Musique – Commission Culture https://culture.eelv.fr Site Officiel de la Commission Culture EELV Fri, 23 Sep 2016 11:46:57 +0200 fr-FR hourly 1 Transmission dans la crise ou crise de la transmission ? https://culture.eelv.fr/2013/07/03/transmission-dans-la-crise-ou-crise-de-la-transmission/ Wed, 03 Jul 2013 12:42:08 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3826 2ème Rencontre Nationale Accord Majeur 2013 Mardi 9 juillet 2013 Hôtel Maynier d’Oppède Aix-en-Provence ...]]>

2ème Rencontre Nationale Accord Majeur 2013

Mardi 9 juillet 2013
Hôtel Maynier d’Oppède
Aix-en-Provence

TRANSMETTRE / ÉDUQUER
Transmission dans la crise ou crise de la transmission ?

En parallèle au débat national sur l’éducation artistique et culturelle, il a paru nécessaire aux membres d’Accord Majeur d’une part d’élargir le sujet aux  actions éducatives et culturelles, intégrées depuis longtemps dans les activités de leurs membres et d’autre part de poser publiquement plusieurs questions essentielles au vu de ces pratiques.

9h15                   Accueil – Café

10h00-11h00    Plénière d’ouverture avec la participation de :

  • Bernard Foccroulle, Directeur Général du Festival d’Aix en Provence
  • Catherine Tasca, Ancienne ministre, Sénatrice (interview vidéo)
  • Jacques Toubon, Ancien Ministre, Président de la FEVIS, pour Accord Majeur
  • Laurence Tison, Directrice adjointe de la Direction Générale de la Création Artistique, représentant Madame la Ministre de la Culture et de la Communication

11h00-13h00    Trois ateliers thématiques se déroulant en parallèle

Atelier 1 : Les effets de l’action éducative et culturelle : sensibilisation, apprentissage, élargissement des publics ?

Ce premier débat est centré sur les effets attendus des actions éducatives et culturelles sur le public. L’ambiguïté des objectifs constitue en effet l’une des difficultés principales à la réalisation de projets partenariaux entre acteurs et partenaires publics et privés : vise-t-on une forme de sensibilisation à la musique, un apprentissage du langage musical ou une augmentation significative du public ?

Modérateurs : Jeanne-Martine Vacher, Productrice à France Culture et Isabel Joly, Co-directrice du Réseau européen pour la sensibilisation à l’opéra et à la danse (RESEO)

Intervenants :

  • Pascale Bonniel-Chalier, Conseillère municipale et communautaire à Lyon et consultante à l’Agence La terre est ronde
  • Serge Cyferstein, Responsable du département de pédagogie au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMPD)
  • Katherine Heid, Co-directrice du Réseau européen pour la sensibilisation à l’opéra et à la danse (RESEO)
  • Raoul Lay, Compositeur et Chef d’orchestre, Directeur de l’Ensemble Télémaque
  • Vincent Maestracci, Inspecteur Général de l’Education Nationale
  • Bruno Messina, Directeur du Festival Berlioz / Agence Iséroise de Diffusion Artistique

Atelier 2 : Institutions et collectivités territoriales : responsabilités et compétences

Ce deuxième débat sera focalisé sur les impulsions à l’origine des actions éducatives et culturelles. Les « valeurs culturelles » ne sont sans doute plus aujourd’hui celles des années 1960, certains osant aujourd’hui l’expression de « misère culturelle ». Entendant cette mutation, les pouvoirs publics semblent déléguer aux institutions musicales la responsabilité de définir objectifs, contenus et méthodes.
Mais ne parle-t-on pas d’éducation à défaut de pouvoir parler de culture ? Comment trouver le juste équilibre entre la création artistique et les actions éducatives et culturelles ?
Enfin comment instaurer des dispositifs d’évaluation sur les objectifs élaborés conjointement entre les acteurs et leurs financeurs ?

Modérateurs : Benjamin François, producteur à France Musique

Intervenants :

  • Laurent Bayle, Président de la Salle Pleyel et de la Philharmonie de Paris, Directeur Général de la Cité de la musique
  • Andy Emler, Pianiste, Compositeur et Directeur artistique de la Compagnie aime l’air
  • Bernard Foccroulle, Directeur Général du Festival d’Aix
  • Anne Gérard, Adjointe au maire de Poitiers, Déléguée à la Culture, Vice-présidente de la commission culture de l’Association des Maires de Grandes Villes de France
  • Françoise Laborde, Présidente du groupe d’étude sur les arts de la scène, les arts de la rue et les festivals en régions
  • Caroline Sonrier, Directrice de l’Opéra de Lille

Atelier 3 : Artiste, médiateur, pédagogue : le paradoxe du musicien

Ce troisième débat permettra d’identifier les différents acteurs et le rôle de chacun : agir en professionnel impose en effet de cerner les différentes compétences requises des artistes, des médiateurs et des pédagogues.
Nous nous intéressons également à la question de réciprocité, c’est-à-dire aux effets des actions éducatives et culturelles sur ceux qui les impulsent ou les conduisent, individus ou institutions.

Modérateurs : Philippe Fanjas, Directeur de l’Association Française des Orchestres (AFO) et David Jisse, Directeur de la Muse en Circuit et Vice-président de Futurs Composés

Intervenants :

  • Clément Bodeur-Crémieux, Directeur des affaires culturelles de la Ville de Grenoble
  • Alain Desseigne, Directeur du Centre de Formation des Musiciens Intervenants à l’École (CFMI de Lyon) et Président du Conseil National des CFMI
  • Clément Lebrun, Médiateur Culturel (Talens Lyriques et Ensemble Intercontemporain)
  • Sarah Goldfarb, Directrice du Réseau de musiciens intervenants en ateliers (ReMuA)
  • Philippe Nahon, Chef d’orchestre, Directeur Ars Nova ensemble instrumental
  • Vincent Hugon, altiste, Orchestre national de Lyon
  • Jean-Christophe Vervoitte, corniste, Ensemble Intercontemporain

