Proche et Moyen-Orient – Commission Transnationale https://transnationale.eelv.fr Un site utilisant Réseau Europe Ecologie Les Verts Wed, 04 Apr 2018 15:09:09 +0000 fr-FR hourly 1 Réaction d’Europe Écologie Les Verts suite aux tueries perpétrées par le gouvernement israélien https://transnationale.eelv.fr/2018/04/04/reaction-deurope-ecologie-les-verts-suite-aux-tueries-perpetrees-par-le-gouvernement-israelien/ Wed, 04 Apr 2018 15:09:09 +0000 http://transnationale.eelv.fr/2018/04/04/reaction-deurope-ecologie-les-verts-suite-aux-tueries-perpetrees-par-le-gouvernement-israelien/

Réaction d’Europe Écologie Les Verts suite aux tueries perpétrées par le gouvernement israélien

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Yémen : brisons le silence https://transnationale.eelv.fr/2017/11/29/yemen-brisons-le-silence/ Wed, 29 Nov 2017 11:51:44 +0000 http://transnationale.eelv.fr/?p=4258

Depuis le 4 novembre, la coalition militaire dirigée par l’Arabie Saoudite impose un blocus total, aérien, terrestre et maritime au Yémen après qu’un missile balistique a été tiré samedi vers la capitale saoudienne, Riyad, par les combattants Houthis alliés à l’ex-président Ali Abdellah Saleh.

Ce blocus empêche  l’aide humanitaire vitale,  les médicaments et les fournitures commerciales d’atteindre les zones sinistrées, ainsi que la circulation des travailleurs et travailleuses humanitaires à l’intérieur et à l’extérieur du Yémen. Mark Lowcock, le chef humanitaire de l’ONU, a déclaré que cette décision aggraverait une crise humanitaire « catastrophique » qui a poussé des millions de personnes au bord de la famine et causé une épidémie massive de choléra. Il s’agit probablement, comme le rappellent les ONG, d’un des plus grands épisodes de famine de l’histoire. « Plus de 20 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, sept millions d’entre elles sont confrontées à des conditions de famine et dépendent entièrement de l’aide alimentaire pour survivre » ont prévenu l’ONU et les ONG présentes dans le pays, dans une déclaration conjointe.

Au Yémen, le système de santé, d’approvisionnement en eau et d’assainissement a été dévasté par plus de deux ans et demi de guerre qui a fait plus de 10 000 morts. Un chaos que le blocus ne fait qu’aggraver en privant des millions de personnes de l’alimentation et des médicaments dont ils ont besoin pour survivre. Aux privations de la famine s’ajoutent, du fait de la faiblesse physique des personnes, les risques de pandémie et d’infections.

Europe Écologie Les Verts salue la déclaration française qui rappelle que « L’accès complet, inconditionnel et sans entrave à l’aide humanitaire est une obligation du droit international humanitaire qui s’impose à l’ensemble des parties au conflit », et demande d’intensifier les efforts pour que cette déclaration soit effective sur le terrain. Car ce blocus est vécu par les yéménites comme une punition collective.

Europe Écologie Les Verts rappelle que la protection de la population civile et des infrastructures civiles doit être considérée comme une priorité par toutes les parties. Il n’existe pas de solution militaire au conflit et l’escalade actuelle du conflit yéménite sape les perspectives d’un règlement politique, seule solution durable.

Europe Écologie Les Verts demande également au gouvernement français et à l’Union européenne de multiplier les contacts avec toutes les parties pour reprendre le processus de négociation sous la direction des Nations unies.

Au-delà des déclarations d’intentions, Europe Écologie Les Verts appelle à un embargo sur la vente d’armes à l’Arabie Saoudite qui ne respecte en aucun cas les lois de la guerre dans le pays. La France ne devrait plus vendre des armes à Ryiad, conformément à sa ratification en 2014 du traité sur le commerce des armes.

La situation au Yémen sera à l’ordre du jour du prochain Conseil fédéral d’Europe Écologie Les Verts du 2 décembre.

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux

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Lire la question au Gouvernement d’Esther Benbassa, sénatrice EELV, pour dénoncer la décision d’Israël de refuser l’entrée sur son territoire à sept représentants de la gauche française. https://transnationale.eelv.fr/2017/11/23/lire-la-question-au-gouvernement-desther-benbassa-senatrice-eelv-pour-denoncer-la-decision-disrael-de-refuser-lentree-sur-son-territoire-a-sept-representants-de-la-gauche-francai/ Thu, 23 Nov 2017 09:53:31 +0000 http://transnationale.eelv.fr/?p=4255 Lire la suite]]> Question au gouvernement

 

Mardi 14 novembre 2017

Esther Benbassa, Sénatrice EE-LV

« Monsieur le Président,

Monsieur le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, 

Mes chèrEs Collègues,

Les autorités israéliennes ont annoncé qu’elles refuseraient l’entrée sur leur territoire d’élus français, dont sept parlementaires issus des diverses gauches, qui s’apprêtaient à se rendre en Israël et dans les territoires palestiniens afin d’alerter sur la situation des prisonniers politiques palestiniens. Cette délégation comptait également rencontrer Marwan Barghouti cadre du Fatah emprisonné depuis une quinzaine d’années en Israël, considéré par l’Etat hébreu comme terroriste et comme le « Mandela palestinien » par ses soutiens. Elle entendait par là même rencontrer l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri en détention administrative en Israël. Ce citoyen français est incarcéré depuis 84 jours sans avoir été ni jugé ni condamné. Le droit de visite des prisonniers que comptait exercer la délégation est non seulement légitime, mais aussi garanti par les quatre conventions de Genève que l’Etat d’Israël, vu comme une des rares démocraties de la région, ne saurait ignorer. 

Le motif de ce refus d’entrée serait d’abord le supposé soutien de la délégation au mouvement international Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), qui vise à dénoncer et à punir la poursuite de l’occupation en Cisjordanie. Ce mouvement est considéré en Israël comme étant hostile à l’Etat israélien et dont le but serait de le délégitimer. Ainsi que de vouloir  rencontrer et conforter Marwan Barghouti.

