Solange Fernex


 

Solange Fernex une vie d’engagement pour le respect de la vie et les droits de la personne…

Solange Fernex s’est éteinte le 11 septembre 2006 … L’insoumise est allée rejoindre les victimes de Tchernobyl auxquelles elle avait voué sa vie.

Première femme candidate au nom de l’écologie (c’était à Mulhouse lors des élections législatives de 1973), elle a mené la liste Europe-Ecologie aux premières élections européennes de 1979, a été de celles et de ceux qui ont fondé les Verts en 1984, et a été députée européenne de 1989 à 1995.

Récipiendaire de la légion d’honneur, elle avait reçu en 2001 le prix international « Nuclear-free Future Award », l’année même où, avec son mari Michel, elle fondait l’association « Enfants de Tchernobyl Belarus » qui continue d’apporter un soutien aux scientifiques indépendants, aide les enfants malades des régions contaminées du Belarus suite à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Adepte farouche de l’action non-violence et de la désobéissance civile, elle a été de toutes les luttes pour la défense de l’environnement, pour la condition de la femme, et de façon plus générale en faveur d’un monde plus juste, plus respectueux de l’environnement, qu’il soit naturel ou humain.

Et pour beaucoup, elle restera la militante qui, depuis le début des années 1970, aura été sur tous les fronts de la lutte anti-nucléaire. En Alsace, lors de l’occupation des sites prévus pour l’installation de réacteurs nucléaires, en Biélorussie, pour rapporter de Tchernobyl les résultats des études et les informations que les pouvoirs veulent cacher, dans tous les pays où le nucléaire, qu’il soit civil ou militaire, tue et risque de tuer encore.

Elle n’a jamais ménagé ni son temps, ni sa santé pour expliquer, convaincre, participer à tous les débats, les rassemblements qui allaient dans le sens d’un monde pacifié et durable, apporter quand il le fallait son expérience et son enthousiasme pour aider celles et ceux qui se décourageaient.

Femme de conviction autant que de caractère, ardente défenseur de la non-violence, elle a été à l’origine de l’anti-nucléaire en Alsace, sinon en France. Il n’est pas trop de dire (et c’est particulièrement vrai en ce qui me concerne) que d’une façon ou d’une autre, tous les acteurs opposés à la société du nucléaire lui doivent d’être ce qu’ils sont devenus aujourd’hui.

 Jean-Marie Brom décembre 2006