 13h00-15h00   Déjeuner-buffet

15h30-16h00    Restitution des ateliers

Rapporteurs :

  • Catherine Delcroix, Présidente du Syndicat National des Orchestres et des Théâtres Lyriques (SYNOLYR)
  • Alain Surrans, Président de la Chambre Professionnelle des Directions d’Opéra (CPDO)
  • Philippe Toussaint, Président de France Festivals

16h00-17h00    Débat avec les participants

Modératrice : Lorraine Villermaux, Présidente du Syndicat Professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs Indépendants de Musique (PROFEDIM)

17h00-17h45    Plénière de cloture avec la participation de :

  • Ivan Renar, Sénateur Honoraire, Président de l’Association Française des Orchestres (AFO), pour Accord Majeur

 

Pour en savoir plus :
contact@accordmajeur.net
www.accordmajeur.net
41 rue du Colisée Paris 75018
+ 33 (0)1  53 96 92 84

 

En partenariat avec 

Et avec le soutien de l’Institut de Management Public et Gouvernance Territoriale Aix-Marseille et Sciences Po Aix


Accord majeur, plateforme de coordination :
AFO – Association Française des Orchestres
CPDO – Chambre Professionnelle des Directions d’Opéra
FEVIS – Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés
FRANCE FESTIVALS – Fédération Française des Festivals Internationaux de Musique
FUTURS COMPOSES – Réseau national de la création musicale
PROFEDIM – Syndicat Professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs Indépendants de Musique
REMA – Comité français du Réseau Européen de Musique Ancienne
ROF – Réunion des Opéras de France
SYNOLYR – Syndicat National des Orchestres et Théâtres Lyriques

Membres associés :
AFIJMA – Association des Festivals Innovants en Jazz et Musiques Actuelles
Grands Formats – Fédération des grands ensembles de jazz et musiques à improviser

 

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Censure en Tunisie https://culture.eelv.fr/2013/06/23/censure-en-tunisie/ Sun, 23 Jun 2013 10:21:36 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3801 Une révolution encore endommagée Le rappeur tunisien Ala Yaâcoubi, alias Weld el 15, a été condamné jeudi 13 juin à deux ans de prison ferme pour avoir insulté la police dans une chanson. Le verdict a été annoncé par le juge du tribunal de Ben Arous (banlieue de Tunis) devant lequel, il avait décidé de se présenter. Il a été aussitôt emmené en prison. A l’annonce du verdict des heurts ont eu lieu et des arrestations et brutalités envers des journalistes ont été perpétrées. ...]]>

Une révolution encore endommagée

Le rappeur tunisien Ala Yaâcoubi, alias Weld el 15, a été condamné jeudi 13 juin à deux ans de prison ferme pour avoir insulté la police dans une chanson. Le verdict a été annoncé par le juge du tribunal de Ben Arous (banlieue de Tunis) devant lequel, il avait décidé de se présenter. Il a été aussitôt emmené en prison. A l’annonce du verdict des heurts ont eu lieu et des arrestations et brutalités envers des journalistes ont été perpétrées.

EELV apporte son soutien au  rappeur  et aux journalistes arrêtés ou molestés.  EELV dénonce la lourdeur de la sanction infligée.  Cette sanction est une menace contre la liberté d’expression et de création artistique. Elle intervient au moment où la Tunisie discute de sa nouvelle constitution qui doit garantir ces libertés. Après les condamnations sévères à l’encontre des Femen, cette nouvelle condamnation envoie donc un message négatif sur la préservation des acquis de la révolution notamment celui de la liberté d’expression.

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Marseille Provence 2014 : la culture c’est capital https://culture.eelv.fr/2013/01/10/marseille-provence-2014-la-culture-cest-capital/ Thu, 10 Jan 2013 16:31:48 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3752   Par Sébastien Barles (conseiller municipal de Marseille, porte parole régional d'Europe écologie les Verts) ...]]>

 

Par Sébastien Barles (conseiller municipal de Marseille, porte parole régional d’Europe écologie les Verts)

 A l’orée de l’ouverture de Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture, force est de constater que les citoyens sont partagés entre le légendaire scepticisme marseillais et une attente frénétique et démesurée de changement, de fête dans une ville qui s’ennuie copieusement malgré l’ardeur et le foisonnement créatif des acteurs culturels locaux malheureusement mal-entendus et peu soutenus par les élus.

La programmation de l’année capitale s’est faite au sein d’une association réunissant en son sein tous les décideurs locaux. Cette unité de programmation sur un vaste territoire épousant à peu près celui de la future métropole est déjà une prouesse dans une région où les logiques localistes, les querelles de clocher , les craintes d’hégémonisme sont légion et où l’intérêt collectif et la solidarité inter-territorial n’existe pas pour la plupart des élus locaux. C’est ainsi que l’on a vu des maires agiter l’antienne thatcherienne « I want my money back », voulant retrouver sur leurs fiefs chaque euro mis dans le panier commun.

Ce mode de gouvernance a permis de sortir des logiques d’arrosage clientéliste et de saupoudrage qui font trop souvent office de politique culturelle locale. Des réseaux se sont mis en place entre acteurs culturels, des connexions se sont faites avec des artistes venant des quatre coins du monde et notamment de l’autre rive de la Méditerranée, de nouvelles formes de mécénats culturels de circuit court et de commande publique citoyenne ont vu le jour.

La consécration de Marseille comme capitale européenne de la culture aura également permis l’émergence de grands équipements culturels dont la ville manquait. Je pense ici au MUCEM, au nouveau FRAC, au Grand Longchamp, au Panorama de la Friche, à la Villa Méditerranée…

La capitale aura également  permis à des projets urbanistiques ou de réappropriation de l’espace public de voir le jour à l’instar de l’aménagement du Vieux Port rendu semi-piéton ou la réouverture de la Digue du Large (au moins pour 2013) au public.

Des projets de développement des transports collectifs ont aussi été réalisés dans le sillage de l’année capitale : création de navettes maritimes, de lignes nouvelles de bus… L’amplitude horaire d’ouverture et de circulation du métro et du tram a également été accrue notamment en soirée.