Le soutien supposé des responsables politiques concernés au BDS est loin de constituer une menace pour Israël et il relève des convictions personnelles de chacun. Il s’agit là de prétextes de dernière minute vu que ce voyage, initié par l’Association Jumelage Palestine France (AJPF), avait été préparé en collaboration avec le consulat français de Jérusalem.

Que compte faire le gouvernement français  pour remédier à cette décision inique ?              

    

 Réplique :

Le gouvernement de Benyamin Netanyahou est en train de faire de toute opposition à sa ligne belliqueuse un délit d’opinion et de conviction et prend les sanctions les plus dures. Ainsi, en est-il de l’emprisonnement de Salah Hamouri ou des mesures à l’encontre des militants de la paix en Israël comme ceux de Breaking the Silence. En refusant l’entrée de cette délégation en Israël, il ne fait que confirmer que les efforts pour la paix n’entrent pas dans ses objectifs. La France ne devrait pas devenir complice en optant pour le silence. »

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Liberté pour Salah Hamouri https://transnationale.eelv.fr/2017/10/16/liberte-pour-salah-hamouri/ Mon, 16 Oct 2017 12:18:10 +0000 http://transnationale.eelv.fr/?p=4244 Dans la nuit du 22 au 23 août, Salah Hamouri, franco-palestinien de 32 ans, père d’un tout jeune enfant français, a de nouveau été arrêté, en pleine nuit, par l’armée israélienne, sans aucun motif d’accusation.

Salah Hamouri, défenseur des droits de l’homme, fait notamment partie de l’association de défense des prisonniers palestiniens Addameer où il effectuait son stage de recherche afin d’obtenir son master en droit. Après 7 années de prison (il a été libéré en 2011), ce franco-palestinien de Jérusalem s’est marié à une Française et aspire à une vie normale. Il a cependant été séparé de sa compagne enceinte par les autorités israéliennes, qui ont interdit à cette dernière de revenir sur le territoire israélien alors qu’elle bénéficiait d’un visa consulaire et l’ont obligée à accoucher en France. Salah Hamouri est aujourd’hui obligé de faire des aller-retours en France pour voir grandir son fils tout en terminant ses études en Israël.

Les autorités israéliennes, qui ont normalement 48h pour lui signifier son motif d’arrestation, ont décidé de prolonger sa détention au moins jusque ce dimanche, sans aucune justification.

Pour les écologistes cet acharnement injustifié sur la famille de Salah Hamouri par les autorités israéliennes n’est plus tenable et il est urgent que les autorités diplomatiques françaises obtiennent la libération de Salah Hamouri ainsi que l’amélioration de la situation familiale de ce couple et de leur jeune enfant. Pour les écologistes, cette famille fait l’objet d’une forme de harcèlement, auquel il est nécessaire de mettre un terme définitif.

Alors qu’Israël détient encore 6269 prisonniers politiques, les écologistes demandent à la France de faire tout ce qui est en son pouvoir pour qu’Israël respecte les droits de l’homme et les associations de défense des droits de l’homme.

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux

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A Istanbul, rencontre entre écologistes https://transnationale.eelv.fr/2014/11/13/a-istanbul-rencontre-entre-ecologistes/ Thu, 13 Nov 2014 16:21:22 +0000 http://transnationale.eelv.fr/?p=4201 Lire la suite]]> Alors qu’avec l’actualité internationale la Turquie se retrouve au centre de toutes les attentions – guerre civile en Syrie, avancées de l’EI, réfugiés kurdes, flux migratoires vers l’Union européenne – les eurodéputés écologistes français Michèle Rivasi, Karima Delli, Yannick Jadot et Pascal Durand se sont rendus à Istanbul du 7 au 9 novembre 2014. La capitale économique de la Turquie accueillait notamment le 25e conseil du Parti Vert européen (PVE).

Lors de leur déplacement, les quatre eurodéputés ont pu participer à de nombreux débats organisés par le PVE : géopolitique, sécurité et transition énergétique en Turquie, chômage des jeunes en Europe, crise au Moyen-Orient, futur de l’UE et rôle de la Turquie, etc.

Le vendredi 7 novembre en fin d’après-midi, les eurodéputés Europe Ecologie ont pu également rencontrer en marge du conseil les représentants des écologistes turcs (Yesiller ve Sol Gelecek Parti- YSGP, « les Verts et la Gauche, le parti d’avenir ») ainsi qu’une association de défense de la communauté arménienne (Nor Zartonk) afin d’échanger longuement avec eux sur toute une série de priorités politiques à porter de concert : le renforcement des liens entre l’UE et la Turquie, les questions migratoires, la question du nucléaire et plus largement de la transition énergétique, les marges de manœuvre pour une offre politique alternative progressiste dans le pays ou encore la prochaine commémoration du centenaire du génocide arménien.

Etaient présents, aux côtés de Michèle Rivasi,Karima Delli, Pascal Durand et Yannick Jadot, Sayat Tekir, de l’association arménienne Nor Zartonk, Sevil Turan, co-porte-parole du YSGP, Ahmet Atıl Asıcı, président de la commission économie et membre du bureau exécutif du YSGP, Nil Mutluer, membre de l’assemblée du parti, Gizem Kastamonulu, membre de son bureau exécutif et Saruhan Oluç, vice-président du HDP (la plateforme politique plus large dont font partie les Verts turcs).

Deux sujets prioritaires sont ressortis des discussions :

– Tout d’abord les luttes écologistes communes contre les grands projets inutiles : en effet, en France ceux-ci font la une de l’actualité (Sivens, Notre Dame des Landes, Lyon-Turin, etc.), et en Turquie, le gouvernement d’Erdoğan, dans sa course effreinée à la croissance, multiplie les grands travaux dans l’indifférence totale des questions de défense de l’environnement. Les manifestations au Gezi Park à Istanbul sont notamment parties d’une exaspération de toute une partie des Stanbouliotes face à la destruction programmée d’un des derniers espaces verts de la ville.

