées des candidats.
Mais ceci a-t-il le moindre intérêt ?
À force de professionnalisation de leurs communications, les politiques ne représentent plus qu’une poignée de conseillers et, leurs -victoires- dans les urnes sont des défaites pour la démocratie. Elles fragilisent dangereusement le pouvoir du peuple, notre pouvoir à toutes et tous, et libèrent des espaces que les ambitions personnelles, les fascismes et les pouvoirs économiques s’approprient. Elles se font au détriment des idées, du partage des constats, des analyses et espoirs, des voies que nous souhaitons prendre, des avenirs que nous souhaitons collectivement construire.
Or, nous, écologistes, avons maintes fois affirmé que les actions publiques pour l’avenir de l’humanité ne suffisent pas, qu’elles doivent être parallèles à de véritables prises de conscience des enjeux, de véritables changements globaux des envies et pratiques collectives et individuelles.
Ainsi, un -bon score- dans les urnes et l’augmentation du nombre d’élu-e-s portant nos idées peuvent être utiles mais ne sont en rien suffisants pour espérer construire un monde plus juste. Pire, l’augmentation du nombre d’élu-e-s portant nos idées est contre-productives quand elle nécessite de cacher nos utopies, de ne pas les partager pour les laisser vivre, pour qu’elles puissent être critiquées, pour qu’elles puissent évoluer, pour que toutes et tous se les approprient.
Les calculs politiciens n’ont qu’un temps, le temps des ambitions de ceux qui les portent. Le vote porte autre-chose, il construit démocratiquement, voix par voix, les compromis et l’avenir dont nous voulons.
Merci Éva Joly, grâce à vous, nous sommes quelques citoyens et citoyennes heureuses de ne pas être sans voix.
François NICOLAS, Rezé(44)
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