Politiques publiques – Commission Culture https://culture.eelv.fr Site Officiel de la Commission Culture EELV Fri, 23 Sep 2016 11:46:57 +0200 fr-FR hourly 1 Auvergne Rhône-Alpes https://culture.eelv.fr/2015/11/20/auvergne-rhone-alpes/ Fri, 20 Nov 2015 19:43:43 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=4159 Emancipation, citoyenneté : deux mots clés de notre projet de société 1ère partie : Dans une période troublée, où les conservatismes, voire les fanatismes d’un autre temps sont exprimés par certains sans aucune retenue, les écologistes répondent par des propositions concrètes, soit très simples, soit très ambitieuses. ...]]>

Emancipation, citoyenneté : deux mots clés de notre projet de société

1ère partie :

Dans une période troublée, où les conservatismes, voire les fanatismes d’un autre temps sont exprimés par certains sans aucune retenue, les écologistes répondent par des propositions concrètes, soit très simples, soit très ambitieuses.

Les défis sociaux et sociétaux auxquels nous sommes confrontés nous amènent à affirmer avec force qu’il est urgent de miser sur l’intelligence, l’émancipation et la coopération pour une société plus juste et ouverte.

L’éducation, la culture et les arts, la liberté d’association, d’expression sont autant de moyens à mettre en œuvre au service d’un projet de société écologiste et citoyen.

 

1/ Développer les lieux intermédiaires, les soutenir et les valoriser :

Lieux de vie, de partage, de détente ce sont des espaces pluridisciplinaires, ouverts à tous : amateurs, simples amoureux, professionnels, artistes qui souhaitent contribuer aux biens communs.

Nouveaux espaces où l’on peut à la fois avoir accès à :

  • des pratiques numériques (télétravail, coworking, fablab…),
  • des produits de circuits courts,
  • des offres culturelles (lecture, écoute ou pratique de la musique, ateliers d’écriture…)

Nouveaux lieux :

  • de formation et/ou d’accompagnement des plus exclus,
  • de partage de savoir-faire (jardinage, bricolage, mécanique…),
  • d’élaboration de projets (professionnels ou bénévoles…).

Et aussi lieux où l’on peut boire un verre…

Ces lieux « sans frontières » sont particulièrement pertinents en milieu rural et périurbain, parfois peu équipés en espaces de socialisation ouverts.

Des lieux intermédiaires de ce type pourraient être expérimentés dans quelques lycées et médiathèques.

Ceci entrainerait une évolution de certains métiers (bibliothécaires, conservateurs de musées entre autres) qui devrait alors être co-construite et accompagnée. De nouveaux emplois de médiation seraient nécessaires.

Ces nouveaux lieux non spécialisés génèrent des économies de fonctionnement.

Pour leur financement, la région pourrait venir en apport de crowfunding sur la base de 1€ de la Région pour 1€ de financement participatif, ce qui permet d’impliquer les citoyens en les rendant acteurs de leur vie.

2/ Défendre la liberté, l’autonomie d’expression et d’information comme des droits fondamentaux par des supports interactifs et citoyens.

Dans un contexte de mise sous tutelles de tous les organes d’information, de société de contrôle de toutes les expressions, il est primordial de promouvoir les medias citoyens et associatifs.

La Région accompagnera toutes les initiatives qui œuvrent à créer ces espaces de liberté et d’expression et sera attentive à la qualité et à l’exigence des contenus : journaux participatifs en ligne, télévision participative de quartier ou de bassin de vie, « films pocket », musiques collaboratives en streaming…

La Région s’appuiera, entre autres, sur le groupement des médias associatifs et participatifs nommés Médias Citoyens (dont l’utilité sociale est reconnue par l’Union Européenne depuis 2008). D’une part, le Conseil régional apportera une aide au groupement afin de le conforter, d’assurer sa pérennité, lui permettre de se développer, faciliter sa montée en compétences. D’autre part, ce groupement pourra utilement accompagner les initiatives de création de réseaux sociaux, de medias citoyens par les lycéens et les apprentis autour d’objectifs tels que : développer l’engagement, la vie lycéenne, les démarches éco responsables, sensibiliser au handicap, sensibiliser et lutter contre toutes formes de discriminations, les stéréotypes, les violences sexuelles, verbales ou physiques, échanger autour de films (ciné-club), livres, musique…

L’ouverture des données publiques (open data) en permet l’accessibilité à tous les citoyens et acteurs locaux. Leur réutilisation et la coproduction de données citoyennes visant la création de nouveaux services socialement utiles nécessiteront un accompagnement du conseil régional (laboratoires de réflexion, accompagnement humain ou financier…).

3/ Soutenir les langues et cultures régionales et des immigrations.

Création d’une « Maison des peuplements et des cultures régionales » (musée, espace d’échanges et de conférences, lieu d’exposition…) qui s’appuie notamment sur les langues et cultures régionales (occitan, franco-provençal), mais également sur l’histoire des migrations qui ont contribué à peupler et développer la région Auvergne-Rhône-Alpes…

Ce centre culturel régional devra proposer aussi des expositions, conférences, forums… itinérants afin de garantir une large couverture territoriale, y compris en milieu rural.

Et pourquoi pas créer une «maison virtuelle» afin de partager les ressources et de dynamiser les initiatives partout sur le territoire régional ?

4/ Accompagner et soutenir les projets de création d’activité économique par les jeunes

L’implantation territorialisée de Maisons des initiatives dans lesquelles se retrouveraient aussi bien les services de la Mission locale, les boutiques de gestion (BGE) ou encore les services du CRIJ (centre régional d’information jeunesse)… permettrait d’encourager les initiatives et de mieux accompagner des projets de création d’activités économiques par les jeunes. Des dispositifs permettant de financer un salaire (base SMIC) pendant six mois, correspondant à la phase de montage du projet, de faciliter les mises en relations avec les financeurs et les divers organismes… devront être élaborés avec l’ensemble des partenaires.

Une priorité sera accordée aux jeunes disposant de moins d’opportunités, à ceux qui sont moins formés et plus éloignés de l’emploi du fait de difficultés de mobilité et/ou parce que particulièrement confrontés aux processus de distanciation sociale et de discrimination (ethnique, territoriale, genrée…).

5/ Accompagner et soutenir l’accueil de jeunes en service civique volontaire au sein d’associations d’utilité sociale…

…dans les quartiers populaires et les villages. Il s’agit de faciliter/simplifier les procédures administratives (agrément, gestion administrative…) et de soutenir financièrement l’accueil de jeunes volontaires (bourse déplacement / mobilité, formation…) en complément des mesures mises en place par l’Etat.

 

2ème partie :

La culture au cœur de la transformation écologique et sociale d’Auvergne Rhône Alpes

A l’heure où les contraintes budgétaires conduisent des collectivités à se désengager du secteur culturel, il est nécessaire de modifier les éléments d’analyse. La culture ne doit pas être considérée simplement au regard de ce qu’elle coûte mais en intégrant la plus-value qu’elle apporte.

Elle constitue le ciment de toute société, ce qui fait lien et sens.

Elle devrait donc être au cœur de toutes les politiques publiques comme un fil rouge : économie, agriculture, logement, éducation, urbanisme, aménagement du territoire… En fait, elle traverse tous les domaines du vivre et créer ensemble les biens communs.

Les arts et la culture sont pour toute personne :

  • une source d’émancipation et d’épanouissement,
  • une richesse pour développer l’esprit critique et la citoyenneté active,
  • un besoin fondamental,
  • un service rendu quels que soient son lieu de vie et son statut social.

La culture est pour tout territoire de vie :

  • un levier économique,
  • un facteur de vitalité,
  • un atout indispensable à l’accueil et au maintien d’habitants.

L’art c’est aussi du travail. La culture et le patrimoine, c’est aussi un fort potentiel de création ou de maintien d’activités et d’emplois non délocalisables.

Un projet culturel citoyen doit permettre à chacune et chacun, quels que soit son lieu de vie et sa situation personnelle, l’accès à la qualité (l’excellence) artistique.

Un projet culturel citoyen nécessite de se donner les moyens d’offrir à chaque citoyenne / citoyen les clés de telle ou telle proposition artistique.

Un projet culturel citoyen nécessite la création de passerelles entre :

  • populations diverses (par leur origine sociale, culturelle, géographique…),
  • générations,
  • professionnels et étudiants, futurs professionnels ayant besoin de compagnonnage pour démarrer leur activité artistique dans de bonnes conditions,
  • professionnels et amateurs,
  • pratiques artistiques (transdisciplinarité, pluridisciplinarité…),

1/ Soutenir l’entreprenariat dans les secteurs de la culture et du patrimoine

L’économie sociale et solidaire constitue un modèle économique pertinent dans ces domaines : elle doit être fortement soutenue. Groupements d’employeurs, mutualisations, coopérations et solidarités bancaires doivent être accompagnés par la Région.

Dans le secteur des industries culturelles et créatives, il convient d’aider à l’étude de faisabilité et à la création d’entreprises et d’accompagner des projets de création partout dans la région (possible avec le déploiement du très haut débit), avec une attention particulière aux territoires ruraux. De plus, une réflexion sur la question des imaginaires doit être conduite en relation avec une commission indépendante, notamment dans le domaine des jeux vidéos.

Les entreprises intervenant sur le patrimoine bâti, les métiers de l’artisanat dont l’artisanat d’art, les arts appliqués, le design… sont porteuses de développement économique : il convient de mettre en œuvre une nouvelle méthode d’accompagnement pour assurer leur pérennité.

2/ Développer des projets culturels et s’appuyer sur des conseils culturels de territoires :

La culture est un facteur essentiel du développement durable d’un territoire, au service de ses habitants et de son attractivité. L’offre et les pratiques artistiques, l’amélioration des équipements, la professionnalisation des acteurs…sont des éléments clés pour que la culture soit présente partout, jusque dans les territoires très ruraux.

Le conseil régional se propose de généraliser dans toute la grande région la méthode expérimentée sur sept ans en Auvergne. A l’échelle d’un territoire de projets (en Auvergne, c’est le pays qui a été retenu jusque-là), élaborer des projets culturels prenant en compte les attentes et les spécificités de cet ilot local de vie (regroupant plusieurs communautés de communes). Les conditions d’une réelle concertation Conseil régional et pays et d’une co-construction peuvent être réunies en créant ou en confortantles conseils culturels de territoires.

Ces conseils culturels de territoires sont composés d’élus, de techniciens, d’agents de développement culturel, d’acteurs culturels du territoire (structures, artistes, acteurs de l’éducation populaire…) auxquels peuvent être associés des représentants d’établissements scolaires. La participation citoyenne à cette instance est indispensable.

3/ Favoriser et accompagner la création artistique :

Quel avenir pourrait avoir une région sans créateurs ? Sûrement pas très brillant : manque de dynamisme, baisse de potentiel économique, manque d’attractivité…

L’innovation technologique et la création artistique sont les deux facettes des métiers de la création. Les deux sont indispensables pour donner l’élan et impulser des projets.

La région se doit de soutenir la création artistique sous toutes ses formes (théâtre, danse, arts plastiques, cinéma, musiques, arts de la rue, cirque, chanson, vidéos, écriture, poésie, etc.), favoriser l’émergence de nouveaux talents tout en veillant à respecter la liberté de l’artiste.

Le soutien peut se faire sous forme d’accompagnement à des équipes artistiques sur deux ou trois années ou en réponse à des appels à projets réguliers. L’analyse des projets de création pourra être faite par un groupe de personnes issues d’horizons très variés (programmateurs de grandes scènes et de territoires ruraux, représentants de structures culturelles spécialisées dans tel ou tel domaine, des agences culturelles régionales, d’acteurs de l’éducation populaire, des agents du service culture… et à imaginer sous quelle forme : de citoyens).

