Pour une reconnaissance de l’Occitan et des langues minorisées

Réponse de Marie-Thérèse FOULQUIER

Candidate PS, EELV et du Partit Occitan

 

A la lettre ouverte de 

Monsieur Philippe Martel, Professeur des Universités, Président de la FELCO

Monsieur Patrick Couffin, Président de l’association CAP L’OC

 

Messieurs,

 

Je souhaite tout d’abord exprimer tout mon attachement personnel à langue et à la culture occitane. C’est d’abord la  langue traditionnelle d’usage du monde rural de ce territoire des Grands Causses auquel j’ai consacré ma vie d’agricultrice. C’est aussi une langue que j’ai voulu rendre visible  dans la commune dont je suis Maire à travers la mise en place d’une signalétique bilingue occitan-français. Enfin en tant  de grand-mère j’ai particulièrement apprécié  l’enseignement public d’occitan que ma petite fille a suivi au collège et au lycée de Saint-Affrique puis a l’Université.

 

Mais cet engagement personnel est en lien direct avec l’engagement public qui est le mien, dont je vous prie de prendre connaissance en réponse au questionnaire de la FELCO que vous m’avez adressé.

 

En premier lieu, conformément à l’engagement du Président François Hollande, je suis favorable et je souscris à la ratification de la Charte Européenne  des langues de moindre diffusion. Les langues régionales sont une part de notre identité nationale commune et quand elles regressent c’est cette identité qui régresse.

 

Cette ratification n’a de sens que si elle est liée à une véritable politique d’accompagnement. Elle devra d’abord s’inscrire dans la méthode de concertation des partenaires souhaitée par le Président François Hollande. Je m’attacherai que les Fédérations représentatives  des Enseignants de Langue et Culture d’Oc d’importance comme la votre soient associées à cette concertation.

 

Si la concertation est le préalable, il n’en demeure pas moins  que des directions essentielles suggérées dans votre courrier me semblent indispensables.

 

La première est la nécessité du renforcement de la protection des langues et cultures régionales.

Celle-ci pour être efficiente devra passer par une loi  qui détermine les obligations de l’Etat.

Deux domaines sont essentiels : le développement et la généralisation de l’offre d’enseignement et la visibilité de la langue occitane dans les médias et la culture.

 

Le développement de l’enseignement des langues régionales est un impératif pour le service public de l’Education Nationale avec l’offre d’un enseignement généralisé car c’est aujourd’hui l’école qui porte  la transmission et le développement des langues et cultures régionales

A cet égard je connais la pénurie actuelle d’enseignants dont est victime l’enseignement d’occitan depuis une dizaine d’année et je sais combien un rattrapage est urgent dans ces disciplines. Mais ce rattrage ne peut avoir d’effets  que dans le cadre  d’une politique coordonnée avec les Régions qui ont défini des politiques et de convention avec l’Etat, comme c’est le cas dans notre Région Midi-Pyrénées. Il va sans dire que l’enseignement associatif  sous contrat y sera associé au prorata de sa représentativité.

 

Le second domaine lie à la fois celui des médias et la culture. Il n’appartient pas à la loi d’interférer dans le domaine de la liberté de la presse ni dans celui de la création culturelle mais la loi est faite pour rétablir l’équité. La presse et le médias occitans, la création occitane et en occitan, le livre occitan doivent bénéficier d’une égalité de traitement tant à travers les aides publiques que dans leur visibilité publique.

En effet dans le domaine des langues régionales aujourd’hui la déclaration est vaine, la protection par la loi est urgente et indispensable et elle n’a de sens que si cette protection garantit la continuité ou le développement.

 

J’espère vous rencontrer rapidement pour m’entretenir avec vous de ces questions relatives à l’enseignement de la langue et de la culture occitanes.