L’offre culturelle du programme de l’année capitale est pléthorique, épouse bien l’ensemble du territoire de la candidature et l’ensemble des formes d’intervention artistique et culturelle.

Deux projets retiennent tout particulièrement notre attention en ce qu’ils incarnent l’ancrage du projet en lui donnant une dimension universelle et en préfigurant  le processus de métropolisation en gestation, lui donnant du sens. Il s’agit des projets du sentier de Grande Randonnée GR2013 et de Transhumance.

Le GR2013, dessinant un signe de l’infini embrassant toute l’aire métropolitaine des espaces naturels d’exception aux friches industrielles en passant par les cœurs urbains, nous interroge sur les relations ville – nature, nous sensibilise aux enjeux écologiques et nous révèle notre patrimoine sensible par le truchement d’artistes marcheurs.

Le projet Transhumance, alliant tradition et modernité, est une odyssée collective mêlant l’homme aux animaux dans le but de produire un manifeste poétique et philosophique, parabole joyeuse de toutes les migrations passées et à venir du carrefour méditerranéen.

Il n’en demeure pas moins que des craintes perdurent à l’aube de cette capitale européenne de la culture.

A côté des grands « phares culturels » dont la ville va être dotée (Mucem, Villa Méditerranée, J1), on peut regretter que les élus marseillais n’aient pas soutenus l’éclosion d’équipements culturels dans les quartiers Nord et est de la ville à l’instar des projets de médiathèques portés par les collectifs Rivoire et Carret et Saint Antoine dans des quartiers qui sont de véritables déserts culturels.  On constate également en même temps que le bouillonnement autour de l’année capitale un certain nombre de petites « fabriques culturelles » être menacées de fermeture en raison du désengagement d’un certain nombre de collectivités locales. Le Balthazar, lieu emblématique de la scène musicale marseillaise, a fermé il y a quelques années ; le Point de Bascule est menacé de fermeture. Or, Marseille est riche de lieux intermédiaires d’émergence artistique à l’instar de l’Embobineuse, de la Machine à coudre… qui ne sont pas soutenus au profit des gros mastodontes culturels.

De même, le programme est assez pauvre en grands projets au long cours associant artistes, urbanistes, architectes, citoyens pour la transformation d’espaces publics comme la réouverture des fleuves et rivières de Marseille (l’Huveaunne, le Jarret, les Aygalades) pour en faire des coulées vertes oxygénant la ville.

Enfin, le signal d’alarme est tiré quand on constate la vision à courte vue des élus locaux et du monde économique pour qui, Marseille capitale européenne de la culture n’est qu’un effet d’aubaine pour l’attractivité touristique de la ville qui en a bien besoin et la gentrification du centre ville.

Aussi, si le projet est séduisant et prometteur, le plus dur reste à réaliser: l’appropriation citoyenne du projet et l’adhésion populaire.
Et la question qui vient ensuite est celle de l’après.

Qu’y aura t-il de pérenne pour les marseillais et les provençaux après la grande kermesse? Comme avec Lille 2004, nous devons penser à l’après 2013. Que va-t-il rester et au bénéfice de qui? Il faut penser aux «usagers» directs de la culture, penser à favoriser son accès à tous notamment par le soutien à des lieux de proximité favorisant l’émergence et la poursuite des pratiques amateurs. Il faut penser aussi au financement du fonctionnement des nouveaux phares culturels dont le territoire sera doté et penser enfin l’articulation entre la politique culturelle municipale et métropolitaine. Cette réflexion doit être menée dès maintenant en tenant compte de la spécificité de Marseille riche d’une diversité culturelle inouïe.

C’est en partant de cette richesse des cultures de tous et des lieux intermédiaires qui irriguent le territoire qu’il faudra bâtir une nouvelle politique culturelle locale s’appuyant sur l’héritage laissé par Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture.

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Budget Culture Ile de France : une vision de plus en plus comptable, ou recommencer à faire de la politique ? https://culture.eelv.fr/2012/12/21/budget-culture-ile-de-france-une-vision-de-plus-en-plus-comptable-ou-recommencer-a-faire-de-la-politique/ Fri, 21 Dec 2012 19:46:37 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3743 Monsieur le Président, Monsieur le Vice Président, mes chers collègues, C’est pour moi un exercice pénible que d’intervenir à cette heure tardive, dans l’indifférence presque générale, afin d’essayer de faire entendre à notre noble assemblée, que baisser le budget de soutien a la culture, à la création, à l’action culturelle est une erreur politique majeure. Et elle est à double titre, car c’est une erreur collective,  dont on ne peut se laver les mains en désignant un coupable parfait, et particulièrement ici le Vice Président.  Parce que je sais qu’il s’est battu pour ne pas en arriver là, tout comme les élus membres de la commission culture ont tentés à leur tour et à leur niveau d’empêcher cette débâcle, cet échec de la baisse du budget régional de la Culture. ...]]>

Monsieur le Président, Monsieur le Vice Président, mes chers collègues,

C’est pour moi un exercice pénible que d’intervenir à cette heure tardive, dans l’indifférence presque générale, afin d’essayer de faire entendre à notre noble assemblée, que baisser le budget de soutien a la culture, à la création, à l’action culturelle est une erreur politique majeure. Et elle est à double titre, car c’est une erreur collective,  dont on ne peut se laver les mains en désignant un coupable parfait, et particulièrement ici le Vice Président.  Parce que je sais qu’il s’est battu pour ne pas en arriver là, tout comme les élus membres de la commission culture ont tentés à leur tour et à leur niveau d’empêcher cette débâcle, cet échec de la baisse du budget régional de la Culture.

Pourquoi je considère que c’est un véritable aveu d’échec ? Tout d’abord, parce qu’il suffit de regarder la réalité des chiffres,  pour s’apercevoir qu’il est ridicule de laisser croire qu’une coupe de 5 millions d’euros sur le budget culturel est la solution d’économie d’une région disposant d’un budget de 4 milliards et demi, pardon, mais cela laisse rêveur. Le budget culture en fonctionnement, c’est 1,2% du budget régional. Amputer ce budget de 5 millions d’euros, c’est faire une économie de 0,1% au budget global ! Quelle économie ?! Quelle victoire ?!