4/ Redonner une place aux arts appliqués, aux sciences et techniques

Force est de constater que ces « disciplines » sont les parents pauvres des politiques culturelles. Or, avec le décloisonnement et les pratiques croisées des acteurs, de nouvelles approches sont indispensables.

Cette volonté nouvelle s’appuiera au départ sur un appel à projets d’innovation sociale. Les projets devront être conçus sur le croisement entre disciplines dites « artistiques » et disciplines scientifiques et techniques. Ils devront également développer des synergies et des mises en réseau entre lycées généraux, professionnels, agricoles et universités et associer des entreprises de l’ESS et/ou éco-responsables.

 

 

 

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Bretagne https://culture.eelv.fr/2015/11/20/bretagne/ Fri, 20 Nov 2015 19:36:31 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=4154 Une politique culturelle inclusive, participative et facilitant l'emploi culturel   Protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles: affirmer l’égale dignité de toutes les cultures, soutenir les structures œuvrant à la préservation et à la transmission du patrimoine immatériel de la Bretagne, soutenir les expressions et les modes de transmission des cultures du monde, soutenir l’émergence de nouvelles formes d’expressions artistiques, permettre leur accessibilité, leur donner une place dans la vie culturelle. ...]]>

Une politique culturelle inclusive,

participative

et facilitant l’emploi culturel

 

  • Protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles: affirmer l’égale dignité de toutes les cultures, soutenir les structures œuvrant à la préservation et à la transmission du patrimoine immatériel de la Bretagne, soutenir les expressions et les modes de transmission des cultures du monde, soutenir l’émergence de nouvelles formes d’expressions artistiques, permettre leur accessibilité, leur donner une place dans la vie culturelle.
  • Respecter les droits culturels de la personne : participer à la vie culturelle, liberté d’expression et de création, accès à l’éducation et à la formation artistique, égale dignité et liberté des identités culturelles
  • Développer la coopération culturelle entre les collectivités bretonnes en s’appuyant sur le nouveau Conseil des Collectivités pour la Culture en Bretagne
  • Soutenir l’économie sociale et solidaire dans le secteur culturel: soutenir financièrement les initiatives et les créations d’entreprises culturelles qui s’inscrivent dans une démarche d’économie sociale et solidaire : statuts coopératifs d’entreprises, emplois partagés, solidarité bancaire, espaces de travail partagés, incubateurs, mise en réseaux d’acteurs…
  • Faciliter l’activité des entreprises culturelles, et l’émergence de nouveaux modèles économiques (artothèque, paniers d’art, mutualisation d’outils et d’espaces de travail communs, le développement et gestion de biens communs culturels), notamment les entreprises d’artisanat d’art et travaillant sur les nouveaux usages numériques
  • Sécuriser les parcours professionnels des artistes et des salariés de la culture. La loi NOTRe donne la possibilité au Conseil régional d’obtenir de l’Etat la délégation de la politique de l’emploi, c’est-à-dire de la coordination des acteurs régionaux du service public de l’emploi : demander à ces acteurs régionaux qu’ils s’engagent, à travers une «charte régionale d’accompagnement de l’emploi artistique », à mieux conseiller et sécuriser les parcours de nos artistes, y compris lorsqu’ils doivent évoluer entre statut professionnel et statut amateur, à leur assurer la disponibilité d’un médiateur, à leur garantir l’accès à la formation continue ;
  • Poursuivre le dispositif des emplois associatifs d’intérêt régionalen accompagnant les structures pour la pérennisation des emplois;
  • Favoriser les initiatives de groupements d’employeurs et les emplois partagés.
  • Valoriser et faciliter l’activité des métiers d’art: impulser des actions innovantes et de diffusion des métiers d’art bretons ; faciliter l’accès à des espaces de travail, d’accueil des publics et de monstration ; soutenir les initiatives mêlant métiers d’art et développement durable (comme le mouvement Slow Made).
  • Soutenir les activités d’éducation artistique et culturelle dans les lycées, en permettant des parcours de sensibilisation et de pratique amateur dans différentes disciplines artistiques, et temps de rencontres avec des professionnels du secteur culturel
  • Améliorer la connaissance du patrimoine breton, historique et naturel, par le soutien aux structures organisatrices de chantiers de bénévoles, offrant aux jeunes des expériences d’autonomie, de sensibilisation au patrimoine et de transmission de savoir-faire.
  • Encourager les comportements éco-citoyens dans la vie culturelle, en conditionnant les aides de la Région à des critères sociaux et environnementaux.
  • Soutenir tous les ans la production d’une grande exposition d’art d’envergure internationale. Proposée dans une ville différente chaque année, cette exposition sera à la fois une évènement artistique d’envergure et une opération de rayonnement pour toute la Bretagne.
  • Revendiquer vis-à-vis de l’Etat l’autonomisation et une gouvernance partagée pour les antennes régionales de France 3 et de Radio France. Les contenus et les créneaux horaires régionaux sont les premières victimes des décisions de « rationalisation » décidés dans les sièges parisiens. A partir du modèle de France 3 Corse Via Stella, un nouveau statut est à inventer pour mettre sur pied une régionalisation de France 3 et de Radio France qui garantisse le temps d’antenne, les moyens matériels correspondant et un développement de la créativité des médias publics régionaux.
  • Soutenir les expressions des cultures bretonneet gallèse : encourager les collectivités à signer la charte Ya d’Ar Brezhoneg, soutenir les classes bilingues, diffuser les annonces en breton et en gallo dans les TER, soutenir les festivals et les structures d’enseignement et de pratiques culturelles amateurs bretonnes et gallèse.
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Ile-de-France https://culture.eelv.fr/2015/11/20/ile-de-france/ Fri, 20 Nov 2015 19:23:48 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=4148 Changeons d’Air en Île-de-France CRÉER, S’EXPRIMER PARTAGER avec Emmanuelle Cosse et le rassemblement écolo et citoyen ...]]>

Changeons d’Air en Île-de-France

CRÉER, S’EXPRIMER PARTAGER

avec Emmanuelle Cosse et le rassemblement écolo et citoyen

 

Arts & Cultures

Chacun doit pouvoir s’exprimer, tous les talents doivent pouvoir se manifester, car tout le monde, avec sa propre richesse, peut apporter sa pierre à l’édifice commun. Pour que créer, s’exprimer et partager soient à la portée de tous et de toutes, la région doit lever les entraves à la création. Elle a le devoir d’ouvrir des brèches pour déployer les aptitudes et permettre à tous et à toutes l’accès à l’art et la Culture. Permettre leur épanouissement, c’est permettre le notre, et c’est aussi donner à chacun et à chacune l’opportunité de construire le sens du collectif et des valeurs communes.

Créer, s’exprimer et partager c’est également retrouver le chemin du respect et de l’écoute. C’est pourquoi les écologistes défendront toutes les cultures. Chaque culture a le devoir d’être protégée et doit pouvoir s’exprimer librement. Pour répondre à cette exigence, la région soutiendra les lieux artistiques qui ouvrent leurs portes à toutes les cultures et à toutes les pratiques culturelles. C’est une condition sine qua none à la reconnaissance de la diversité culturelle.

Pour les écologistes, la culture est une culture pour tous, les droits culturels seront reconnus, la participation des citoyens sera encouragée, la liberté créatrice sera aidée et toutes les identités culturelles seront respectées. Ils tiennent aussi à ce que la collaboration entre les artistes et les citoyens soient au cœur de leur politique. Ils instaureront un dialogue permanent avec les différents acteurs du monde culturel, valoriseront leur apport et soutiendront leur travail. Ils se battront aussi pour faire renaître une culture de proximité en répondant aux besoins des territoires et en soutenant la culture dans les territoires ruraux, les expérimentations locales et les modes d’expressions alternatifs.

Pour nous, l’espace public est un lieu de rencontres et d’échanges, où les hommes et les femmes se nourrissent intellectuellement, se consacrent aux autres, se rendent aux musées, dans les librairies, expriment leurs sentiments.. A leurs cotés des artistes indiqueront à tâtons les chemins à emprunter dans ces temps de mutation de nos repères communs, avec eux, nous pourrons explorer, ce qui fait homme et ce qui fait société.

Notre politique culturelle s’articule autour de 3 points :

  • Valoriser les initiatives artistiques locales
  • Reconnaitre le rôle de médiation de l’artiste
  • Respecter la diversité culturelle

Quelques chiffres

  • La région Ile-de-France compte 27 % des compagnies dramatiques ; 13 % des scènes nationales ; 31 % des compagnies de danse ; 22 % des écoles de musique et de danse, 22 % des enseignants et 20 % des élèves ; 18 % des salles de cinéma
  • La région représente également 49 % des emplois culturels en France et 52 % des salariés du régime de l’intermittence du spectacle
  • L’une des plus grandes réussites est la création cinématographique, plusieurs films soutenus par la région ont déjà été primés. Ces chiffres témoignent de la formidable force de vie créatrice qui anime notre région.
  • Puisqu’il faut mesurer la richesse et justifier les soutiens publics, il faut savoir que la Culture apporte autant que l’industrie alimentaire et 7 fois plus que le secteur de l’industrie automobile. Les secteurs qui contribuent le plus sont : le spectacle vivant et le patrimoine avec plus de 8 milliards chacun.

 

Principales avancées obtenues par les écologistes entre 2010-2015

Grâce aux écologistes, la région a mis en place un dispositif de soutien aux Fabriques de Culture. Son rôle est de les reconnaître et de les accompagner dans leur réalisation. Pour ce dispositif, ils ont œuvré à la reconnaissance du tiers secteur de la culture, ni public, ni privé, créé à l’initiative de la société civile, des artistes et des citoyens. Il sécurise également ces lieux d’expression et de création, par la mise en place de conventions triennales permettant aux associations de survivre et de proposer des projets sur le long terme.

Ils ont permis la création d’un nouveau dispositif de soutien aux arts de la piste et de la rue

Ils ont rendu possible le recyclage des décors du cinéma, de costumes, de matériels et d’accessoires.

Ils ont apporté leur soutien au Fonds régional d’art contemporain (FRAC), aux projets des librairies indépendantes, de l’emploi artistique dans le spectacle vivant.

 

Comprendre les enjeux

Il faut en finir avec le marketing territorial et les grands projets culturels qui assèchent les finances publiques locales. Ces investissements tournés vers les retombées économiques et touristiques ont en réalité peu d’impact sur la vie des gens et sur la construction d’un sens du collectif.

Les écologistes refusent la marchandisation de la Culture. Leur priorité est de reconnaître en chaque homme ou femme une source de richesse et de soutenir leurs créations. Cette démarche permettra la rencontre et la découverte des différentes cultures présentes sur le territoire. A ce titre, il est primordial que chacun puisse s’exprimer librement en bas de chez soi.

L’artiste, acteur de la démocratie, joue un rôle de médiateur. Il accompagne l’expression de chacun et de chacune. Il permet ce dialogue avec l’art et la Culture. Il est également le témoin critique de notre société qui interroge le vivre ensemble et nous aide à changer notre regard sur notre environnement quotidien.

Les grands projets culturels assèchent les finances publiques locales. Ces investissements tournés vers les retombées économiques et touristiques ont en réalité peu d’impact sur la vie des gens et sur la construction d’un sens du collectif.