– Ensuite la situation problématique des minorités en Turquie (arménienne, kurde, LGBT, etc.) et la question dramatique de l’afflux des réfugiés syriens entrant en Turquie pour échapper à la guerre avant de vouloir rejoindre l’Europe.

Sur ces deux sujets, les délégations écologistes françaises et turques ont pris date et réaliseront d’ici peu des actions communes.

Face à la course folle à la croissance, en Turquie comme en Europe, les écologistes continuent à poser les bases communes d’un modèle alternatif refusant la destruction des peuples et de leur environnement. A cet égard, le rendez-vous d’Istanbul était incontournable.

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Journée mondiale de soutien à Kobanê, le 1er Novembre https://transnationale.eelv.fr/2014/10/31/journee-mondiale-de-soutien-a-kobane-le-1er-novembre/ Fri, 31 Oct 2014 10:17:45 +0000 http://transnationale.eelv.fr/?p=4183 Lire la suite]]> Communiqué de presse d’Europe Ecologie – Les Verts du 31 octobre 2014

Le 15 septembre dernier, l’État Islamique a lancé une vaste offensive contre la ville kurde de Kobanê, dans le nord de la Syrie, en utilisant des armes lourdes de fabrication américaine, volées à l’armée irakienne. C’est la troisième attaque contre Kobanê depuis le mois de mars 2014.

L’État Islamique, pour imposer le califat, veut mettre fin au système d’administration paritaire en place, laïc et respectueux de toutes les minorités, de toutes les religions.

Des centaines de milliers de civils ont été déplacés vers la Turquie et vivent dans des conditions difficiles, à l’approche de l’hiver.

Il est temps que la coalition internationale apporte son soutien à la résistance kurde, soutenue par l’Armée Syrienne Libre. En France, alors que le Président turc Erdogan est présent, le gouvernement français doit lui demander de lever les obstructions à l’organisation de la résistance.

Fidèle à ses valeurs humanistes, EELV appelle à participer à toutes les manifestations de soutien en France comme celle qui se tiendra Place de la Bastille à Paris le samedi 1er novembre 2014 à 14h00.

 

Julien Bayou et Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux.

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Sénat : proposition de résolution sur la reconnaissance de l’Etat palestinien https://transnationale.eelv.fr/2014/10/24/senat-proposition-de-resolution-sur-la-reconnaissance-de-letat-palestinien/ Fri, 24 Oct 2014 10:24:43 +0000 http://transnationale.eelv.fr/?p=4186 Lire la suite]]> N° 49

SÉNAT

SESSION ORDINAIRE DE 2014-2015

Enregistré à la Présidence du Sénat le 23 octobre 2014

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

PRÉSENTÉE EN APPLICATION DE L’ARTICLE 34-1 DE LA CONSTITUTION,

sur la reconnaissance de l’État palestinien,

Par Mmes Esther BENBASSA, Leila AÏCHI, Aline ARCHIMBAUD, Marie-Christine BLANDIN, Corinne BOUCHOUX, MM. Ronan DANTEC, Jean DESESSARD, André GATTOLIN, Joël LABBÉ et Jean-Vincent PLACÉ,

Sénateurs

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

L’opération « Bordure protectrice » conduite par l’armée israélienne dans la bande de Gaza, en juillet et août 2014, en guise de riposte au meurtre de trois adolescents israéliens et à l’envoi répété de missiles par le Hamas en direction des villes du Sud d’Israël, a causé, du côté palestinien, la mort de 2 100 Gazaouis, pour l’essentiel des civils, et 11 000 blessés. Il est urgent d’agir pour que cessent les souffrances, les destructions et le sang versé.

Cette nouvelle explosion de violence a démontré une fois de plus, s’il en était besoin, l’urgence d’un plan de paix, et le devoir, pour les puissances européennes et américaine, d’inciter les deux parties, avec toute la détermination requise, à s’engager concrètement sur la voie d’un tel plan, et ce d’autant plus que la situation au Moyen-Orient se détériore gravement de jour en jour sur nombre de fronts.

Le vote non contraignant par la Chambre des Communes britannique d’une motion engageant le gouvernement anglais à « reconnaître l’État de Palestine à côté de l’État d’Israël », le 13 octobre 2014, est intervenu après une initiative d’inspiration similaire émanant du gouvernement suédois dix jours auparavant.

À ce jour, cent trente-quatre pays ont déjà franchi le pas de la reconnaissance de la Palestine, dont les anciens membres du pacte de Varsovie, dans les années 1980, à l’exception des pays fondateurs de l’Union européenne.

Le 12 octobre 2014, à la Conférence du Caire pour la Palestine et la reconstruction de Gaza, M. Laurent FABIUS, ministre des affaires étrangères et du développement international, a déclaré : « L’objectif est clair : un État de Palestine indépendant, démocratique, contigu et souverain, vivant dans la paix et la sécurité aux côtés d’Israël, sur la base des lignes de 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux États. Cette solution des deux États est menacée sur le terrain notamment par la colonisation. Face à ce danger, il nous faudra bien reconnaître l’État palestinien. »

Dans les prochaines semaines, une résolution proposée par Mahmoud ABBAS, Président de l’Autorité palestinienne, sera soumise au vote du Conseil de sécurité, un veto américain restant évidemment toujours possible. Ce texte demande le retrait israélien complet, dans les deux ans, des territoires palestiniens occupés depuis 1967.

Même si les marges de manoeuvre diplomatique se révèlent étroites, tout vote symbolique en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien aux côtés de l’État israélien – dont toutes les parties doivent reconnaître l’existence et le droit à la sécurité – marque un pas en avant. Le nombre croissant de tels votes a des chances d’insuffler un regain de détermination chez les dirigeants des pays qui composent l’Union européenne pour passer des mots aux actes.