Laissez-moi vous dire, baisser le budget de la culture, et particulièrement sur sa partie fonctionnement, c’est faire croire qu’ 1 million dépensé est égal à 1 autre million, sans analyse sur la valeur ajoutée d’une dépense, sur son « service rendu ». Avec 1 million, on peut soutenir « Paris Région Entreprise »-c’est un choix, ou alors on peut développer la création culturelle et la médiation pour 15 fabriques de culture, ou encore permettre la finalisation de 30 films, on peut aider 50 auteurs en résidence, on peut soutenir 10 à 15 compagnies, une trentaine de festivals… Car en faisant cela, on fabrique du lien social, on éduque, on enchante, on émancipe, on transmet, on apprend a vivre ensemble.

Voilà en réalité à quoi sert l’argent dépensé pour la culture, voilà en quoi il est utile et indispensable.

Encore une fois, Il semble que nous oubliions collectivement pourquoi, en France, depuis 60 ans, nous avons choisi de soutenir la création et l’action culturelle avec de l’argent public. Est-ce pour notre bon plaisir ? Est-ce pour poser à côté de la rock-star en vogue, du cinéaste renommé, gimmick égotique de l’élu tentant désespérément d’exister sur une scène ou il ne sera jamais à sa place ?

Passé ce coup de gueule, que vous me pardonnerez peut-etre, je vais m’en tenir maintenant à des chiffres et des constats plus terre a terre, moins politiques, puisque notre institution devient de plus en plus comptable.

Comptons, donc.

« – Le secteur créatif représente au minimum 546 077 emplois en France, contre 225 000 dans l’automobile et 152 000 dans les télécoms.

Le secteur culturel francilien concentre 2,2% de l’activité économique nationale :

  • 27 % des compagnies dramatiques
  • 13% des scènes nationales
  • 31 % des compagnies de danse
  • 22 % des écoles de musiques et de danse, 22 % des enseignants et 20% des élèves
  • 18 % des salles de cinéma, 33% des recettes
  • 52 % des salariés du régime de l’intermittence du spectacle et 22% de la filière culturelle des collectivités territoriales
  • Le secteur du Cinéma et de l’audiovisuel seul permet d’employer plus de 130000 personnes en Ile-de-France.
  • En termes d’emplois, l’Île de France représente 49 % des emplois culturels en France.

Paradoxalement, ce foisonnement culturel ne garantit toujours pas un accès équitable à la culture pour tous les franciliens. La Culture va aux cultivés, à ceux qui savent déjà, ceux que l’art a déjà conquis, quand tant d’autres, restant à conquérir, vaincus, s’éloignent de plus en plus, malgré eux, des chemins de la connaissance et de l’ouverture au monde. Le réseau associatif et citoyen de la culture, exsangue, qui palliait jusqu’alors, bon an mal an, les manques des institutions, doivent se résoudre à réduire leurs activités devant les baisses conjuguées de l’Etat, des départements, et maintenant de la Région !

On peut bien sûr, essayer de se réjouir d’un budget d’investissement constant en AP, et en hausse de 4% en CP,  par rapport à 2012, mais il n’en demeure pas moins que construire des lieux ne les fait pas fonctionner, et que la logique permanente de se renvoyer la balle entre collectivités et Etat pour assurer le fonctionnement de ces espaces, ou pire, croire que la main invisible du marché va soudainement venir financer ces lieux culturels nous amène droit dans le mur.

Je finirais par dire, tout de même, que tout n’est pas noir dans ce budget, car il s’attache malgré la pénurie à orienter son action vers la jeunesse, par la mise en œuvre d’actions pour les lycéens, et notamment les médiateurs culturels.

Il faut se réjouir de la dotation d’une nouvelle ligne pour les arts de la rue, à hauteur de 500 000 euros, qui permettra de démontrer que notre signature a leur manifeste, L’Art est Public, au moment des présidentielles, se traduit dans les faits. Il faudra aussi les soutenir mieux grâce aux dispositifs déjà existants, comme le soutien à la permanence artistique, les aides aux manifestations ou les fabriques de Culture.

Nous saluons également la volonté du vice Président de mettre en place le musée éphémère, pour valoriser et faire circuler la création contemporaine a travers toutes l’Ile de France.

Mon groupe, tient à réaffirmer la nécessité de faire grandir les Fabriques de Culture, de maintenir le soutien au livre et à la lecture, à la permanence artistique et culturelle, au cinéma et à l’audiovisuel et cela se traduira dans nos votes sur les différents amendements qui vont vous être présentés M. le Président.

Nous disons enfin que l’éducation à l’image doit pouvoir bénéficier a tous les publics franciliens, y compris ceux qui ne sont pas Lycéens ou apprentis, cela fera encore l’objet d’un amendement que portera mon groupe.

Vous l’avez compris, M. le président, notre groupe regarde ce budget avec l’exigence qu’il mérite, et parce que nous sommes convaincus de la nécessité de l’intervention de notre institution pour soutenir la Culture en Ile-de-France, nous voterons ce budget, malgré ses défauts, mais sous réserve qu’une partie à minima des amendements des groupes de notre majorité puissent l’abonder, de manière politique, et non comptable.

Je vous remercie.

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La Philharmonie, nouvelle gabegie (Tribune de Danielle Fournier, coprésidente du groupe des élu/es EELV de Paris) https://culture.eelv.fr/2012/11/25/la-philharmonie-nouvelle-gabegie-tribune-de-danielle-fournier-copresidente-du-groupe-des-elues-eelv-de-paris/ Sun, 25 Nov 2012 19:50:50 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3739 Alors qu'un rapport du sénateur (UMP) Yann Gaillard pointe la dérive financière du projet de salle dédiée à la musique classique à La Villette, Danielle Fournier, coprésidente du groupe Europe Ecologie Les Verts au Conseil de Paris, plaide pour une politique culturelle de proximité. ...]]>
Alors qu’un rapport du sénateur (UMP) Yann Gaillard pointe la dérive financière du projet de salle dédiée à la musique classique à La Villette, Danielle Fournier, coprésidente du groupe Europe Ecologie Les Verts au Conseil de Paris, plaide pour une politique culturelle de proximité.