Nos propositions

Deux priorités : la création et la médiation culturelles

 

  • Lever les entraves de la création

  1. Soutenir les initiatives locales et sociétales.

La région aura la charge de soutenir les acteurs et les structures agissant pour le développement des pratiques artistiques amateurs : les écoles associatives et municipales de danse, de théâtre, de musique, les ateliers d’arts plastiques, les ateliers d’écriture.. Elle les soutiendra financièrement, face aux aléas économiques et à l’augmentation du prix du foncier, et logistiquement en simplifiant l’accès aux subventions et à l’information.

  1. Soutenir les artistes et les structures culturelles dans la durée

Grâce à des conventions pluri annuelles de fonctionnement. Ce dispositif permettra de pérenniser leurs activités et d’en finir avec le système d’appels d’offres qui met en concurrence les associations, tuant les plus petites, et se transformant l’administration en organisateur de la vie associative.

  1. Reconnaître les lieux culturels alternatifs

Lieux auto gérés, friches, zones abandonnées, entrepôts désaffectés.. Des espaces ludiques et conviviaux dans les quartiers qui regroupent sur un même lieu des métiers de créations : photographes, designeurs, stylistes, dessinateurs, musiciens… Ils jouent un rôle important de médiation, recréent de l’activité sur le territoire et participent à la relocalisation de l’industrie en France et au développement des circuits-courts. La région mettra en place des conventions avec des associations gestionnaires de ces lieux.

  1. Valoriser les associations d’éducation populaire.

Leur financement sera assuré et la transversalité de leur projet sera encouragée par un dispositif passerelle ad hoc entre les secteurs concernés (Culture, Coopération avec le Sud, santé et action sociale, lycée, politique de la ville, Loisirs, Sport, Enseignement supérieur et Recherche…)

 

  • Défendre la diversité culturelle et reconnaître les droits culturels

Les citoyens ont le droit d’avoir accès à toutes les ressources culturelles existantes : œuvres d’arts, cinéma, littérature, architecture… Les écologistes défendent toutes les cultures et luttent particulièrement pour la préservation de celles qui sont minoritaires. Ils reconnaissent aussi aux citoyens leur liberté créatrice et l’expression de leurs identités culturelles multiples.

 

  • Créer un observatoire régional de la liberté de création pour faire respecter la liberté d’expression

Pour les écologistes, les atteintes à la liberté d’expression doivent être combattues. Nous seront particulièrement attentifs au respect de ses droits au niveau régional. Pour cela, nous mettrons en place un observatoire régional de la liberté de création. Cet observatoire constitué d’acteurs culturels, d’associations de défense de la liberté d’expression et de création, constituera une vigie pour identifier, dénoncer et soutenir les artistes et auteurs qui seraient victimes de censure ou d’attaque en lien avec le propos de leur œuvre.

 

  • Financer des activités de pratique artistique dans les lycées : théâtre, peinture, musique…

  1. Renforcer les missions d’éducation artistique et d’éducation populaire en milieu scolaire et périscolairepour que lycéens et apprentis franciliens puissent avoir accès à différentes pratiques artistiques au sein de leur lycée ou Centres de Formation d’Apprentis. La région participera au financement de projets de développement culturel et artistique issus des initiatives lycéennes ou des équipes enseignantes. Les projets seront éligibles au budget participatif.
  2. Nous proposons la généralisation, par le soutien de la région, dans tous les lycées et les Centres de Formation d’Apprentis de Résidences d’Artistes (dans tous les domaines, musiques, arts plastiques, écriture, théâtre, cinéma, danse, opéra, architecture…), sur la base d’un projet co-élaboré par les équipes éducatives et les artistes accueillis.

 

  • Soutenir les salles d’art et d’essai

Les salles d’art et d’essai participent à la sauvegarde de l’animation au cœur des centres villes et offrent une large éventail de films citoyens-spectateurs. La région soutiendra les salles d’art et d’essai avec des emplois de animateurs culturels, pour aller chercher de nouveaux spectateurs et mettre en place des actions de médiation. Elle aidera spécifiquement les salles indépendantes qui s’engagent à passer au numérique, à mettre en place des actions d’éducation à l’image et des programmations diversifiées.

 

Elaborer ensemble une politique culturelle régionale écologiste

 

  • Elaborer les politiques publiques avec les citoyens

Les politiques publiques à destination du monde culturel sont majoritairement décidées au sein des administrations. Afin d’être plus efficaces et plus proches des besoins de chacun, elles doivent être co-construites. La région propose la création d’un Conseil permanent de l’art et de la culture, ou sont invités toutes celles et ceux qui le souhaitent à venir proposer de nouveaux dispositifs, co-élaborer, évaluer et critiquer. Ce lieu doit pouvoir bénéficier de moyens de fonctionnement nécessaire a son animation, et être réuni au moins trois fois par an.

 

  • Conditionner l’obtention de toute subvention à une tarification sociale et solidaire et aux choix de comportements respectueux de l’environnement.

  1. Création d’un éco-label remis à tous les projets prenant en compte leur impact négatif sur la nature (gestion des déchets, utilisation de matériel économe en énergie, sensibilisation du public au développement durable…). Il sera assorti de compensations financières qui rendra ce dispositif efficient.
  2. Réduire l’empreinte écologique des industries, équipements et manifestations culturelles. Toutes les nouvelles constructions devront être BBC (Label Bâtiment Basse Consommation) ou à énergie positive. Nous accompagnerons les structures qui opèrent des économies d’énergie, le traitements des déchets et le recyclage des produits, des achats éthiques, issus du commerce équitable ou de l’agriculture biologique…

 

  • Territorialiser les aides à la culture

La culture doit exister sur l’ensemble du territoire francilien. Nous introduirons des critères de répartition de financements entre grandes et petites institutions, villes centres et territoires périphériques, amateurs et professionnels, artistes reconnus et artistes en devenir. Des engagements précis en termes d’actions envers les publics locaux devront être pris.

 

  • Ouvrir les lycées et les centres de formation tenus par la région pendant les vacances et les fins de semaine

Ces lieux, financés par la région, sont inutilisés en dehors des heures travaillées. Alors que les budgets diminuent et que le prix du foncier ne cesse d’augmenter. Utiliser ces locaux permettrait de les mettre à disposition des associations, de créer des événements dans les quartiers comme des animations locales, des trocs…

 

Le numérique et l’ESS : de nouveaux outils pour la Culture

 

  • Développer les outils de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) et du numérique

Le numérique et l’ESS ont bouleversé le secteur culturel. Ils les tournent vers des fins plus humaines et plus collectives. Nous souhaitons soutenir ces outils en leur dédiant des espaces de co-working et des couveuses d’entreprises dédiées à la création culturelle.

 

  • Former les personnels des établissements publics culturels aux enjeux du numérique.

  1. Se former c’est s’ouvrir à de nouvelles opportunités. Permettre aux personnels d’établissements publics de maitriser des nouvelles technologies de l’information et de la communication comme la numérisation des biens communs, la gestion d’interface numérique avec les utilisateurs… est un moyen d’adapter leurs métiers aux nouvelles possibilités et de répondre aux demandes des usagers.
  2. Réintroduire les usagers, les partenaires associatifs et coopératifs dans l’animation et les pratiques numériques afin qu’ils participent à la création de contenus et s’en réapproprient les missions.

 

  • Promouvoir la Culture Scientifique, Technique et Industrielle à l’école (CSTI)

Il est possible de lutter contre la dévalorisation des disciplines technologiques et industrielles en faisant entrer les valeurs de la Culture Scientifique dans le système scolaire avec des clubs de robotique, de maths, les publications associatives. Tout en menant parallèlement une action volontariste en direction du public féminin, afin de soutenir une mixité qui peine à s’affirmer dans les métiers scientifiques, techniques et industriels.

 

La protection des animaux au sein du secteur culturel

L’exploitation des animaux pour les spectacles et les divertissements est probablement la forme d’exploitation la plus contestable éthiquement, surtout quand ces divertissements provoquent des blessures et/ou la mort de l’animal ou lui font subir des actes de cruauté (combat d’animaux, corridas), lorsqu’ils soumettent des animaux à des conditions de détentions niant leurs besoins élémentaires.

  1. Mettre fin à toutes les aides directes ou indirectes aux spectacles vivants utilisant des animaux sauvages
  2. Développer des subventions incitatives pour les spectacles de cirque sans animaux
  3. Conditionner les aides aux zoos et ménageries au respect d’une charte améliorant les conditions de détention des animaux visant à se conformer à leurs conditions de vie naturelle, en premier lieu en ne les contraignant pas à l’exhibition

 

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Centre – Val de Loire https://culture.eelv.fr/2015/11/20/pays-de-loire/ Fri, 20 Nov 2015 19:15:41 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=4142 Une politique culturelle écologiste et citoyenne...c’est naturellement possible Bien vivre en Région Centre Val de Loire, c’est naturellement faire une place de choix à la culture. Notre liste « Ecologistes, Citoyens, Solidaires » soutient une politique culturelle qui s’appuie sur la démocratie, la diversité, l’éducation populaire, l’économie sociale et solidaire. ...]]>

Une politique culturelle écologiste et citoyenne…c’est naturellement possible

Bien vivre en Région Centre Val de Loire, c’est naturellement faire une place de choix à la culture. Notre liste « Ecologistes, Citoyens, Solidaires » soutient une politique culturelle qui s’appuie sur la démocratie, la diversité, l’éducation populaire, l’économie sociale et solidaire.

Notre vision de l’action culturelle se veut à l’image de notre projet politique. Nous souhaitons accentuer la déclinaison de la politique culturelle régional sur les territoires, par bassin vie. Nos priorités sont l’équité territoriale dans l’accès à l’art et la culture, le renforcement du dialogue avec les acteurs pour qu’ils participent de l’action politique régionale, réformer et diversifier l’accès aux financements régionaux et la transversalité de l’art et de la culture.

Nous veillerons à garantir la liberté d’expression artistique et de création, à la démocratisation et à la pratique de la vie culturelle ainsi qu’à la reconnaissance des identités culturelles et à la liaison avec le numérique.

Réformer et diversifier l’accès aux financements

La Culture est un secteur économique important, riches en emplois créatifs et non- délocalisables. C’est aussi un secteur tendu reposant sur un système de financement fragile.

Diversification des financements – La politique de subventionnement régionale pour les acteurs du secteur laisse peu de marges de manœuvre pour l’émergence de nouveaux venus. Ces budgets ne doivent pas devenir des rentes. Il faut diversifier les sources de financement, réformer les subventions (sans les baisser) par la mutualisation de moyens, et aussi par une expertise/accompagnement tout au long des projets culturels. Les budgets des autres politiques régionales seront mis à contribution (formation, aménagement du territoire, éducation, numérique…) afin de construire des plans de financements à la hauteur de la diversité des projets. Un accompagnement au montage financier et à la diversification de financement est à envisager.

La Région doit développer la diversité des financements en direction de l’action culturelle et artistique, au moyen d’outils combinant financements publics (européens, nationaux, départementaux, municipaux), le mécénat, et le financement participatif/citoyens.

Des budgets ESS en direction des acteurs culturels – De nouvelles relations doivent émerger durablement entre la collectivité et les structures de l’économie sociale et solidaire, des mutualisations doivent se mettre en place favorisant l’émergence de nouvelles organisations, de nouvelles façons d’entreprendre. L’augmentation préconisée des crédits alloués à l’économie sociale et solidaire, bénéficieront aux structures culturelles inscrites dans l’économie sociale et solidaire mais aussi aux projets coopératifs ainsi qu’à toutes les formes entrepreneuriales innovantes en termes de gouvernance, de coopérations, de solidarité. Plus largement

Un développement culturel équitable – Il s’agit d’organiser la diversité des sources financières, et d’en assurer la redistribution en fonction des besoins des territoires. Une plateforme régionale de partenariats financiers et de financement participatif reliant les structures artistiques émergentes, les entreprises privées et les citoyens pourraient assurer la recherche de financement, le montage de projet d’envergure et la collecte de fonds. Cette redistribution vise à servir les territoires les moins dotés en services culturels tout en finançant des expérimentations et l’émergence de nouveaux acteurs.