Pour toutes ces raisons, il est proposé au Sénat d’adopter la présente proposition de résolution.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Le Sénat,

Vu l’article 34-1 de la Constitution,

Vu la résolution 181 du 29 novembre 1947 de l’Assemblée générale des Nations Unies qui adopte le plan de partage de la Palestine la divisant en deux Etats indépendants, l’un arabe, l’autre juif, et Jérusalem étant placée sous administration des Nations unies,

Vu la résolution 242 du 22 novembre 1967 du Conseil de sécurité des Nations Unies qui condamne l’« acquisition de territoire par la guerre » et demande le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés » et qui affirme « l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique » de chaque État de la région,

Vu la résolution 446 du 22 mars 1979 du Conseil de sécurité qui exige l’arrêt des « pratiques israéliennes visant à établir des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis 1967 »,

Vu la résolution 1515 du 19 novembre 2003 par laquelle le Conseil de sécurité se déclare « attaché à la vision d’une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues »,

Vu la reconnaissance, en novembre 2012, à la Palestine du statut d’État observateur non-membre de l’ONU, par 138 pour (dont la France), 9 contre, et 41 abstentions (dont la Grande-Bretagne), statut conférant à la Palestine le droit d’assister à la plupart des réunions et d’en consulter la documentation mais ne lui permettant pas de voter, de proposer des résolutions ni de postuler à des offices onusiens,

Affirme solennellement son attachement au principe d’un État palestinien viable, vivant en paix et en sécurité aux côtés de l’État d’Israël ;

Exprime le souhait que la France reconnaisse sans délai l’État palestinien souverain et démocratique sur la base des lignes de 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux États ;

Invite la France à tout mettre en oeuvre pour faire aboutir sur le terrain la solution négociée de deux États indépendants contigus.

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Turquie : analyse de la situation politique interne et perspectives d’action écologiste https://transnationale.eelv.fr/2014/10/23/turquie-analyse-de-la-situation-politique-interne-et-perspectives-daction-ecologiste/ Thu, 23 Oct 2014 09:32:56 +0000 http://transnationale.eelv.fr/?p=4121 Lire la suite]]> par Timur Delahaye, franco-turc, co-secrétaire EELV Europe du Nord

https://europe-nord.eelv.fr/

Après des élections locales et présidentielles remportées par le parti au pouvoir depuis 2002, quelle est la situation politique de la Turquie ? Comment les écologistes peuvent-ils aider à faire émerger une Turquie plus démocratique et soucieuse de lenvironnement ?

 

1. Situation politique

a) Les forces en présence avant l’élection présidentielle du 10 août 2014

Depuis les élections législatives de 2011, seuls quatre partis sont présents au parlement turc qui n’est composé que d’une seule chambre élue au suffrage universel direct à la proportionnelle mais sur des circonscriptions régionales[1]. Du fait d’un barrage fixé à 10% au niveau national pour entrer au parlement, de nombreuses formations de taille moyenne ont disparu et aucune force nouvelle n’a pu émerger depuis 15 ans.

Le parti de la Justice et du Développement (AKP, 327 sièges) du président (alors premier ministre) Recep Tayyip Erdoğan, de droite, libéral économiquement et islamo-conservateur sur les questions de société, détient la majorité absolue pour la troisième fois d’affilée. Au niveau européen, l’AKP a quitté le PPE pour rejoindre la formation des Tories britanniques (AECR).

Affiche de campagne de Recep Tayyip Erdogan
Affiche de campagne de Recep Tayyip Erdogan

L’opposition est composée par ordre décroissant :

  • du Parti Populaire de la République (CHP, 130 sièges), parti historique du fondateur de la République, Mustapha Kemal Atatürk, membre du Parti Socialiste Européen. Laïciste et jacobin avec de légères tendances autoritaires, le CHP bénéficie des votes de tous les Turcs inquiets d’une montée de l’islamisme, et ce quel que soit son programme, principalement car le CHP a réussi à s’imposer comme la seule alternative (plutôt) démocratique. Le CHP dispose de bastions dans les grandes villes de l’ouest (Izmir et dans une moindre mesure Ankara et Istanbul) et ne s’adresse pas au monde rural.
  • du Parti du Mouvement National (MHP, 52 sièges), parti d’extrême droite raciste qui a une assise assez forte dans le nord-est du pays, autour de la mer Noire mais aussi dans le reste du pays où le nationalisme est la conséquence logique de la construction de l’Etat-nation depuis les Jeunes-Turcs des années 1890. Le racisme du MHP ne s’exprime pas contre les étrangers (l’immigration, bien que non négligeable, est assez invisible en Turquie sauf depuis l’arrivée de plus d’un millions de réfugiés syriens) mais contre tous les habitants de Turquie ne se reconnaissant pas dans le discours officiel: les minorités ethniques (plus de 90 en Turquie, Kurdes en tête) mais aussi religieuses (les 30%? d’alévis, les chrétiens, les juifs).
  • du Parti de la Paix et de la Démocratie (BDP, 28 sièges), parti kurde mais accueillant également des membres non kurdes. Par exemple le député d’Istanbul Sirri Sürreya Önder qui est devenu très connu lorsqu’il s’est fait renverser par un bulldozer ayant pour mission d’abattre un arbre du parc Gezi, quelques jours avant les manifestations de mai 2013. Pour contourner le barrage des 10% que le BDP ne peut pas franchir, tous les candidats s’étaient présentés comme indépendants ce qui a provoqué de nombreux problèmes de visibilité voire de faux candidats. Le groupe BDP est composé à 25% de femmes (la moyenne est 14 % au parlement) et a une présidence paritaire.

Tous les autres partis politiques, y compris ceux qui ont parfois gouverné (libéraux, socialistes, intégristes…), sont totalement marginaux car en étant absent du parlement ils sont absents de l’espace médiatique.

