Police de sécurité du quotidien: un choix politicien

Le gouvernement a annoncé jeudi dernier que Grenoble ne ferait pas partie des villes expérimentant la Police de Sécurité du Quotidien (PSQ), malgré la demande conjointe des maires de Grenoble, Saint-Martin-d’Hères et Échirolles. La liste des villes indiquées semble refléter des choix souvent politiciens (Pau ou le 8ème arrondissement lyonnais ont-ils été choisis pour leur taux de délinquance bien plus important qu’à Grenoble ?). Et bien sûr les oppositions grenobloises ont accouru pour incriminer l’équipe municipale pour sa prétendue inaction dans le domaine.

 Voici quelques faits qui montrent que la municipalité grenobloise est active sur le sujet :
l’effectif de la police municipale ramenée au nombre d’habitants est élevé (classement 14ème sur 50 en 2015 :  et désormais même, avec 115 policiers municipaux, 3ème des villes de plus de 150 000 habitants)
– les élus (maire, 1ère adjointe, élus de secteurs, élus thématiques) sont depuis le début du mandat très présents dans les Conseils Locaux de Sécurité et Prévention de la Délinquance (CLSPD) qui permettent le dialogue et la coordination des actions entre police nationale, police municipale, justice, bailleurs sociaux, …
– les polices nationales et municipales travaillent ensemble, dans le respect des différences de leurs missions.
– la ville est très active dans les actions de prévention, de réinvestissement de l’espace public par le réinvestissement des places gangrenées par le trafic par les habitants (place Saint-Bruno avec la Dragonne qui a émergé grâce au Budget Participatif, place Edmond Arnaud, …), la collaboration avec les bailleurs (dispositif « Tranquillité résidentielle » porté par Actis), ..
la légalisation de l’usage du cannabis, demande ancienne d’Europe Ecologie Les Verts régulièrement rappelée par Eric Piolle vise à faire diminuer fortement les trafics plutôt que de mobiliser d’énormes moyens policiers et judiciaires, en vain et sans effet notable sur le trafic et ses désagréments,
Un des problèmes de fond est toujours le même : la police nationale avait perdu plus de 100 policiers sous Sarkozy. Les conséquences : moindre présence sur le terrain, fermeture du commissariat Saint-Bruno, ont été immédiates et ne sont évidemment pas effacées par les 30 policiers « rendus » sous Hollande.
 
Quand au sujet de la vidéosurveillance de l’espace public : son efficacité très limitée par rapport aux coûts d’investissement et de fonctionnement est régulièrement démontrée localement et nationalement.
Localement le rapport réalisé par la ville en septembre 2013 ne montre aucune amélioration flagrante au regard de l’investissement, ni en nombre de faits délictueux, ni en terme de sentiment d’insécurité ressenti. Et en 2015 durant l’incendie du Théâtre Prémol une caméra en fonctionnement pointait directement sur le lieu du délit et  était en état de marche. Les auteurs n’ont été ni freinés ni identifiés trois ans plus tard.
Nationalement, on peut renvoyer à de nombreuses études qui montrent toute un impact très limité dans la baisse du nombre d’actes délictueux, une faible efficacité dans l’identification des auteurs. Tout au plus un report de la délinquance peut être noté.
Citons par exemple  :
– Une étude de la vidéosurveillance à Rennes, indiquant que seules 0.1% des enquêtes sont résolues par l’utilisation des caméras
– Une tribune dans la Croix en 2016 indiquant que l’installation de vidéosurveillance n’a d’efficacité que politicienne
Une étude de terrain dans une petite ville