Renforcer l’accompagnement des acteurs culturels par un maillage du territoire régional

Un développement culturel équilibré repose sur un soutien aux territoires et aux acteurs et artistes qui font la culture. Les agences culturelles de la région sont en première ligne que ce soit l’agence CICLIC pour l’audiovisuel ou Culture O’Centre pour l’accompagnement des acteurs. L’enjeu d’un accompagnement efficace passe une meilleure accessibilité pour tous les acteurs culturels, quel que soit leurs statuts et leurs discplines, aux outils mis en place par la Région.

Développer les outils d’accompagnement et territorialiser l’action de Culture O’Centre, pour améliorer l’accessibilité aux services offerts par l’agence de développement culturel de la région et renforcer ses missions d’expertises. Nous souhaitons une présence territoriale plus forte pour l’accompagnement des projets culturels et voir se renforcer les coopérations entre acteurs du territoire.

Encourager la diversité des arts, en développant une ingénierie sur les territoires, pour faciliter les coopérations culturelles, et l’émergence de projets. Cette action d’ingénierie viendrait en complémentarité des PACT pour aider les porteurs à développer le potentiel pluridisciplinaire qu’ils offrent.

Sécuriser le travail de tous les acteurs culturels par la pluri-annualité des conventionnements. Nous souhaitons développer des conventionnements multi- partenariaux, afin d’encourager l’implantation des projets et l‘implication des acteurs des territoires (collectivités, acteurs sociaux, écoles, pôle emploi etc…). Nous encouragerons la mutualisation par territoires, des charges administratives et/ou de production pour les groupements d’acteurs (artistes, intervenants culturels, compagnies).

Des équipements culturels ouverts sur les territoires et la coopération entre acteurs régionaux

Encourager la diversité des lieux culturels, la Région doit d’un côté soutenir le dynamisme et l’ouverture de ses lieux culturels, et participer à l’émergence de lieux d’activité culturelle innovants, collectifs, organisés autour des principes de l’économie sociale et solidaire (ESS).

Favoriser l’émergence de lieux « itinérants », nous encouragerons particulièrement en milieu rural, l’émergence de tiers-lieux dans le domaine culturel, artistique comme dans celui du numérique ou pour les artisans d’art.

Soutenir les coopérations culturelles, les « lieux culturels établis » (scènes régionales et nationales ou encore les lieux d’art contemporain) doivent être les locomotives de la vitalité de l’activité culturelle en développant les collaborations avec les acteurs locaux et entre territoires urbains et ruraux.. Nous souhaitons mettre l’accent politique d’éducation artistique ambitieuse multi-partenariale, dont les lieux de culture dans toute leur diversité (les lieux d’art contemporain, comme les bibliothèques en passant par les théâtres ou les musées) seraient les relais. Plus largement, nous initierons une politique favorisant les liens entre les différents types d’acteurs culturels (bibliothèque, théâtre, associations,…).

Irriguer les autres politiques régionales

La culture est le prisme par lequel nous devons appréhender notre action politique.

Associer l’art aux projets financés par la Région, outil de médiation, de valorisation, d’expression et d’objection, de construction, l’art doit intégrer les projets soutenus par la Région. Nous nous attacherons à intégrer la culture au sein des différentes politiques régionales. Par exemple, nous souhaitons développer le label déposé Haute Qualité Artistique et Culturelle sur des projets d’aménagement du territoire ; un parcours de formation métiers culturels et pratiques artistiques pour les demandeurs d’emploi d’envisager les pratiques artistiques comme un outil d’intégration sociale et professionnel ; dans le secteur touristique en aidant les lieux touristiques emblématiques comme les châteaux à développer le spectacle vivant et des animations culturelles et/ou scientifiques.

Développer les pratiques artistiques et l’accessibilité à la Culture

La diversité, le renouvellement et la démocratisation sont des défis permanents pour les arts et la culture.

Favoriser l’émergence de nouveaux acteurs culturels, nous mettrons en place des dispositifs facilitant le processus de création des jeunes artistes émergents (via des bourses tremplin au premier projet de création).

Améliorer l’accès à la culture, nous amplifierons les dispositifs d’accès aux différentes manifestations culturelles et la pratique artistique notamment des jeunes et des personnes en difficulté via les chéquiers CLARC et une tarification sociale et solidaire.

Développer la pratique et l’éducation artistique en milieu scolaire, nous doublerons du dispositif « Aux Arts lycéens et apprentis » afin de développer l’enseignement et la pratique artistique en lien avec la communauté éducative.

Soutenir l’action culturelle en direction des publics jeunes (dès 3 ans), condition indispensable pour favoriser la culture tout au long de la jeunesse.

Rapprocher la culture et l’éducation populaire

La culture permet de s’émanciper des discours d’exclusion et de repli sur soi qui se développe aujourd’hui partout avec la crise sociale, l’isolement, la frustration. Il faut redonner à tous et toutes la capacité d’émerveillement et de curiosité au monde qui garantit notre capacité à vivre ensemble.

Créer des « passerelles culturelles » entre le rural et urbain, pour tisser des liens entre des populations. Nous encouragerons les actions culturelles relevant des valeurs de l’éducation populaire privilégiant le lien social, le vivre ensemble et l’interculturel.

Soutenir l’action culturelle développée par les acteurs de l’éducation populaire, nous développerons une action culturelle porteuse des valeurs de l’éducation populaire et du « faire avec » en promouvant les projets collectifs.

Une économie culturelle tournée vers l’économie sociale et solidaire

Les arts et la culture sont des facteurs de création de richesses et de développement économique.

Engager pour une économie culturelle solidaire, nous garantirons la diversité des modèles économiques en encourageant le principe de solidarité entre acteurs.

Vers de nouvelles formes « d’entreprendre » dans la culture, nous encouragerons les projets coopératifs ainsi que les formes entrepreneuriales innovantes en termes de gouvernance, de coopérations, de solidarité (SCIC culturelle, Coopérative d’Activité et d’Emploi – CAE).

Anticiper et accompagner l’emploi culturel, Ainsi, anticiper, former et sécuriser les emplois culturels du territoire nécessite une organisation et une coopération avec l’ensemble des acteurs et secteurs régionaux. Nous soutenons le projet de développement de la plateforme de Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences dans le domaine culturel coordonnée par la FRACAMA

Vers une rémunération équitable pour les artistes, nous encouragerons les initiatives visant le rapprochement entre « créateurs et usagers » comme par exemple les associations pour le Maintien d’Alternatives en matière de Culture et de Création Artistique (AMACCA). Par ailleurs, nous soutiendrons et amplifierons les expérimentations privilégiant les modèles équitables de diffusion et de rémunération des créations indépendantes pour les artistes (à l’image de la billetterie développée par la FRACAMA et SUPERSONIKS)

Une gouvernance rénovée pour une politique culturelle plus équitable

Construire une politique culturelle dynamique, solidaire et équitable repose sur la concertation, l’échange de pratique, la formation, et le conseil.

Des instances ancrées dans une logique d’ouverture, nous réaffirmerons le rôle de concertation et de prise de décision objective et avertie au sein des instances et/ou comités techniques qui valident une subvention, un cahier des charges, une convention, l’attribution d’un appel d’offre ou d’un appel à projet. Nous réformerons le fonctionnement de la commission sectoriel comme ceux des comités technique pour créer les conditions d’une dynamique collaborative régulière entre décideurs et bénéficiaires des aides.

Une co-construction permanente, nous souhaitons instaurer un dialogue permanent entre acteurs culturels, élus, techniciens et usagers. Nous pensons que Culture O’Centre pourrait remplir cette mission en créant un espace de d’échange entre acteurs mais également entre disciplines.

L’usager doit avoir »droit de cité », au-delà de notre volonté de créer des « circuits- court » dans les pratiques culturelles, nous souhaitons améliorer la représentation des usagers de la culture auprès des institutions en développant des comités d’usagers par bassin de vie. Il est essentiel de reconnaître l’expertise des utilisateurs et améliorer le dialogue entre les acteurs.

Un patrimoine culturel vecteur de bien-vivre

Au-delà du succès de Chaumont, la Région développe grâce aux acteurs associatifs régionaux, la promotion de son patrimoine culturel. Trésor historique, espace naturel extraordinaire, la mise en valeur du patrimoine comme source d’attractivité ne doit être concentrée sur les sites majeurs. Elle doit concerner également le petit patrimoine (lavoirs, granges, maisons de village à l’architecture de caractère) présent partout sur le territoire qui fait l’authenticité de nos villages.

Le patrimoine naturel et la biodiversité qui le fait vivre, doivent être un vecteur de développement écologique et économique. Un cadre de vie apaisé, paysagé, riche de sa diversité floristique et faunistique attire le visiteur local ou étranger. Misons sur la valorisation paysagère de nos campagnes en encourageant la diversité du vivant.

La labélisation UNESCO du « Repas gastronomique français » tend à valoriser la diversité du patrimoine culinaire. Plus qu’un outil de marketing territorial, ce label doit être un tremplin vers le goût, la qualité et la diversité. Cette valorisation de l’art culinaire régional nous incite à développer un véritable politique de « l’art de vivre ». Nous encouragerons les actions de sensibilisation auprès du jeune public, les moments conviviaux comme les banquets populaires et les guinguettes, les projets de jardins solidaires et durables, la montée en qualité des produits cuisinés et le respect de la biodiversité cultivée (semences paysannes, races locales,…)

Soutenir « l’art-vivre » et la valorisation du patrimoine culinaire de la Région Centre-Val de Loire : soutien aux projets éducatifs (découverte du goût, du patrimoine culinaire régional), aux projets de « banquets populaires et gastronomes », de guinguette ainsi qu’à la valorisation et l’animation des « marchés » locaux (aménagements de l’espace public et évènementiels)… autant de projets valorisant le « bien vivre » en région, pour les habitants comme pour les touristes. La montée en qualité des produits cuisinés et le respect de la biodiversité cultivée (semences paysannes, races locales …) sont étroitement liés.

Soutenir la biodiversité cultivée, dans la lignée du combat que les écologistes mènent contre les grands semenciers qui confisquent le vivant et l’uniformisent à outrance, nous soutiendrons tout projet professionnel, citoyen, solidaire visant la valorisation de la biodiversité cultivée (comme nous avons inscrit cette ambition dans le cadre d’intervention des contrats de territoires)

Paysage et jardinage, nous soutiendrons des projets de jardins solidaires et durables : Projet d’insertion, d’associations, de collectif, nous encouragerons, via les contrats de territoire (au niveau des pays et des agglomérations). Un relais nécessaire doit être réalisé avec les acteurs sociaux, éducatif, jeunesse et les collectivités.

L’esthétique paysagère passe par la valorisation des entrées de village, la limitation des zones d’activités comme des lotissements et leurs intégrations paysagères, la biodiversité faunistique et floristique, sont des combats nécessaires à la valorisation du cadre de vie et du sentiment de « bien vivre en région ».

Valorisation du « petit patrimoine » bâti, nous encouragerons la mise en valeur et la restauration du « petit patrimoine » de nos villages (lavoirs, granges, habitation de caractère à l’abandon,..) L’identité patrimoniale est une richesse pour notre cadre de vie comme pour nos économies locales.