Depuis plusieurs élections, les lignes bougent relativement peu : le CHP ne s’adresse qu’à une élite occidentalisée mais nationaliste, l’AKP aux ruraux et néo-urbains conservateurs, le MHP à des sphères plus ou moins militaires et mafieuses, et le BDP uniquement aux Kurdes. Si lors des précédentes élections l’AKP avait su s’attirer le vote des milieux d’affaire mais aussi de nombreuses minorités grâce à son discours libéral, force est de constater que ce vote étant devenu inutile à son maintien au pouvoir, Erdoğan ne se soucie plus de cet électorat, à l’exception notable du milieu du bâtiment, de l’agroalimentaire et des banques (les « tigres » anatoliens). L’opposition CHP + MHP depuis plusieurs années ne formule plus la moindre proposition et se satisfait d’un anti-erdoğanisme primaire qui leur permet de conserver à peu près leur électorat mais les rend aussi de plus en plus indifférenciés.

C’est dans ce cadre politique extrêmement figé qu’ont éclaté les manifestations de Gezi en juin 2013, en effet une part importante de la population ne se reconnait pas dans ces formations politiques dont aucune ne se saisit des questions de la défense de l’environnement ou de la qualité de vie. Si le CHP a tenté de s’accaparer le mouvement Gezi, ce mouvement a su rester informel.

En décembre 2013, un procureur d’Istanbul fait des perquisitions chez plusieurs membres du gouvernement et leur famille, y compris le fils d’Erdoğan et y trouve de très importantes sommes d’argent en liquide. Trois ministres sont forcés de démissionner, l’un d’entre eux implique directement Erdoğan mais le procureur est limogé ainsi que de très nombreux cadres de la police et de la justice, accusés d’appartenir à la confrérie de Fethullah Gülen, le Cemaat[2]. Durant les mois qui suivent, les nombreux médias appartenant à Gülen publient des enregistrements prouvant la corruption d’Erdoğan, de sa famille et de nombreux ministres. Faute de justice indépendante, aucun de ces enregistrements n’a pu être authentifié. Mais de nombreuses pistes d’enrichissement personnel sont crédibles : corruption liée à la construction et aux grands travaux (secteur en explosion en Turquie) ou trafic d’or avec l’Iran sous embargo. Ces révélations ont provoqué de grandes manifestations durant l’hiver dans la plupart des grandes villes.

Que ce soit durant Gezi ou les manifestations de l’hiver 2013-2014, Erdoğan a cessé de parler à l’ensemble de la population pour ne plus s’adresser qu’à son électorat traditionnel qui s’est largement mobilisé lors d’importantes contre-manifestations. Clairement le climat est à une polarisation de plus en plus grande la population de Turquie. Les opposants du leader de l’AKP le détestent chaque jour plus, ses sympathisants se sentent confirmés dans l’idée qu’Erdoğan et la Turquie en général sont l’objet de complots nationaux et internationaux. En effet, la Turquie est un terrain très favorable au complotisme et les climatosceptiques, les créationnistes et autres partisans des théories du complot y ont un écho incroyable. Malgré cette polarisation, l’AKP a largement remporté les élections municipales et régionales de mars 2014 avec plus de 43 % des voix, et de très nombreuses mairies (800 sur 1351) et présidences de région.

L’AKP est donc parti en campagne présidentielle avec tous les pouvoirs politiques en main mais aussi un soutien médiatique important. L’armée qui avait longtemps fait la pluie et le beau temps sur le paysage politique turc n’est plus un contre-pouvoir. Il faut bien sûr s’en réjouir car un régime militaire ne pourra jamais devenir une démocratie, mais il faut aussi voir qu’Erdoğan a finement utilisé les chapitres de la procédure d’adhésion à l’UE qui l’arrangeaient. De la même façon, la justice qui dépassait trop souvent les bornes en interdisant des partis politiques et en condamnant de très nombreux intellectuels et politiques, a perdu son influence sur la sphère politique, ce qui est une bonne chose, mais elle est devenue assujettie au gouvernement. Bref Erdoğan profite à plein d’une constitution antidémocratique instituée par le coup d’Etat militaire de 1982 et que les démocrates ont refusé de modifier en y voyant une barrage anti-AKP. Depuis, grâce au référendum de 2010, la constitution a évolué dans un sens paradoxalement plus démocratique sur certains sujets mais aussi très favorable au régime en place.

Ekmeleddin Ihsanoğlu, candidat commun CHP-MHP
Ekmeleddin Ihsanoğlu, candidat commun CHP-MHP

b) La campagne

Jusqu’aux élections locales de mars, l’AKP n’avait pas encore désigné de candidat pour l’élection présidentielle du mois d’août, hésitant à reconduire le sortant Abdullah Gül, considéré comme plus consensuel, ou le premier ministre Erdoğan. Fort de son succès de mars, Erdoğan annonce sa candidature le 1er juillet et affirme que s’il est élu il modifiera la constitution pour établir un régime présidentiel sitôt qu’il aura la majorité suffisante au parlement (3/5e, qu’il n’a pas).

L’opposition est en pleine déroute et malgré des tensions internes fortes, le président du CHP décide le 16 juin de présenter un candidat commun avec le MHP : un parfait inconnu, Ekmeleddin Ihsanoğlu. Universitaire et diplomate, il a été durant dix ans le secrétaire général de l’Organisation de la Conférence Islamique. Cette alliance contre nature entre un parti nationaliste et un membre du Parti Socialiste Européen (dont on attend toujours la réaction) était la conséquence logique du front anti-Erdoğan de mars où le CHP et le MHP on appelé à voter l’un pour l’autre dans leurs bastions respectifs. L’excuse officielle à cet appel incroyable est le mode de scrutin des élections locales qui, s’il est proportionnel dans l’attribution du nombre de sièges, confie l’ensemble de l’exécutif au parti arrivé en tête, même sans majorité absolue. Il faut dire que ce mode de scrutin a longtemps bien servi le CHP qui s’est donc empressé de ne pas le changer lorsqu’il en avait la possibilité.