Décidément, à Paris, cette deuxième mandature se distingue par plusieurs dérives budgétaires inquiétantes. En ce en pleine crise de la dette publique.

En matière d’urbanisme, la rénovation des Halles se distingue par la bientôt célèbre Canopée : un toit pharaonique en plein cœur de Paris, estimé au départ à 120 millions d’euros, qui coûtera au final à la Ville près du double, sans que son intérêt soit pour l’heure expliqué. Dans le domaine sportif, la reconstruction du stade de rugby de Jean-Bouin coûte près de 200 millions d’euros. Quant à la politique culturelle, elle sera désormais marquée par la Philharmonie.

Le sénateur UMP Yann Gaillard –que l’on ne soupçonnera pas d’antisarkozysme– a rendu public le 22 octobre un bilan financier accablant pour le projet culturel lancé par le précédent gouvernement, qui a bénéficié du soutien sans réserves de notre municipalité. La salle Philharmonique, grand équipement prestigieux prévu à la Villette pour accueillir une grande salle de concert dédiée à la musique symphonique, tourne au gouffre financier : l’addition, annoncée à 170 millions d’euros lors de la commande, avoisine désormais les 400 millions. Cette dérive est d’autant plus grave que l’utilité du projet n’est toujours pas démontrée : comme les écologistes l’ont déjà maintes fois répété en Conseil de Paris, créer cette grande salle spécialisée à côté de la Cité de la Musique relève davantage du rêve mégalo que du souci de favoriser la pratique culturelle à Paris. La capitale compte déjà au moins deux salles dédiées en partie à la musique symphonique : le nouvel auditorium de Radio France et le théâtre des Champs-Élysées ; par ailleurs d’autres salles proposent en partie une programmation musicale classique ou lyrique : le théâtre du Châtelet, l’opéra Bastille, l’opéra Garnier, l’opéra Comique, la salle Gaveau, ou encore la salle Pleyel… Les capacités d’accueil dans ces équipements fluctuent entre 1000 et 2000 spectateurs, ce qui est tout à fait raisonnable pour recevoir des concerts internationaux de musique classique.

Parmi les autres points noirs de ce projet, le rapport du Sénat stigmatise une gouvernance défaillante et un calendrier retardé de 24 mois. Le maire n’aura même pas l’opportunité d’inaugurer en fonction ce chantier, qui aurait pourtant dû émerger dès cette année.

Pour les écologistes, le projet est d’autant plus contestable qu’il a été présenté –à tort– comme un projet métropolitain. Une fois de plus, comme pour l’extension du tournoi de Roland-Garros, Paris promeut la métropole dans son discours mais continue dans les faits d’accaparer les projets de prestige sur son propre territoire.

Plus grave, cette politique se mène au détriment des associations culturelles de terrain, touchant un large public de proximité, qui elles subissent de sérieux tassements dans leurs subventions, voire des coupes « pour raisons budgétaires ». Le Lavoir moderne parisien (LMP), lieu emblématique de la scène artistique du XVIIIe arrondissement, en a subi l’amère conséquence en avril dernier. Trop peu soutenu par la Ville, il a mis la clé sous la porte. La Ville rechignait depuis plusieurs années à lui accorder 40 000 euros par an.

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Budget culture et communication pour 2013 https://culture.eelv.fr/2012/10/16/budget-culture-et-communication-pour-2013/ Tue, 16 Oct 2012 10:21:55 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3720 On sauve les meubles, mais ou est le projet ? Le Projet de Loi de Finances prévoit une diminution de son budget de 4,33% en 2013, soit 110 millions d’€, puis –2,06% en 2014 et – 1,26% en 2015 soit une diminution totale de 7,48% en 3 ans. Si on ajoute la stagnation budgétaire de l’année 2012 et l’inflation des années à venir, le budget culture aura perdu 12 % à 15 %  des ses moyens d’ici à 2015. ...]]>

On sauve les meubles, mais ou est le projet ?

Le Projet de Loi de Finances prévoit une diminution de son budget de 4,33% en 2013, soit 110 millions d’€, puis –2,06% en 2014 et – 1,26% en 2015 soit une diminution totale de 7,48% en 3 ans. Si on ajoute la stagnation budgétaire de l’année 2012 et l’inflation des années à venir, le budget culture aura perdu 12 % à 15 %  des ses moyens d’ici à 2015.

C’est un resserrement des crédits sans précédent dans l’histoire du Ministère de la Culture, qui ne correspond pas aux engagements du Président de la République de sanctuariser le budget de ce Ministère. C’est un signe fort, qui n’est pas positif, pour une économie bien mince au regard du budget global de l’Etat, la Culture en constituant moins de 1% !

 

Nous réaffirmons que la Culture, au même titre que l’Education, la Justice et la Santé, doivent être des secteurs préservés des politiques de rigueur et d’austérité, ils constituent des biens communs porteurs de droits inaliénables.

 

Cependant, les mesures prises pour atteindre les objectifs d’économie touchent et préservent des domaines importants de la politique culturelle de façon relativement équitable, et nous apprécions qu’il soit d’abord question de :

  • Préserver l’éducation artistique, les effectifs et moyens des écoles supérieures d’art, les interventions de l’état en faveur de la création notamment dans le spectacle vivant et les arts plastiques
  • Abandonner et/ou reporter les grands projets, la plupart pharaoniques, coûteux et décidés sans concertation. Nous espérons que ces décisions enterrent les  politiques de « grands projets » décidées par un pouvoir politique omnipotent. Pour les projets passés et futurs, nous souhaitons des études au cas par cas, avec tous les acteurs concernés, au titre de priorités politiques claires, sourcées et transparentes.
  • Rééquilibrer la politique d’investissement patrimonial au profit des régions
  • Faire porter les économies  sur les grands opérateurs du MC, de façon différenciée.