Culture et nature, « Essaimons le festival des jardins de Chaumont » : nous souhaitons développer un réseau de coopération artistique entre les territoires. Il s’agit de permettre aux associations et collectivités de développer sur leur territoire, des évènements liants projets artistiques et jardins remarquables en lien avec les habitants.

Le numérique, au service de la culture

L’irruption massive du numérique dans le champ culturel crée un environnement différent. Les réseaux facilitent l’émergence de nouvelles communautés, ces communs capables de se mobiliser pour créer et partager leurs savoirs et leurs passions. Il faut favoriser les logiques collaboratives (création de plateformes numériques spécifiques) afin de développer le secteur de la créativité numérique.

Le réseau des Espaces publics numériques (EPN) et les acteurs du numérique ouvert au cœur de la dynamique du numérique éducatif, Nous développerons, en collaboration avec la communauté éducative, une éducation numérique basée sur le développement d’atelier de création collective, de co-production de l’information, de sensibilisation à la citoyenneté numérique (critique de l’information sur internet, protection des données personnelles).

Les bibliothèques, un atout au service de l’éducation artistique, nous renforcerons le rôle des équipements de lecture publique en tant qu’acteur de l’éducation artistique, notamment auprès des jeunes publics. Nous donnerons les moyens de programmations ambitieuses ouvertes sur la diversité des arts. Nous accompagnerons l’ouverture du public vers les ressources numériques des bibliothèques par la valorisation des contenus comme par la mise en place d’ateliers d’expérimentation des usages numériques sur le modèle des Fablab, des makerspaces ou encore des livings labs.

Créer les conditions d’émergence d’un écosystème de la créativité numérique, reposant sur les nouveaux modes d’organisation et de gouvernance. Le numérique a permis un renforcement des pratiques collaboratives, qui alliées à la créativité, forment les conditions de l’innovation. Nous soutiendrons la structuration des groupements d’acteurs, les démarches et investissements mutualisés ainsi que la mise à disposition de moyens nécessaires l’émergence d’activités créatrices de richesse et d’emploi dans ce secteur de la créativité numérique.

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La culture : un chantier public à ne pas négliger ! https://culture.eelv.fr/2014/02/18/la-culture-chantier-public-ne-pas-negliger/ Tue, 18 Feb 2014 09:51:37 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3948 Communiqué à l'attention des organisations professionnelles   Le 13 janvier, les artistes et les acteurs culturels se sont mobilisés partout en France dans le cadre d'une manifestation \"l'art en campagne\". Lors des BIS de Nantes et de la marche du 10 février dans différentes villes, ils ont dénoncé la baisse du budget du Ministère de la culture et leurs inquiétudes vis à vis de la réforme du protocole UNEDIC à venir. ...]]>

Communiqué à l’attention des organisations professionnelles

 

Le 13 janvier, les artistes et les acteurs culturels se sont mobilisés partout en France dans le cadre d’une manifestation « l’art en campagne ». Lors des BIS de Nantes et de la marche du 10 février dans différentes villes, ils ont dénoncé la baisse du budget du Ministère de la culture et leurs inquiétudes vis à vis de la réforme du protocole UNEDIC à venir.

Les écologistes ont apporté leurs soutiens et participé à ces mobilisations. Ils entendent le profond désarroi des artistes et des professionnels de la culture. Partout en Europe, les budgets publics dédiés à la culture décroissent dans un contexte que l’on ne saurait réduire à une crise économique et financière, mais qui est, en réalité, une crise profonde de société. Plus que jamais, il faut réaffirmer que nous avons tous et toutes plus que besoin des artistes et des diffuseurs de culture.

Certes, il est toujours bon de rappeler que le secteur culturel toujours en croissance représenterait, selon les sources, 3, 5% du PIB européen et prés d’un million d’emplois salariés et non salariés en France. Mais le secteur ne peut se contenter de vouloir contribuer à la sacrosainte croissance. Nous avons trop longtemps perdu de vue ce qui nous rassemble dans ce champ d’actions et légitime des politiques publiques offensives et volontaristes. La reconnaissance et la dignité des personnes, le dialogue interculturel, l’émancipation des individus et la formation de l’esprit critique, le développement de la sensibilité individuelle et collective, autant de nécessités vitales pour chacun-e et pour nos communautés que l’on ne doit pas abandonner aux logiques de marché et à la loi du plus fort !

Les écologistes sont ainsi opposés à la baisse des moyens publics dédiés à la culture et regrettent, depuis 2012 et cette année encore, le choix du gouvernement de baisser un budget national déjà très faible.

Dans ce contexte, les écologistes, fédéralistes et régionalistes ne sont pas opposés de la possibilité de délégation de l’Etat aux Régions et aux EPCI prévue par la loi de modernisation de l’action publique, à condition que l’expérimentation soit consensuelle avec les personnels et très encadrée, sous condition de réversibilité et de non désengagement financier de l’Etat sur le territoire concerné. Cette délégation ne saurait s’apparenter à un renoncement des pouvoirs publics mais plutôt à un rapprochement de la décision publique des citoyens.

Il est aussi urgent d’inscrire la culture dans la campagne des élections municipales alors que les communes et les intercommunalités sont devenues les 1ers financeurs publics de la culture en France ; nous apporterons notre soutien aux débats culturels locaux dans ce cadre.

Nous serons, comme nous l’avons été dans le passé, au plus prés des revendications des intermittents lors des prochaines négociations du protocole UNEDIC considérant que la solidarité interprofessionnelle fait sens dans ce contexte. Nous en appelons par ailleurs à la solidarité intraprofessionnelle en dénonçant les inéquités de moyens pour les équipes artistiques et les abus du star system, notamment les montants de salaires abusifs dans différents secteurs culturels, particulièrement dans le cinéma.

Conscients qu’un chantier complexe est à venir, nous  souhaitons prendre part à toutes les réflexions collectives pour mettre en oeuvre des dispositifs concrets permettant de lutter contre la précarité et de développer les emplois, en faisant appel aux solutions concrètes de l’économie sociale et solidaire.

 

Pascale Bonniel Chalier & Hervé Pérard, co-présidents de la Commission culture EELV

Contact : 06 74 19 24 62 – 06 70 06 93 30

 

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Rencontre Ouverte d’Aubgane : Personnes & Territoires https://culture.eelv.fr/2013/11/17/rencontre-ouverte-daubgane-personnes-territoires/ Sun, 17 Nov 2013 18:06:12 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3932 Culture, développement durable et diversité culturelle Jeudi 21 et vendredi 22 novembre 2013 l’Espace des libertés - avenue Antide-Boyer – 13400 - Aubagne ...]]>

Culture, développement durable et diversité culturelle

Jeudi 21 et vendredi 22 novembre 2013

l’Espace des libertés – avenue Antide-Boyer – 13400 – Aubagne

Des politiques publiques pour les personnes, par les territoires, comment faire ?

Les mutations de nos sociétés appellent une refondation du partage entre vitalité culturelle et responsabilité politique fondée sur le respect des droits culturels de la personne. Les élus de la FNCC – fédération pluraliste de collectivités territoriales – ont pris la mesure de ces bouleversements et des engagements politiques qu’ils exigent dans le document d’orientation politique qu’ils ont élaboré en janvier 2013.

A l’approche des élections municipales, nous vous invitons à sortir des sentiers battus en participant à la réflexion partagée autour des nouveaux enjeux de la gouvernance culturelle que lance la FNCC aux côtés des agences régionales culturelles (Plate-forme interrégionale), des acteurs de la vie artistique et de l’éducation populaire (UFISC), des directeurs des affaires culturelles (FNADAC) et des professionnels de l’éducation et de l’enseignement artistique (Canopéea), lors de notre rencontre nationale ouverte d’Aubagne.

I – Des politiques culturelles pour les personnes, freins, leviers, propositions,

Deux temps d’ateliers ouverts autour des thèmes : la reconnaissance de la personne – la dignité – les droits culturels – les identités – les communautés – la participation – l’engagement citoyen – l’expérimentation de la liberté – le vivre-ensemble – les échanges culturels – les capacités créatrices de chacun – la diversité….

II – Des politiques culturelles par les territoires, freins, leviers, propositions

Deux temps d’ateliers ouverts autour des thèmes :
– pourquoi une politique culturelle publique ?
– comment ? Gouvernance – place des artistes – jeux d’acteurs et de relations inventives des territoires -formation des élus et des responsables – démocratie culturelle
– culture et territorialité – culture et chemins vers le monde – horizon local/horizon global – diversité et source de développement
– l’économie sociale et solidaire – circuits courts – mutualisation et coopérations
– responsabilités sociale et environnementale – enjeux écologiques

Rencontre Ouverte d’Aubagne

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Budget Culture Ile de France : une vision de plus en plus comptable, ou recommencer à faire de la politique ? https://culture.eelv.fr/2012/12/21/budget-culture-ile-de-france-une-vision-de-plus-en-plus-comptable-ou-recommencer-a-faire-de-la-politique/ Fri, 21 Dec 2012 19:46:37 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3743 Monsieur le Président, Monsieur le Vice Président, mes chers collègues, C’est pour moi un exercice pénible que d’intervenir à cette heure tardive, dans l’indifférence presque générale, afin d’essayer de faire entendre à notre noble assemblée, que baisser le budget de soutien a la culture, à la création, à l’action culturelle est une erreur politique majeure. Et elle est à double titre, car c’est une erreur collective,  dont on ne peut se laver les mains en désignant un coupable parfait, et particulièrement ici le Vice Président.  Parce que je sais qu’il s’est battu pour ne pas en arriver là, tout comme les élus membres de la commission culture ont tentés à leur tour et à leur niveau d’empêcher cette débâcle, cet échec de la baisse du budget régional de la Culture. ...]]>

Monsieur le Président, Monsieur le Vice Président, mes chers collègues,

C’est pour moi un exercice pénible que d’intervenir à cette heure tardive, dans l’indifférence presque générale, afin d’essayer de faire entendre à notre noble assemblée, que baisser le budget de soutien a la culture, à la création, à l’action culturelle est une erreur politique majeure. Et elle est à double titre, car c’est une erreur collective,  dont on ne peut se laver les mains en désignant un coupable parfait, et particulièrement ici le Vice Président.  Parce que je sais qu’il s’est battu pour ne pas en arriver là, tout comme les élus membres de la commission culture ont tentés à leur tour et à leur niveau d’empêcher cette débâcle, cet échec de la baisse du budget régional de la Culture.

Pourquoi je considère que c’est un véritable aveu d’échec ? Tout d’abord, parce qu’il suffit de regarder la réalité des chiffres,  pour s’apercevoir qu’il est ridicule de laisser croire qu’une coupe de 5 millions d’euros sur le budget culturel est la solution d’économie d’une région disposant d’un budget de 4 milliards et demi, pardon, mais cela laisse rêveur. Le budget culture en fonctionnement, c’est 1,2% du budget régional. Amputer ce budget de 5 millions d’euros, c’est faire une économie de 0,1% au budget global ! Quelle économie ?! Quelle victoire ?!

Laissez-moi vous dire, baisser le budget de la culture, et particulièrement sur sa partie fonctionnement, c’est faire croire qu’ 1 million dépensé est égal à 1 autre million, sans analyse sur la valeur ajoutée d’une dépense, sur son « service rendu ». Avec 1 million, on peut soutenir « Paris Région Entreprise »-c’est un choix, ou alors on peut développer la création culturelle et la médiation pour 15 fabriques de culture, ou encore permettre la finalisation de 30 films, on peut aider 50 auteurs en résidence, on peut soutenir 10 à 15 compagnies, une trentaine de festivals… Car en faisant cela, on fabrique du lien social, on éduque, on enchante, on émancipe, on transmet, on apprend a vivre ensemble.