De son côté, le BDP concrétise des discussions qui ont lieu depuis de nombreuses années et fonde la plateforme Parti Démocratique des Peuples (HDP) qui réunit, outre le BDP, le Parti Vert Turc (YSGP) et trois partis de gauche marxiste ou trotskiste. Si l’alliance existe formellement depuis 2012, c’est la première fois qu’elle est vraiment mise en avant. Le candidat choisi le 30 juin, Selahattin Demirtaş, député et coprésident du HDP, est issu du BDP et n’est pas très connu à l’extérieur des cercles kurdes.

La campagne électorale est extrêmement inégale : Erdoğan dispose de moyens économiques écrasants et ne se prive pas d’utiliser l’administration, les édifices publics et les médias publics pour faire campagne. Les thèmes qu’il aborde sont très patriotiques : la grandeur de la Turquie, les grands travaux, son leadership. Le candidat de gauche et d’extrême droite a forcément du mal à faire campagne, à chaque fois qu’il dit quelque chose il est forcé de se dédire le lendemain, principalement sur les questions liées aux minorités. Finalement la campagne se concentre sur la critique de la personne d’Erdoğan et un jeu de mot de mauvaise qualité entre son prénom, Ekmeleddin, le mot pain (ekmek) et le verbe semer (ekmek aussi).

Selahattin Demirtaş dispose de moyens très limités. Mais en meeting il se révèle incroyablement charismatique et réussit à attirer l’attention des médias classiques. Plutôt que de parler de l’AKP, Demirtaş présente son programme : les droits des minorités ethniques et religieuses mais aussi sexuelles, le vivre ensemble, le vivre mieux, la jeunesse et surtout la protection de l’environnement, qu’il est le seul à aborder. Sa campagne est également la plus moderne et utilise très largement les réseaux sociaux (400 000 followers sur Twitter, le double de Cécile Duflot) et les actions participatives : on a vu ici et là des posters artisanaux peints à la main. Malheureusement la campagne est très courte, à peine plus d’un mois, et la dynamique est donc un peu stoppée prématurément.

Selahattin Demirtas, candidat de la plateforme Parti Démocratique des Peuples (HDP)
Selahattin Demirtas, candidat de la plateforme Parti Démocratique des Peuples (HDP)

c) Les résultats

Erdoğan a remporté l’élection dès le premier tour avec 51,79% des suffrages exprimés. Il est bien évidemment le grand vainqueur. Mais certains faits sont à noter. En nombre de voix, avec 21 millions de suffrages, Erdoğan perd tout de même 400 000 voix depuis les élections générales de 2011 (mais en gagne 1,5 million par rapport à mars). Si c’est bien sûr remarquable de gagner dès le premier tour, le score d’Erdoğan est moins élevé que ce que prédisaient les sondages qui le créditaient de 55 à 60% des voix. Une victoire au premier tour lui permet de faire taire voire de se débarrasser des ses opposants au sein de son parti, à commencer par l’ancien président Gül. En revanche ce n’est pas la vague Erdoğan annoncée et dissoudre l’Assemblée pour espérer avoir 60% des sièges et réécrire la constitution semble hasardeux. Erdoğan devra donc se contenter de placer un fidèle, Ahmet Davutoğlu, ancien chef de la diplomatie, à la tête du gouvernement.

L’alliance CHP + MHP a été un très mauvais calcul puisque le candidat commun n’a récolté que 15,6 millions de voix (38,44%), soit beaucoup moins que les 19,5 millions que les deux partis avaient récoltés séparément en mars 2014 ou même les 16,8 millions de 2011.

Si le résultat de Demirtaş peut sembler modeste (4 millions de voix, 9,76%), c’est en fait un très grand succès et une très forte progression par rapport à mars (2 millions de voix, 4,51% pour le BDP et 0,9 million pour le HDP) ou à 2011 (2,8 millions de votes pour les indépendants mais qui n’étaient pas tous du BDP). Surtout, c’est la première fois qu’un candidat kurde perce à l’extérieur des régions du Kurdistan. A Istanbul, Demirtaş fait un score deux fois plus élevé qu’en mars et trois fois plus à Izmir. Et ceci n’affecte pas du tout ses résultats au Kurdistan, bien au contraire : à Diyarbakır par exemple, le score du BDP/HDP passe de 55% à 64% entre mars et août. Bien que certains éditorialistes aient cherché à minimiser ces résultats, de nombreux observateurs s’accordent pour dire que c’est un tournant dans la politique turque. D’ailleurs le CHP ne s’y trompe pas et concentre maintenant ses attaques médiatiques contre Demirtaş.

Ahmet Davutoglu, Premier ministre turc
Ahmet Davutoglu, Premier ministre turc

d) Le futur

Si la victoire électorale est indéniable, cela ne signifie pas que l’avenir d’Erdoğan soit simple. La situation diplomatique de la Turquie devient très compliquée avec des relations de plus en plus confuses avec tous ses voisins : arrêt total des négociations d’adhésion à l’UE, opposition à El Assad en Syrie, liens fluctuants avec le Kurdistan irakien, grande confusion autour des otages turcs (49 diplomates) récemment libérés par l’Etat Islamique, impasse des relations avec Israël, trafic d’or avec l’Iran, opposition à Poutine sur la question de la Crimée où vit une population turcophone tatare, etc. Il est trop tôt pour dire si la nomination de nouveaux ministres des Affaires étrangères et des Affaires européennes est le signe d’un changement de politique étrangère. Les relations vis-à-vis de l’Europe restent incertaines mais puisqu’Erdoğan est pragmatique et opportuniste, s’il voit qu’il a des chances de faire aboutir l’adhésion, il pourrait s’y atteler. Il a d’ailleurs déclaré vouloir une adhésion pour 2023 (centenaire de la République de Turquie).

A l’intérieur, la Turquie rencontre de nombreux problèmes à gérer les réfugiés syriens (près d’un million) : les camps sont pleins, et les rues d’Istanbul sont malheureusement remplies d’enfants mendiants venus de Syrie.