 

Toutefois, le Ministère ne semble pas apprécier et assumer complètement ce que cette dernière mesure comporte comme obligations de sa part par rapport aux opérateurs sous sa tutelle. On ne peut pas simplement prélever des fonds sur les grandes institutions publiques, d’autant plus que le niveau élevé et continu de ce prélèvement sera très déstabilisant, sans réviser en même temps la politique et les priorités des établissements. Il n’y a pas d’économies possibles, au niveau demandé dans ces entreprises, qui n’étaient pas et ne sont toujours pas des lieux de gabegies, sauf sur les rémunérations parfois démesurées de certain dirigeants d’établissement. Il faut des réorganisations profondes, des redéfinitions des missions, des réorientations sur les activités les plus efficaces et les plus pertinentes. Laisser les directions d’établissements se « débrouiller » revient à leur laisser choisir soit l’augmentation des tarifs (solution la plus courante), soit la diminution de l’activité (moins de spectacles, de créations, d’expositions…), soit la réduction des emplois, ou un peu des trois. Réduire les moyens ce n’est pas seulement un décret, c’est un redéploiement de l’intelligence.

 

Maintenir les obligations, Contrat d’Objectifs et de moyens, de performance et continuer la politique de gel de certaines parties des subventions de fonctionnement et d’investissement sont des injonctions contradictoires et un non-sens s’il n’y a pas un accompagnement stratégique. Le Ministère doit s’occuper des entreprises qu’il déstabilise, aider à trouver des solutions, ouvrir des perspectives d’activité pouvant compenser les pertes de revenus,  et non pas les mettre au ban des accusés.

 

A ce titre nous considérons que les messages envoyés à France Télévision, tous négatifs, sont  très inquiétants. On ne peut mettre  une entreprise dans une équation économique impossible : Avoir « à demi » supprimé la publicité, en principe remplacée par les crédits d’Etat, puis supprimer une partie de ces crédits, alors même que le restant de son marché publicitaire chancelle, et qu’on la ballote de réformes organisationnelles en réformes organisationnelles contradictoires ne peut que mener à un désastre. Ainsi, pas de publicité, mais pas de progression de la  redevance non plus, plus d’obligations à observer (par rapport à la création, aux spectacles de qualité), mais des économies à faire, de l’indépendance mais pas d’autonomie stratégique (refus des antennes régionales de plein exercice pour France 3 et France O), pas de course à l’audience mais du pluralisme de l’information face à Bouygues/TF1 et des équipes jugées sur…leur audience (contrats d’objectifs et de moyens), du media global et des revenus supplémentaires, mais interdiction d’exploiter les droits des émissions produites qui appartiennent au secteur privé, notamment via les animateurs producteurs, 180 millions à économiser, mais pas de plan social (qui serait équivalent à celui de PSA en traduction brute, etc…). Comment mieux étouffer le service public qu’en le mettant dans un faisceau de telles incohérences ? Ignore-t-on que les grands groupes audiovisuels européens cherchent déjà à exclure les services publics des marchés pour garder pour eux toute la « disponibilité cérébrale » ? Nous avons là-dessus quasiment un devoir de salubrité publique.

 

Dans la rubrique des faits inquiétants nous notons aussi la poursuite des nominations « du fait du prince » comme celle du futur directeur de l’Opéra National de Paris, nommé dans l’opacité, sans que les principaux acteurs soient consultés, sans que l’on ne connaisse quelque chose de son projet, qui pourtant devra s’inscrire dans une réduction budgétaire drastique, et en piétinant la limite d’âge …cela augure mal de l’avenir. Cela aurait pourtant été une occasion de partager une vision et de redéfinir le rôle de l’art lyrique et de l’ONP. C’est une opportunité manquée, et c’est dommage.

 

Rappelons à ce sujet que l’une des politiques prioritaires devrait être celle du rééquilibrage paritaire : les femmes dirigeantes d’établissements culturels sont une infime minorité, en complet décalage avec l’évolution de la société.

 

Nous, écologistes, sommes inquiets et déçus. Le changement de politique culturelle signifie pour nous des remises en causes profondes des acquis, du centralisme, de l’orientation « prestige » des moyens alloués au détriment de politiques plus soucieuses des citoyens. Nous souhaitons une vraie décentralisation des moyens sur les territoires, un vrai changement du mode de gouvernance (agenda 21, démocratisation des instances de décision), la reconnaissance des droits culturels comme fondement des politiques culturelles. Encore une fois, ce sont les options financières qui tiennent lieu de politique, là où, justement, les nécessités économiques, loin d’être considérées comme anodines, pourraient servir de levier pour modifier notre façon de concevoir l’action publique de l’Etat en faveur de la création, de l’action artistique et de la Culture.

 

Nous ne pleurons pas aujourd’hui sur la diminution de moyens, mais sur l’étroitesse de la vision.

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Le CNM : menace sur la diversité musicale pour sauver les profits https://culture.eelv.fr/2012/01/17/le-cnm-menace-sur-la-diversite-musicale-pour-sauver-les-profits/ Tue, 17 Jan 2012 18:57:16 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=3148 L’annonce précipitée de la constitution du Centre National de la Musique est une véritable opération de poudre aux yeux montée pour sauver les revenus des 5 majors qui captent 80% des bénéfices du secteur. Si la constitution d’un « CNC  de la musique », sur le modèle du cinéma,  est en soit une idée intéressante, sa mise en oeuvre pose un véritable problème.

Parce qu’elle a refusé d’accompagner la mutation internet, l’industrie musicale a connu une perte de son chiffre d’affaire de 40% au cours de ces 5 dernières années. Le téléchargement dit « illégal » a proliféré sur le terrain déserté par les majors qui, aujourd’hui encore, s’opposent à toute idée de licence globale qui pourtant gènérerait bien plus de revenus pour la musique.