Voilà en réalité à quoi sert l’argent dépensé pour la culture, voilà en quoi il est utile et indispensable.

Encore une fois, Il semble que nous oubliions collectivement pourquoi, en France, depuis 60 ans, nous avons choisi de soutenir la création et l’action culturelle avec de l’argent public. Est-ce pour notre bon plaisir ? Est-ce pour poser à côté de la rock-star en vogue, du cinéaste renommé, gimmick égotique de l’élu tentant désespérément d’exister sur une scène ou il ne sera jamais à sa place ?

Passé ce coup de gueule, que vous me pardonnerez peut-etre, je vais m’en tenir maintenant à des chiffres et des constats plus terre a terre, moins politiques, puisque notre institution devient de plus en plus comptable.

Comptons, donc.

« – Le secteur créatif représente au minimum 546 077 emplois en France, contre 225 000 dans l’automobile et 152 000 dans les télécoms.

Le secteur culturel francilien concentre 2,2% de l’activité économique nationale :

  • 27 % des compagnies dramatiques
  • 13% des scènes nationales
  • 31 % des compagnies de danse
  • 22 % des écoles de musiques et de danse, 22 % des enseignants et 20% des élèves
  • 18 % des salles de cinéma, 33% des recettes
  • 52 % des salariés du régime de l’intermittence du spectacle et 22% de la filière culturelle des collectivités territoriales
  • Le secteur du Cinéma et de l’audiovisuel seul permet d’employer plus de 130000 personnes en Ile-de-France.
  • En termes d’emplois, l’Île de France représente 49 % des emplois culturels en France.

Paradoxalement, ce foisonnement culturel ne garantit toujours pas un accès équitable à la culture pour tous les franciliens. La Culture va aux cultivés, à ceux qui savent déjà, ceux que l’art a déjà conquis, quand tant d’autres, restant à conquérir, vaincus, s’éloignent de plus en plus, malgré eux, des chemins de la connaissance et de l’ouverture au monde. Le réseau associatif et citoyen de la culture, exsangue, qui palliait jusqu’alors, bon an mal an, les manques des institutions, doivent se résoudre à réduire leurs activités devant les baisses conjuguées de l’Etat, des départements, et maintenant de la Région !

On peut bien sûr, essayer de se réjouir d’un budget d’investissement constant en AP, et en hausse de 4% en CP,  par rapport à 2012, mais il n’en demeure pas moins que construire des lieux ne les fait pas fonctionner, et que la logique permanente de se renvoyer la balle entre collectivités et Etat pour assurer le fonctionnement de ces espaces, ou pire, croire que la main invisible du marché va soudainement venir financer ces lieux culturels nous amène droit dans le mur.

Je finirais par dire, tout de même, que tout n’est pas noir dans ce budget, car il s’attache malgré la pénurie à orienter son action vers la jeunesse, par la mise en œuvre d’actions pour les lycéens, et notamment les médiateurs culturels.

Il faut se réjouir de la dotation d’une nouvelle ligne pour les arts de la rue, à hauteur de 500 000 euros, qui permettra de démontrer que notre signature a leur manifeste, L’Art est Public, au moment des présidentielles, se traduit dans les faits. Il faudra aussi les soutenir mieux grâce aux dispositifs déjà existants, comme le soutien à la permanence artistique, les aides aux manifestations ou les fabriques de Culture.

Nous saluons également la volonté du vice Président de mettre en place le musée éphémère, pour valoriser et faire circuler la création contemporaine a travers toutes l’Ile de France.

Mon groupe, tient à réaffirmer la nécessité de faire grandir les Fabriques de Culture, de maintenir le soutien au livre et à la lecture, à la permanence artistique et culturelle, au cinéma et à l’audiovisuel et cela se traduira dans nos votes sur les différents amendements qui vont vous être présentés M. le Président.

Nous disons enfin que l’éducation à l’image doit pouvoir bénéficier a tous les publics franciliens, y compris ceux qui ne sont pas Lycéens ou apprentis, cela fera encore l’objet d’un amendement que portera mon groupe.

Vous l’avez compris, M. le président, notre groupe regarde ce budget avec l’exigence qu’il mérite, et parce que nous sommes convaincus de la nécessité de l’intervention de notre institution pour soutenir la Culture en Ile-de-France, nous voterons ce budget, malgré ses défauts, mais sous réserve qu’une partie à minima des amendements des groupes de notre majorité puissent l’abonder, de manière politique, et non comptable.

Je vous remercie.

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Budget culture et communication pour 2013 https://culture.eelv.fr/2012/10/16/budget-culture-et-communication-pour-2013/ Tue, 16 Oct 2012 10:21:55 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3720 On sauve les meubles, mais ou est le projet ? Le Projet de Loi de Finances prévoit une diminution de son budget de 4,33% en 2013, soit 110 millions d’€, puis –2,06% en 2014 et – 1,26% en 2015 soit une diminution totale de 7,48% en 3 ans. Si on ajoute la stagnation budgétaire de l’année 2012 et l’inflation des années à venir, le budget culture aura perdu 12 % à 15 %  des ses moyens d’ici à 2015. ...]]>

On sauve les meubles, mais ou est le projet ?

Le Projet de Loi de Finances prévoit une diminution de son budget de 4,33% en 2013, soit 110 millions d’€, puis –2,06% en 2014 et – 1,26% en 2015 soit une diminution totale de 7,48% en 3 ans. Si on ajoute la stagnation budgétaire de l’année 2012 et l’inflation des années à venir, le budget culture aura perdu 12 % à 15 %  des ses moyens d’ici à 2015.

C’est un resserrement des crédits sans précédent dans l’histoire du Ministère de la Culture, qui ne correspond pas aux engagements du Président de la République de sanctuariser le budget de ce Ministère. C’est un signe fort, qui n’est pas positif, pour une économie bien mince au regard du budget global de l’Etat, la Culture en constituant moins de 1% !

 

Nous réaffirmons que la Culture, au même titre que l’Education, la Justice et la Santé, doivent être des secteurs préservés des politiques de rigueur et d’austérité, ils constituent des biens communs porteurs de droits inaliénables.

 

Cependant, les mesures prises pour atteindre les objectifs d’économie touchent et préservent des domaines importants de la politique culturelle de façon relativement équitable, et nous apprécions qu’il soit d’abord question de :

  • Préserver l’éducation artistique, les effectifs et moyens des écoles supérieures d’art, les interventions de l’état en faveur de la création notamment dans le spectacle vivant et les arts plastiques
  • Abandonner et/ou reporter les grands projets, la plupart pharaoniques, coûteux et décidés sans concertation. Nous espérons que ces décisions enterrent les  politiques de « grands projets » décidées par un pouvoir politique omnipotent. Pour les projets passés et futurs, nous souhaitons des études au cas par cas, avec tous les acteurs concernés, au titre de priorités politiques claires, sourcées et transparentes.
  • Rééquilibrer la politique d’investissement patrimonial au profit des régions
  • Faire porter les économies  sur les grands opérateurs du MC, de façon différenciée.

 

Toutefois, le Ministère ne semble pas apprécier et assumer complètement ce que cette dernière mesure comporte comme obligations de sa part par rapport aux opérateurs sous sa tutelle. On ne peut pas simplement prélever des fonds sur les grandes institutions publiques, d’autant plus que le niveau élevé et continu de ce prélèvement sera très déstabilisant, sans réviser en même temps la politique et les priorités des établissements. Il n’y a pas d’économies possibles, au niveau demandé dans ces entreprises, qui n’étaient pas et ne sont toujours pas des lieux de gabegies, sauf sur les rémunérations parfois démesurées de certain dirigeants d’établissement. Il faut des réorganisations profondes, des redéfinitions des missions, des réorientations sur les activités les plus efficaces et les plus pertinentes. Laisser les directions d’établissements se « débrouiller » revient à leur laisser choisir soit l’augmentation des tarifs (solution la plus courante), soit la diminution de l’activité (moins de spectacles, de créations, d’expositions…), soit la réduction des emplois, ou un peu des trois. Réduire les moyens ce n’est pas seulement un décret, c’est un redéploiement de l’intelligence.

 

Maintenir les obligations, Contrat d’Objectifs et de moyens, de performance et continuer la politique de gel de certaines parties des subventions de fonctionnement et d’investissement sont des injonctions contradictoires et un non-sens s’il n’y a pas un accompagnement stratégique. Le Ministère doit s’occuper des entreprises qu’il déstabilise, aider à trouver des solutions, ouvrir des perspectives d’activité pouvant compenser les pertes de revenus,  et non pas les mettre au ban des accusés.

 

A ce titre nous considérons que les messages envoyés à France Télévision, tous négatifs, sont  très inquiétants. On ne peut mettre  une entreprise dans une équation économique impossible : Avoir « à demi » supprimé la publicité, en principe remplacée par les crédits d’Etat, puis supprimer une partie de ces crédits, alors même que le restant de son marché publicitaire chancelle, et qu’on la ballote de réformes organisationnelles en réformes organisationnelles contradictoires ne peut que mener à un désastre. Ainsi, pas de publicité, mais pas de progression de la  redevance non plus, plus d’obligations à observer (par rapport à la création, aux spectacles de qualité), mais des économies à faire, de l’indépendance mais pas d’autonomie stratégique (refus des antennes régionales de plein exercice pour France 3 et France O), pas de course à l’audience mais du pluralisme de l’information face à Bouygues/TF1 et des équipes jugées sur…leur audience (contrats d’objectifs et de moyens), du media global et des revenus supplémentaires, mais interdiction d’exploiter les droits des émissions produites qui appartiennent au secteur privé, notamment via les animateurs producteurs, 180 millions à économiser, mais pas de plan social (qui serait équivalent à celui de PSA en traduction brute, etc…). Comment mieux étouffer le service public qu’en le mettant dans un faisceau de telles incohérences ? Ignore-t-on que les grands groupes audiovisuels européens cherchent déjà à exclure les services publics des marchés pour garder pour eux toute la « disponibilité cérébrale » ? Nous avons là-dessus quasiment un devoir de salubrité publique.

 

Dans la rubrique des faits inquiétants nous notons aussi la poursuite des nominations « du fait du prince » comme celle du futur directeur de l’Opéra National de Paris, nommé dans l’opacité, sans que les principaux acteurs soient consultés, sans que l’on ne connaisse quelque chose de son projet, qui pourtant devra s’inscrire dans une réduction budgétaire drastique, et en piétinant la limite d’âge …cela augure mal de l’avenir. Cela aurait pourtant été une occasion de partager une vision et de redéfinir le rôle de l’art lyrique et de l’ONP. C’est une opportunité manquée, et c’est dommage.

 

Rappelons à ce sujet que l’une des politiques prioritaires devrait être celle du rééquilibrage paritaire : les femmes dirigeantes d’établissements culturels sont une infime minorité, en complet décalage avec l’évolution de la société.

 

Nous, écologistes, sommes inquiets et déçus. Le changement de politique culturelle signifie pour nous des remises en causes profondes des acquis, du centralisme, de l’orientation « prestige » des moyens alloués au détriment de politiques plus soucieuses des citoyens. Nous souhaitons une vraie décentralisation des moyens sur les territoires, un vrai changement du mode de gouvernance (agenda 21, démocratisation des instances de décision), la reconnaissance des droits culturels comme fondement des politiques culturelles. Encore une fois, ce sont les options financières qui tiennent lieu de politique, là où, justement, les nécessités économiques, loin d’être considérées comme anodines, pourraient servir de levier pour modifier notre façon de concevoir l’action publique de l’Etat en faveur de la création, de l’action artistique et de la Culture.

 

Nous ne pleurons pas aujourd’hui sur la diminution de moyens, mais sur l’étroitesse de la vision.