Par ailleurs, pris d’une folie constructrice, Erdoğan fait bâtir partout. Si certains équipements sont nécessaires (routes, canalisations, hôpitaux), il est clair qu’une bulle immobilière gonfle à toute allure en Turquie, menaçant l’économie du pays. Par ailleurs, les liens entre le milieu du BTP et la famille Erdoğan font craindre une corruption massive. La nature et le cadre de vie des Turcs font malheureusement les frais de cette soif de construction : de nombreux sites classés au patrimoine mondial de l’humanité sont menacés, l’ensemble de la faune et de la flore de la mer de Marmara voire de la mer Egée et de la mer Noire risquent la disparition[3], les approvisionnements en eaux des grandes villes sont incertains etc.

Concernant les formations politiques, de nombreuses tensions sont d’ores et déjà apparues au sein du CHP dont plusieurs cadres ont demandé la tête du secrétaire national. Ces tensions entre tenants d’une ligne moins nationaliste et laïciste et ceux très accrochés à la ligne historique ne sont pas nouvelles, et il n’est pas évident que les « rebelles » auront le courage de fonder un autre parti car le barrage à 10 % pourrait les éliminer totalement du jeu politique et donner leurs sièges au parti arrivé en tête (probablement l’AKP). L’histoire récente de la politique turque regorge malheureusement d’exemples.

Au sein de l’AKP, les voix discordantes qui gravitent autour de l’ancien président se taisent pour le moment, bien obligées d’accepter la victoire d’Erdoğan. Mais nombreux sont ceux qui n’apprécient pas son autoritarisme. Une fronde de palais pourrait avoir lieu le jour où Erdoğan tentera de modifier la constitution mais il est peu vraisemblable que l’AKP se scinde avant les élections générales de septembre 2015. En attendant, Erdoğan a placé ses fidèles au gouvernement. L’ancien chef de la diplomatie, Ahmet Davutoğlu, est le premier ministre d’un gouvernement presque identique au précédent avec seulement quatre entrants (et toujours une seule femme sur 26 ministres).

Pour le HDP, la question cruciale sera donc de savoir si la coalition va réussir à prospérer ensemble et surtout à aborder sur une liste commune les élections générales. En effet, avec 9,7 % des voix, le barrage national des 10 % ne semble plus infranchissable si la dynamique s’amplifie. Le pari est risqué mais permettrait aussi d’enclencher une nouvelle dynamique et d’attirer définitivement les déçus du CHP. C’est aussi une chance pour les autres composantes du HDP de s’implanter nationalement. Le futur de la Turquie semble relativement sombre et en même temps il y a de l’espoir car la société civile est très active comme l’a montré le mouvement de Gezi et une nouvelle offre politique crédible de gauche et écologiste se dessine.

Affiche du parti YSGP
Affiche du parti YSGP

 

2. Perspectives d’action écologiste

Dans cette configuration, le parti vert turc : Yeşiller ve Sol Gelecek partisi (YSGP, les verts et le parti de l’avenir de gauche) qui est né il y a deux ans de la fusion avec un parti de gauche très axé sur les droits des minorités (EDP, le parti de l’égalité et de la démocratie), a toutes les chances de devenir la composante non-ethnique du HDP, celle qui peut convaincre les électeurs non-kurdes de voter pour ce rassemblement. Les autres composantes du HDP, toutes communistes, risquent d’être des repoussoirs dans les milieux ruraux turcs très anti-communistes mais peuvent attirer des étudiants des grandes villes. EELV a les moyens de soutenir les écologistes turcs par divers moyens.

 

a) Visibilité médiatique

Le YSGP présente sa candidature pour devenir membre à part entière du Parti Vert Européen (et non plus observateur) lors du conseil du PVE qui aura lieu à Istanbul du 7 au 9 novembre[4]. Non seulement il est important que la délégation Française accepte cette candidature mais il serait aussi très bienvenu qu’EELV établisse plus de contacts avec le YSGP. Lors des événements de Gezi, les deux secrétaires nationaux des Grünen allemands s’étaient rendus à Istanbul aux côtés des Verts turcs et ils ont grandement contribué à la visibilité de YSGP en Turquie. A la même période, des élus verts irlandais et autrichiens sont également allés à Istanbul. Si des contacts existent entre YSGP, Esther Benbassa et Hélène Flautre, des contacts plus systématiques entre les deux partis pourraient être très bénéfiques médiatiquement pour le YSGP et montrer aux médias turcs que le parti appartient à un grand mouvement européen et n’est pas une officine marginale.

 

b) Au Parlement Européen

Les événements de Gezi puis les manifestations anti-corruption prouvent bien que la population turque aspire à plus de liberté, de démocratie. C’est pourquoi il est important de continuer à porter les demandes d’Hélène Flautre[5] concernant le dégel des chapitres 23 (Appareil judiciaire et droits fondamentaux) et 24 (Justice, liberté et sécurité) et la poursuite des efforts sur le chapitre 27 (Environnement) des négociations d’adhésion à l’Union Européenne. Ces trois chapitres ne sont pas de ceux qui rendent l’adhésion irréversible et il devrait être possible de trouver une majorité pour lever les blocages grecs et chypriotes. Malheureusement, il n’y a plus de Vert français à la Délégation à la commission parlementaire mixte UE-Turquie.

 

Il est également important que les élu/es au Parlement Européen cherchent à bloquer les fonds de la Banque Européenne d’Investissement et la Banque Europénne pour la Reconstruction et le Développement allant vers des projets menaçant des sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO tels que le tunnel Avrasya. Il n’est pas acceptable que des fonds publics européens participent à la destruction du patrimoine turc et encore moins que cet argent serve à corrompre des fonctionnaires ou des élus.

 

c) En France

Les Verts turcs sont confrontés à de nombreux Grands Projets Inutiles et Imposés (GPII), thème sur lequel EELV a acquis de nombreuses connaissances. Espérons que la délégation EELV qui se rendra en Turquie songera à établir des contacts pérennes. Il pourrait être intéressant de créer les conditions d’un transfert de compétences de ceux qui ont travaillé sur Notre-Dame-des-Landes par exemple. La région Hors de France contribue déjà à établir des liens entre les Verts norvégiens et turcs sur la question des centrales hydroélectriques.