A l’instar d’Hadopi, le CNM ne résout en aucun cas le problème du secteur. Aucune vraie recette nouvelle : le budget de 145 M d’€ est pour l’essentiel constitué des aides déjà distribuées par les sociétés d’auteurs (50 M d’€) et d’un prélèvement sur les recettes du CNC (95 M d’€, une partie de la « taxe sur les services de télévision » Cette taxe est principalement issue des services internet).

Ce prélèvement  est justifié  « parce qu’il est légitime que les opérateurs de télécom contribuent au financement de la production et de la création ». Si c’est le cas pourquoi pas une licence globale comme EELV et de nombreux acteurs le demandent, et qui pourrait rapporter à la musique 2 à 300 millions d’€ juste pour la musique ?
Par ailleurs la progression des recettes de la taxe sur la billetterie du spectacle vivant  est re-répartie en faveur de l’industrie du disque en déconfiture : l’économie de rente s’attaque aux emplois culturels.

Les recettes prises aux sociétés d’auteurs, à l’audiovisuel, ainsi que la redistribution des recettes  du spectacle vivant,  vont directement aller dans la poche des grosses entreprises de la diffusion et de l’édition phonographique, via des systèmes d’aides automatiques réservés aux entreprises « ayant un chiffre d’affaires significatif ».

On taxe les petits pour alimenter les grands. Sur 145 millions d’Euros, 7 millions d’Euros seulement seront apportés en aide aux créateurs !

Au delà des aspects économiques, c’est mettre en péril la diversité musicale. Le rapport privilégie les formes de musique déjà sur-représentées dans l’industrie.

Pendant ce temps là, les opérateurs télécom, les plate-formes internet, les producteurs d’appareils d’écoute, de smartphones et de tablettes, qui vendent leurs produits notamment grâce à la fourniture de contenus musicaux, peuvent dormir tranquilles sur leurs bénéfices : on n’y touchera pas.

Pascal DUR

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Transmission et appropriation des pratiques musicales https://culture.eelv.fr/2011/11/09/transmission-et-appropriation-des-pratiques-musicales/ Wed, 09 Nov 2011 14:52:54 +0000 http://culture.eelv.fr/?p=2709   Appel à intervenants \"Transmission et appropriation des pratiques musicales, socialisation en banlieue et ailleurs.\" ...]]>

 

Appel à intervenants

« Transmission et appropriation des pratiques musicales, socialisation en banlieue et ailleurs. »

Journée d’étude – lundi 6 février 2012, à l’Université Paris 8 / Saint-Denis

 

Le CIRCEFT-ESCOL, en partenariat avec le réseau thématique « enfance » de l’AISLF et avec le réseau thématique « éducation et formation » de l’AFS, organise une journée d’étude[1], comprenant des conférences et des communications en ateliers sur la base de l’appel ci-dessous.

Des colloques récents ont permis, de façon centrale pour les uns, de façon secondaire pour les autres, de faire connaître et confronter des recherches en sciences sociales qui traitent de la question de la socialisation et des pratiques culturelles :

– sur le rapport à la culture des enfants (au sens où ils ont moins de 18 ans)[2] ;

– sur les continuités et les évolutions des modalités de distinction et de rapport à la culture[3] ;

– sur « ce que l’école fait aux élèves »  notamment au sujet des pratiques culturelles[4] ;

– sur l’appropriation de formes culturelles dans différents milieux de socialisation[5].

Les organisateurs de la journée de recherche souhaitent approfondir certains aspects qui ont été évoqués lors de ces colloques précédents : les processus de transmission et d’appropriation. La réflexion sera centrée sur les pratiques musicales, entendues principalement comme pratiques d’auditeurs de musiques (enregistrées, radio, clip vidéo…) et comme pratique de spectateurs de concerts, qui peuvent être renforcées par la pratique instrumentale ou vocale, mais cette dernière n’est pas l’objet principal de la journée.

Ce choix s’explique par le fait que les pratiques musicales sont parmi les pratiques culturelles qui sont les plus diffusées, autant que la télévision (95% des 6-14 ans[6]). Elles sont aussi investies de manières très diverses : des plus « légitimes » aux plus « populaires », des musiques juvéniles (transmises par les « socialisations horizontales ») à celles plutôt privilégiées par les générations précédentes ou par l’école (transmises par les « socialisations verticales »), de celles qui sont privilégiées par les garçons ou les filles à celles qu’ils partagent, des pratiques les plus répandues par les médias à celles qui s’écoutent dans l’entre-soi d’un groupe particulier (voire en sont l’emblème).

De ce fait, l’étude des pratiques musicales semble susceptible d’éclairer particulièrement des points de débat dans l’actualité de la recherche en sociologie de la culture, de l’enfance et de l’éducation.

Face au constat d’omnivorité, de pratiques éclectiques, et en même temps de permanence des formes de distinction, il semble utile de faire le point sur ce qu’écoutent de commun et de différent les enfants et les jeunes, et sur les « passeurs » et les groupes de socialisation qui leur ont transmis ces pratiques, ainsi que sur les occasions de découverte et d’appropriation (échange de supports enregistrés, proximité entre le domicile et une salle de concert, etc.). Cette identification semble d’autant plus importante que l’on sait que les goûts musicaux formés pendant l’adolescence tendent à marquer durablement les pratiques[7].

L’appropriation de pratiques musicales est souvent tout particulièrement évoquée sous l’angle de ce qu’elle engage comme construction identitaire, par rejet ou inscription, dans des lignées familiales ou dans des groupes sociaux.

Comment s’articulent l’appropriation de goûts et de dégoûts musicaux d’une part, et l’inscription dans différents groupes ou classes sociales d’autre part ? Comment socialise-t-on à écouter de la musique dans différentes occasions de la vie sociale ? Comment s’articulent les transmissions et appropriations « horizontales » et celles relevant de la « socialisation verticale », entre différentes générations et/ou auprès d’institutions éducatives et culturelles ? Chez les garçons et chez les filles, l’appropriation musicale et les constructions identitaires se jouent-elles de la même façon ?