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Musées municipaux : une réorganisation sous vigilance https://culture.eelv.fr/2012/06/21/musees-municipaux-une-reorganisation-sous-vigilance/ Thu, 21 Jun 2012 11:43:45 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3325   Communiqué de presse du groupe EELVA – 20 juin 2012   En Conseil de Paris, la délibération SG 153 / DAC 506 a créé un établissement public des musées, une étape qui participe de la modernisation progressive de la gestion des musées municipaux. ...]]>

 

Communiqué de presse du groupe EELVA – 20 juin 2012

 

En Conseil de Paris, la délibération SG 153 / DAC 506 a créé un établissement public des musées, une étape qui participe de la modernisation progressive de la gestion des musées municipaux.

 

 

« Les objectifs affirmés par cette réforme, en termes de fréquentation des établissements, de réponse aux attentes des visiteurs (confort, médiation culturelle), d’enrichissement des collections notamment, nous semblent aller dans le bon sens » a salué Danielle Fournier, coprésidente du groupe EELVA. « En particulier, la préservation de l’emploi de 951 personnels des musées, avec les conditions d’emploi acquises, est une réelle satisfaction ».

 

Deux dimensions de cette réorganisation suscitent cependant des réserves :

  • Aucune place n’est faite aux usagers dans les instances prévues, au grand bénéfice des habituels « experts » et des « personnalités qualifiées »

 

  • Une vigilance toute particulière devra être accordée au respect de l’autonomie des établissements, dont les formats et les projets scientifique et culturel sont très variables, tout en articulant chacun avec la politique globale de l’établissement public administratif.

 

Contact presse :

Julien Bonnet – 01 42 76 58 47 / 06 82 29 32 94

elus.paris-eelv.fr

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Réponse d’Eva Joly à la FNCC https://culture.eelv.fr/2012/04/14/reponse-deva-joly-a-la-fncc/ Sat, 14 Apr 2012 09:11:33 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3281 Réponse à Philippe Laurent, Président de la FNCC, 15 questions aux candidats à la présidentielle. ...]]>

Réponse à Philippe Laurent, Président de la FNCC,

15 questions aux candidats à la présidentielle.

 

 

Monsieur le Président,

Je vous remercie de m’avoir fait parvenir le questionnaire de la Fédération Nationale des Collectivités Territoriales pour la Culture, et vous prie de trouver ci-dessous mes réponses.

 

1. La culture s’entend de bien des manières. pour certains, c’est la diversité des expressions artistiques et la multiplicité des cultures. pour d’autres, c’est avant tout l’identité de la nation, le socle des valeurs partagées. pour vous ?

La culture est un élément consubstantiel du projet écologiste. C’est aussi la condition sine qua non pour reconquérir la confiance des citoyens et « faire société », alors que la mondialisation culturelle attise les crispations identitaires et encourage la consommation effrénée de biens culturels standardisés.

Face à l’illusion d’un consensus sur la culture, quelle est la réalité d’aujourd’hui? La médiation est maltraitée au point que des pans entiers s’effondrent, la création voit ses moyens amputés, les industries culturelles façonnent des contenus aseptisés et la diversité s’épuise…

L’écologie, qui interroge la place de l’homme dans la nature, et les rapports des hommes entre eux, pose des questions profondément culturelles, et apporte ses réponses: l’interdépendance, l’indispensable diversité, le bonheur et la fécondité de l’échange, de la transmission, de l’oeuvre collective.

 

2. Démocratisation culturelle ou démocratie culturelle, culture pour chacun ou culture pour tous… Quel doit être le principe premier de la politique culturelle ?

Une politique culturelle aujourd’hui ne peut plus être soumise à l’obsession de « l’excellence » et du
« rayonnement » de quelques artistes ou intellectuels éclairants et guidant le peuple dans l’obscurité !

Il faut fonder une politique pour la création et l’action culturelle réellement inclusive: qui permette aux personnes, quel que soit le genre ou l’origine, de bénéficier d’une éducation artistique dès le plus jeune âge et qui propose aux citoyens dans leur diversité de (re)devenir acteurs du champ culturel.

Il faut redonner à tous et toutes la capacité d’émerveillement et de curiosité au monde qui garantie notre capacité à vivre ensemble et à nous émanciper des discours d’exclusion et de repli sur soi.

Musées et salles ne désemplissent pas, mais accueillent toujours les mêmes publics. En matière de diversité culturelle, il ne faut pas se payer de mots, et commencer par donner l’exemple dans les quartiers et banlieues, dont on refuse d’entendre les potentiels et les aspirations.

Mettons en débat un Agenda 21 de la culture afin de développer la diversité culturelle et permettre de co-construire les politiques culturelles avec la société civile.

 

3. La culture, c’est à la fois les pratiques en amateur et la création artistique professionnelle – notamment dans le spectacle vivant –, la vie associative et les industries culturelles. Comment articuler les deux aspects ?

Pour cela, les mutations économiques doivent avant tout permettre de pérenniser l’emploi culturel par une interrogation positive et partagée des dispositifs de l’intermittence et des droits d’auteurs.

Il est en même temps indispensable de favoriser des écosystèmes culturels équilibrés, permettant aux émergences artistiques et aux nouvelles pratiques culturelles de s’épanouir en répartissant plus équitablement les ressources publiques pour la culture.

Pour encourager une économie équitable des arts et de la culture, on peut s’appuyer sur :

  • la création d’un fonds de développement du tiers secteur culturel, qui permettra l’émergence et la pérennisation des pratiques vertueuses des associations culturelles, des SCIC, SCOP et autres unions d’économie sociale ;
  • un versement des subventions radicalement accéléré, de manière à faire disparaître le syndrome de la double peine pour les structures culturelles.

Les industries culturelles ne doivent être soutenues par la puissance publique que dans la mesure que celle-ci participent à la production de bien commun, d’utilité publique et culturelle et qu’elles s’inscrivent dans une interdépendance respectueuse avec la création indépendante, les pratiques amateurs, le tiers secteur culturel.

Il n’est plus possible d’accepter que de grands groupes s’arrogent de manière exclusive la diffusion et la distribution des oeuvres sans compensation pour les artistes ou les citoyens.

Les collectivités locales ont en cela une grande responsabilité et doivent arbitrer leurs éventuels soutiens en regardant la production de richesses culturelle sur le temps long, et non pas sur de l’événementiel sans lendemain.

 

4. Le développement de l’éducation artistique et culturelle à l’école est considéré unanimement comme une nécessité. est-ce l’outil premier d’une politique culturelle ?

Le développement de l’éducation culturelle et artistique dès le plus jeune âge, et donc à l’école, est une nécessité pour l’individu comme pour la qualité de la société. Maîtriser une multitude de modes d’expression est une véritable condition de l’épanouissement de chacun et va aider à construire une société riche en possibilité et capable d’empathie.

Cette éducation est donc un maillon décisif de la politique culturelle et l’on peut la renforce suivant deux axes:

  • réinventer un Ministère de la Culture, des Medias et l’Education populaire ;
  • développer l’éducation artistique de l’école maternelle à l’université, y compris dans les cursus « manuels » ou professionnalisant, avec de véritables moyens dédiés, consacrant une autonomie des équipes éducatives dans le choix des projets et de véritables résidences artistiques pour les équipes associées.

 

5 . Les collectivités territoriales sont aujourd’hui les premiers financeurs de politiques culturelles publiques. Comment envisagez- vous l’avenir de la décentralisation culturelle et la coopération entre les collectivités et l’Etat ?

La rue de Valois ne paye plus, a érodé les forces vives de ses DRACs, confond industries culturelles et culture… La page doit se tourner, pour l’instauration d’une véritable politique publique. L’Etat doit rester le garant de la diversité culturelle comme de la bonne irrigation de tous les territoires.

L’Etat doit commencer par rééquilibrer ses subventions en faveur des Régions par rapport à l’Ile de France, abandonner les projets pharaoniques notamment sur Paris qui siphonnent les moyens en fonctionnement sur la durée et délocaliser les moyens des établissements publics culturels nationaux au service des territoires locaux.

Il faut ensuite ouvrir une nouvelle étape de la décentralisation culturelle, en inscrivant la culture comme clause de compétence obligatoire dans la réforme des collectivités territoriales, mais en imaginant une répartition juste et partagée des attributions entre les différents niveaux, qui auraient la liberté de s’organiser librement à la suite d’assises territoriales de la culture dans chaque région ou bassin régional.

Cela pourrait par exemple signifier:

  • Aux territoires locaux, l’expérimentation et les pratiques, l’éducation et l’enseignement artistique, l’aménagement du territoire, le soutien à l’émergence et aux pratiques amateurs…
  • A l’Etat, appuyé par les régions, la garantie de la transversalité et de l’équité des politiques culturelles, le financement de la conservation et de la diffusion du patrimoine culturel et de la création vivante, la protection du droit des artistes et la redistribution des investissements vers les esthétiques les plus fragiles, la protection des travailleurs culturels…
  • A l’Europe, la consolidation des Réseaux et des synergies, le soutien à la recherche, la mise en place d’un Erasmus Culturel, le soutien aux économies culturelles européennes et à la coopération interrégionale.

Enfin, il est nécessaire de renforcer la déconcentration et le rôle des DRACs pour mieux accompagner la décentralisation et le transfert des compétences.

 

6 . Nous vivons une profonde crise économique et financière. Dans ce contexte, comment justifier la dépense publique nationale en faveur de la culture ? Quelles seraient vos orientations budgétaires et fiscales ?

La culture fait société. Cette dépense publique, souvent variable d’ajustement, est pourtant la dernière qu’il faut toucher en temps de crise, car elle tisse du lien et permet de s’exprimer autrement que par la violence. Nous entrons dans des mutations profondes qui vont mobiliser nos ressources de réflexion, d’innovation, de tolérance.

Plus que jamais la culture doit trouver des soutiens qui ne sauraient se limiter à une dotation financière en faveur de grandes institutions… Il est tout à fait possible d’arbitrer en faveur de la culture, il s’agit avant d’une question de volonté politique.

Il faut mettre sur pied une grande réforme de la fiscalité de l’art, qui favoriserait l’acquisition d’oeuvres d’artistes vivants, tout en taxant la spéculation sur les oeuvres d’art dans le circuit national et international. Le produit de cette taxe serait reversé à un fonds social de garantie à destination des artistes.

Au delà, il faut lancer une mission nationale pour l’émergence de nouveaux indicateurs économiques et une fiscalité plus juste sur l’ensemble des champs culturels.

 

7. Patrimoine. Quel avenir réservez-vous au patrimoine bâti protégé au moment où l’Etat et les collectivités territoriales s’en dégagent ?

En préambule, je veux réaffirmer l’inaliénabilité du classement et de l’inscription des monuments historiques, et continuer l’inventaire des oeuvres architecturales, urbaines et paysagères sur l’ensemble du territoire français, y compris dans les Outres-Mers.

Un grand chantier de concertation avec les collectivités locales doit pouvoir être mené afin de mettre en cohérence les exigences de protection du patrimoine et celles liées a l’inéluctable crise énergétique mondiale à laquelle nous allons être confronté.

Cela nécessite dès à présent l’isolation thermique massive des immeubles anciens, et la mise en place d’alternative à la production d’énergie, si l’on ne veut pas voir se vider de ses habitants l’ensemble des centres-anciens de nos villes et villages. Il est possible de concilier les deux si tout le monde est autour de la table et c’est un enjeu à ne pas sous-estimer dans notre pays.

Le patrimoine protégé doit donc pouvoir continuer à bénéficier de moyens à la hauteur de l’exceptionnelle richesse française, prioritairement en provenance de l’Etat.