Par ailleurs, dans de très nombreux GPII on retrouve souvent des entreprises françaises[6] et EELV pourrait donc intervenir directement auprès des ces compagnies. Suite à une campagne internationale menée par des ONG, Alstom et la Société Générale se sont retirés du projet de barrage à Ilisu. Ce type de succès doit être réitéré car en plus des questions environnementales, il y a malheureusement souvent aussi des affaires de corruption.

Concernant le génocide arménien, 2015 marquera la commémoration du centenaire des massacres. C’est un sujet sur lequel la Turquie évolue beaucoup en ce moment et il serait très positif qu’EELV essaye de donner de la visibilité à celles et ceux qui, en Turquie, travaillent sur la question : YSGP, fondation Hrant Dink, etc. De même, sur les problématiques ayant trait aux droits des minorités – Kurdes, Alévis, Lazes, etc. -, il serait pertinent de s’appuyer sur le travail du YSGP et du HDP et non pas uniquement sur les diasporas vivant en France. Il est en effet primordial que les écologistes montrent qu’ils œuvrent pour l’amélioration de la situation de tou/tes en Turquie.

Timur Delahaye, 26 septembre 2014

Drapeaux du parti vert turc Yesiller dans une manifestation
Drapeaux du parti vert turc Yesiller dans une manifestation

[1] Les régions d’Istanbul, d’Ankara et d’Izmir sont divisées en respectivement 3, 2 et 2 circonscriptions, pour empêcher les petits partis de récupérer trop de sièges.

[2] Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis, est à la tête d’une fortune fondée sur un réseau d’écoles coraniques, d’écoles privées de cours du soir (passage obligatoire pour entre à l’université) et d’écoles turques à l’étranger. Pour des raisons peu claires, Erdoğan a décidé d’attaquer cet ancien allié en encadrant très fortement les écoles de cours du soir. Un portrait intéressant de Gülen est disponible en anglais ici.

[3] Voir l’article dans Nature, Sept. 2014 : http://www.nature.com/news/istanbulcanalneedsenvironmentalstudy1.15981

[4] http://europeangreens.eu/istanbul2014/

[5] http://www.greensefa.eu/de/manifestationsenturquie9974.html

[6] https://horsdefrance.eelv.fr/2013/08/26/grandsprojetsinutilesetimposesenturquie/

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Reconnaissance de la Palestine : le temps est venu https://transnationale.eelv.fr/2014/10/17/reconnaissance-de-la-palestine-le-temps-est-venu/ Fri, 17 Oct 2014 20:07:10 +0000 http://transnationale.eelv.fr/?p=4180 Lire la suite]]> Communiqué de presse d’Europe Ecologie – Les Verts du 17 octobre 2014

Europe Ecologie – Les Verts participera, samedi 18 octobre, à l’initiative de nombreuses associations, au rassemblement pour la Palestine qui se déroulera à partir de 14h place de la République à Paris.

Les écologistes expriment à cette occasion toute leur solidarité avec la cause palestinienne, après une année particulièrement meurtrière qui aura entrainée la mort de plus de 2000 civils dans le silence complice de la communauté internationale.

La poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie et la levée seulement partielle du blocus à Gaza menacent un cessez-le-feu déjà précaire et fragilisent un peu plus le processus de paix.

EELV appelle la France à prendre ses responsabilités et à acter rapidement la reconnaissance de Etat palestinien, à l’instar de ce qu’à fait la Suède récemment.

Un premier pas a été franchi en 2012 avec la reconnaissance de la Palestine comme membre observateur de l’ONU. Aujourd’hui, ce sont près de 134 Etats qui reconnaissent l’Etat palestinien, soit 70% des membres de l’ONU. Les puissances occidentales, à commencer par l’Union européenne et la France, font donc partie des derniers réfractaires.

Il est temps désormais «pour la patrie des droits de l’homme» de se montrer à la hauteur des enjeux et de prendre sa part à la construction d’une paix durable dans toute la région.
Au delà de la charge symbolique d’une telle décision, la reconnaissance d’un Etat palestinien par la France serait un signal fort dans la perspective de la création de deux Etats, seule solution viable pour résoudre le conflit israélo-palestinien qui a trop duré.

Julien Bayou, Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux

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Daesh : à quoi joue la France dans la région ? https://transnationale.eelv.fr/2014/10/02/daesh-a-quoi-joue-la-france-dans-la-region/ Thu, 02 Oct 2014 21:45:52 +0000 http://transnationale.eelv.fr/?p=4082 Lire la suite]]> Alors que les troupes de Daesh s’approchent inexorablement de la ville syrienne kurde de Kobané à la frontière avec la Turquie, la situation est critique et EELV s’interroge sur la stratégie française.

On compte déjà des centaines de milliers de déplacés et la chute de Kobané constituerait une défaite symbolique majeure dans la tentative de circonscrire l’avancée de ces groupes aux pratiques barbares. EELV s’inquiète pour le sort des plus de 1,5 million de Kurdes syriens qui vivent dans la région et qui pourraient subir la menace djihadiste.

Le président de la République a décidé – sans débat au parlement – d’entraîner la France dans la coalition contre Daesh. Mais les frappes sont dénoncées comme ne servant pratiquement à rien et n’ont pas semblé freiner Daesh dans son avancée.

EELV appelle le président et le ministère des affaires étrangères à enfin recevoir les organisations kurdes de France pour échanger avec elles sur la meilleure manière de soutenir les kurdes, principal rempart contre l’avancée de Daesh en Irak et en Syrie.

Au sein de la coalition, la France doit faire entendre sa voix pour que des sanctions soient prises à l’égard des Etats soutiens de Daesh qui achètent son pétrole ou le financent et l’arment directement.

Dans l’immédiat, alors que la Turquie décide de sa participation dans la coalition, la France et l’Union Européenne doivent prendre des mesures humanitaires d’urgence pour protéger la population de Kobanê et aider la Turquie à accueillir les centaines de milliers de réfugiés.

Julien Bayou et Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux

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