Les ZPPAUP doivent pouvoir être automatiquement transformées en AVAP, la caducité décrétée par le grenelle 2 des ZPPAUP a généré une zone dans les règlements d’urbanisme et impliquent des coûts supplémentaires pour les petites communes qui en avaient mis en oeuvre.

Des études patrimoniales doivent par ailleurs être systématiquement menées sur les architectures industrielles en déshérence, les architectures vernaculaires et les ensembles paysagers ceci afin de conserver la mémoire d’un patrimoine d’une très grande valeur historique et cognitive pour notre société, notamment dans des régions ayant subi une très douloureuse désindustrialisation ou un exode rural massif.

 

8. Cinéma. Face à l’émergence du ‘‘hors-film” permise par la mutation numérique, comment appréhender la probable transformation des écrans de cinéma en simples écrans aptes à diffuser des contenus non exclusivement cinématographiques (sport, spectacle vivant…)

Les cinémas, particulièrement en région et dans les zones rurales, voient leurs écrans progressivement squattés par des contenus non-cinématographiques.

C’est la conséquence d’un abandon progressif par l’Etat et les collectivités de la question de l’aménagement culturel territorial, mais également d’erreurs graves d’investissement sur un certain nombre de salles vers du numérique surdimensionné et la 3D… Il faut donc rentabiliser ces équipements par de l’événementiel, qui prend le pas sur la diffusion d’oeuvres de cinéma.

Il faut se poser la question de la manière dont les collectivités sont en train de gérer ce passage au numérique. De grands chantiers de rénovation sont à l’oeuvre :

Pourquoi ne pas en profiter pour mobiliser le CNC sur des travaux d’accessibilité aux handicapés? Quid des bobines qui ne seront jamais numérisées et représentent un précieux patrimoine? Le passage au numérique signifie-t-il la dématérialisation du transfert des données ou une plus grande facilité à accéder à tous les films, plus rapidement ?

A cette dernière question, on est bien obligé de constater que non. Une fois de plus, l’innovation technique montre qu’elle n’est pas neutre en matière de culture et surtout, si ces innovations peuvent être un moyen, elles ne sont jamais une fin en soi.

Il faut donc garder aux cinémas leur fonction première : diffuser des oeuvres de cinéma !

Mais pour cela le CNC doit, en coordination avec les agences régionales de soutien au cinéma, accompagner les collectivités qui sont souvient bien seules pour prendre des décisions aux conséquences définitives, et soutenir les cinémas de 3 écrans ou moins à l’action culturelle et dans l’éducation à l’image, seul moyen de rassembler un public qui ne demande que de la diversité dans les propositions qui lui sont faites par les salles.

Par ailleurs, il devient indispensable de redéfinir la notion d’art et essai pour la qualification des films. Les quotas de diffusion de ces films doivent par ailleurs être revus écran par écran et le nombre de copies des films doivent être limité pour permettre à toutes les oeuvres d’avoir la chance d’être vues.

 

9 . Livre et lecture publique. la pratique de la lecture est en déclin constant puis 20 ans. la librairie indépendante est menacée. le numérique bouleverse l’ensemble de la chaîne du livre. Le droit d’auteur peine à s’adapter dans l’univers numérique. dans ce contexte, comment envisagez-vous l’action de l’Etat en faveur du livre et de la lecture publique ?

Le modèle culturel français du livre s’appuie sur un réseau très dense et diversifié de librairies, c’est ce maillage et cette diversité qui permettent d’offrir des débouchés et garantit la richesse de la production éditoriale. C’est aussi aujourd’hui le commerce de détail le plus fragile économiquement.

Soutenir la librairie indépendante c’est soutenir la production éditoriale et l’accès à des productions variées. Des mesures s’imposent :

  • mise en place d’une TVA réduite sur le livre : 2,1% à l’instar de la presse ;
  • renforcer les moyens du CNL – Centre National du livre – pour les aides à l’édition, la traduction, le soutien à la librairie ;
  • mise en place d’une taxe sur les ventes en lignes – qui, notamment dans le cas d’Amazon, en infraction avec la loi sur le prix unique du livre vend les ouvrages sans frais de ports – et menace gravement le réseau indépendant. De ce fait détruit des emplois, les missions culturelles de la librairie, la médiation et l’animation des centre-bourgs ;
  • rendre le label LIR pleinement efficient en accordant des allégements de charges sociales pour les librairies labellisées – pour obtenir le label, les charges de salaires doivent représenter au moins 12,5% du CA. Ce serait aussi une mesure en faveur de l’emploi.

 

10. Musiques actuelles. les musiques actuelles sont depuis des années en grande fragilité. Quelles décisions pourraient favoriser, selon vous, les conditions d’une réelle reconnaissance de ce secteur ?

Les musiques actuelles sont fragiles parce qu’elles sont aux confins de l’amateur et du professionnel, de l’activité culturelle publique et du marché.

La rémunération des groupes n’intervient que très tardivement, et rares sont les aides publiques qui permettent de franchir le seuil difficile, tandis que les retours de droits d’auteurs se perdent dans la gourmandise des éditeurs phonographiques.

L’action publique doit intervenir en amont, en favorisant l’accès à des studios de répétition et d’enregistrement, en soutenant les coproductions et l’accueil en résidence longue de création.

Cette mandature doit aussi résoudre par un cadre légal adapté à l’équation impossible de la rémunération des groupes qui se produisent dans les cafés.

Cependant, je suis très réservée concernant l’annonce de la création du Centre National de la Musique, et ce même avec les engagements pris auprès d’un certain nombre d’organisations concernant le soutien aux musiques vivantes et aux acteurs des petites scènes disséminées sur le territoire.

En effet, je crois que la crise que traverse le ministère de la Culture est trop grave créer aujourd’hui une agence qui se voit déléguer par l’Etat de nouvelles responsabilités. il faut d’abord retrouver la confiance et la sérénité au sein du ministère et de ses services déconcentrés, réfléchir sereinement aux besoins du secteur et ne pas l’opposer avec d’autres, ni le mettre en concurrence, sous la pression des grands lobbies et industries du disque par exemple…

 

11. Agenda21/développement durable. les grands tex- tes de référence actuels que sont la Charte pour la diversité de l’UNESCO, la déclaration de Fribourg sur les droits culturels et l’Agenda 21 de la culture modifient-ils votre approche des politiques culturelles publiques ?

Bien évidemment et les écologistes ont été les militants de cette nouvelle approche. L’agenda 21 de la Culture répond à la crise des modèles nationaux de politique culturelle et à la stagnation des moyens des collectivités locales. Il répond à la recherche d’alternatives économiques pour les arts et la culture. C’est une clé aussi pour sortir des faux débats sur les identités nationales.

L’agenda 21 permet de dépasser le face à face entre les élus et les professionnels : position monarchique, fait du prince. Il va remettre les habitants dans le jeu (conseils de quartier, de développement, associations, comités d’usagers)… Les arts et les cultures deviennent alors des pratiques de la citoyenneté locale.

Je veux passer d’une politique culturelle pour ou de à une construction par. Il faut accepter la parole de «non experts», et accepter de passer de la figure du public et de l’usager à celui du citoyen et de la personne.

 

12. Culture et numérique. Comment voyez-vous l’évolution des politiques culturelles face à la mutation des pratiques sous l’effet de la révolution numérique ?

Les canaux de l’internet, les encodages numériques ne sont pas neutres: ces derniers, tout en offrant de nouvelles voies, et en les démocratisant, ont changé les contenus, le son par exemple.

La duplication est à la portée de chacun, et tandis que les FAI font du téléchargement un argument de vente, les plateformes légales et leur identification ont pris un retard considérable. L’arsenal répressif entame les libertés sans même atteindre son but.

Il est temps de mettre au débat des modèles de rémunération des auteurs plus actuels, plus transparents … Accompagnons les nouvelles pratiques de création et de diffusion culturelles en consolidant le développement de l’offre légale sur Internet afin de faciliter l’accès aux oeuvres à tous les publics.

Nous voulons pour cela légaliser le partage non-marchand. Les lois qui criminalisent les utilisateurs, comme DAVDSI et HADOPI, seront abrogées.

 

13. Culture scientifique. A l’heure où une véritable culture scientifique, sans cesse actualisée, semble nécessaire pour adopter ou émettre des points de vue raisonnés, quelle place doit-elle prendre dans l’action culturelle de l’Etat ?

Ce fut un difficile combat, mené par les écologistes que de faire valoir le partage de la culture scientifique au ministère de la culture. Hélas pendant ce temps le ministère de la recherche dissolvait sa mission culture scientifique pour l’externaliser à UNIVERSCIENCES qui peinait déjà à rassembler deux institutions parisiennes aux personnels de statuts et de conception de la pédagogie différents.

L’enjeu reste l’équité territoriale, car ce ne sont que des miettes qui vont aux associations de terrain. Nous devons de surcroit rester attentifs à ce que les CCSTI gardent des moyens suffisants pour rester indépendants: en matière de culture scientifique, les mécénats intéressés ont tôt fait de vous changer la présentation des OGM, de l’effet de serre ou de Fukushima, pour peu qu’ils se nomment GNIS, TOTAL ou AREVA…

 

14. Relations internationales et francophonie. riche d’un patrimoine dense et d’une création vivace que ses politiques culturelles successives ont su préserver, la France a-t-elle une responsabilité particulière vis-à-vis de l’Europe et du monde ?

La France doit retrouver une vraie présence internationale, non seulement pour diffuser ses créations, mais aussi pour faire vivre ce qui sous-tend la culture, c’est-à-dire l’échange, la confrontation artistique, le débat, la réciprocité. Il est souhaitable que les collectivités qui mènent des actions de coopération décentralisée, aient un volet culturel dans leurs projets, et que l’Institut français en tienne compte et les appuie.

La francophonie est un fil conducteur particulier, intéressant parce qu’il facilite les échanges, ravive une mémoire commune, et nous interpelle sur le sort que nous faisons aux autres langues, dont les langues régionales.

Enfin comment évoquer l’international sans parler d’Europe, qui ne serait pas en si mauvais état dans le coeur de ses habitants si elle s’était davantage préoccupée de culture. C’est un point non négligeable que je m’attacherais à faire vivre.

 

15. Quelle serait votre première décision en matière de politique culturelle ?

Je commencerais par, dans le cadre de l’abrogation de la réforme territoriale telle qu’elle a été décidée par Nicolas Sarkozy, lancer des assises décentralisées pour repenser la compétence culture avec l’ensemble des niveaux d’intervention, de l’Europe à la commune, en passant par l’Etat, les Régions, les départements et les intercommunalités.

Je réformerais en profondeur la gouvernance du ministère de la Culture comme des institutions culturelles nationales, en proposant une charte éthique et démocratique pour sortir du « fait du prince » et permettre une meilleure représentativité de la diversité des cultures, qu’elles soient savantes ou populaires, émergentes ou patrimoniales.

Je rassemblerai l’ensemble des acteurs culturels pour travailler avec eux sur une loi d’orientation pour l’emploi artistique et culturel qui visera à protéger ces activités artistiques et culturelles des obligations de mise en concurrence, d’appels d’offres, et de fiscalité commerciale.

L’intermittence serait dans ce cadre profondément réformée pour s’attacher à sécuriser le parcours de travail de ces intermittents dans leur diversité, en faisant peser le cout de leur inhérente flexibilité sur les employeurs et non sur eux.

Je créerai enfin un fonds de soutien pour encourager le dialogue interculturel et rééquilibrer les moyens en faveur de la promotion de la diversité sociale et culturelle.

 

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments.

Eva Joly.

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