En quoi ces inscriptions symboliques sont-elles liées à la fréquentation de « passeurs » de pratiques et de lieux, inscrits dans des territoires, dont la fréquentation diverse ou limitée, pour des enfants et des jeunes, a peut-être à voir avec la palette plus ou moins grande des musiques connues et appréciées ? Notamment, qu’en est-il en « banlieue » populaire, en zone rurale et dans des territoires plus poreux, selon que les habitants bénéficient de réseaux de fréquentations plus ou moins larges ?

Les communications portant sur ce thème des relations entre la socialisation musicale et la place et l’inscription dans le monde social seront regroupées dans un premier axe.

Le deuxième axe de l’appel invite inversement à étudier les choses sous l’angle des institutions éducatives et culturelles : qu’est-ce que les pratiques culturelles juvéniles (et les institutions ou espaces dans lesquels elles s’inscrivent) font à l’école et aux pratiques de scolarisation ? Qu’est-ce que les modes de socialisation et d’appropriation musicale horizontale font aux modes de socialisation-transmission verticale ?

Le troisième axe de l’appel porte sur la transmission et l’appropriation des dispositions intellectuelles et esthétiques qu’engagent les activités de perception.

Par quelles modalités les enfants et les jeunes s’approprient-ils des catégories de classement des oeuvres ou des artistes, et des schèmes de perception et d’appréciation ? Ces dispositions sont-elles les mêmes que celles que la sociologie de la culture a identifiées à l’état stabilisé pour les adultes ? Comment se construisent-elles[8] ?

Par ailleurs, les recherches ont montré que les mélomanes appréciaient une diversité plus ou moins grande de styles musicaux. Que dans les débats de la sociologie de la culture, ceci soit conceptualisé au travers du degré de légitimité des musiques concernées, d’omnivorité et d’univorité[9], ou de composition de « tablatures »[10] entre les styles ou les morceaux écoutés, cela invite, quand on s’intéresse à l’enfance et à la jeunesse, à comprendre la genèse de ces dispositions à « l’éclectisme éclairé »[11] : comment apprend-on à circuler (ou pas, et si oui, de façon différente) entre des œuvres diverses, à la fois sur le plan esthétique de « l’appréciation » et sur le plan intellectuel des rapprochements, des comparaisons, des démarcations, entre différents morceaux de musiques ou passages de morceaux, voire avec des œuvres non musicales ?

De plus, selon les milieux de socialisation, quelles sont les formes de transmission et d’appropriation de ces pratiques musicales entre les logiques « scripturales-scolaires » et les celles relevant du « voir-faire et ouï-dire »[12] ?

Le quatrième axe traitera des objets, des supports de diffusion de la musique (radio, disque, MP3…), dont la forme pourrait contribuer à des possibilités d’écoute différentes. Les communications pourront ainsi explorer les manières dont ces supports (notamment selon la facilité ou la rareté de leur possession, selon le type d’habitat et selon les caractéristiques sociales des familles) entrent en ligne de compte dans la transmission différenciée des « contenus » musicaux, des formes de l’audition et de la perception, comme des occasions d’une écoute partagée.

Sur les différents axes, des communications reposant sur des études diachroniques sont également les bienvenues.

Les propositions de communication (une à deux pages maximum, bibliographie comprise), issues de recherches en sciences sociales, indiqueront dans quel axe de l’appel elles s’inscrivent. Les auteurs devront préciser la problématique, l’objet et la méthodologie sur lesquels ils s’appuieront pour développer leur propos pendant 20 mn + 10 mn de discussion.

Ces propositions doivent être envoyées par e-mail à l’adresse du colloque : soc-musicale93@univ-paris8.fr

Date limite d’envoi des propositions : Vendredi 2 décembre 2011.

Réponse du comité scientifique : jeudi 15 décembre.

Il est envisagé de publier une large part des communications de la journée.

Responsable scientifique de la journée d’étude : Stéphane Bonnéry (CIRCEFT-ESCOL, Paris 8)

Interlocuteur pour le comité d’organisation : Manon Fenard

 


[1] Cette journée financée par le programme PICRI de la région Ile-de-France, comme le programme de recherche qu’elle conclut, qui a été réalisé en partenariat avec l’association Chroma.

[2] Colloque « Enfance et cultures : regards des sciences humaines et sociales », organisé les 15, 16 et 17 décembre 2010 à Paris par le DEPS / Ministère de la culture et la réseau « Sociologie de l’enfance » de l’AISLF : http://www.enfanceetcultures.culture.gouv.fr/

[3] Colloque « Trente ans après « La Distinction » », organisé les 4, 5 et 6 novembre de 2010 à Paris : http://iatur2010.sciences-po.fr/index.php/distinction/Distinction

[4] Colloque organisé par le CENS (Centre Nantais de Sociologie) et le CREN (Centre de Recherche en Education de Nantes), soutenu par l’Université de Nantes, la Région Pays de la Loire et l’Association Française de Sociologie (RT4 Sociologie de l’éducation et de la formation) : http://www.cren-nantes.net/spip.php?article77

[5] Congrès AREF (Actualité de la recherche en éducation et en formation) Genève 2010, co-organisé par l’AECSE : https://plone2.unige.ch/aref2010

[6] Octobre Sylvie, Les loisirs culturels des 6-14 ans, Paris : La documentation française, 2004, p. 74.

[7] Donnat Olivier, Les pratiques culturelles des Français à l’ère du numérique. Enquête 2008, Paris : La Découverte, 2009, pp. 122-123.

[8] Bourdieu Pierre, La distinction, Paris : éd. De Minuit, 1979, p. 545n : « Il appartiendrait à une sociologie génétique d’établir comment se constitue ce sens des possibilités et des impossibilités, des proximités e des distances ».

[9] Peterson Richard A. « Le passage à des goûts omnivores : notions, faits et perspectives », Sociologie et sociétés, 36, 1, pp. 145-164.

[10] Glevarec Hervé, Pinet Michel, « La « tablature » des goûts musicaux : un modèle de structuration des préférences et des jugements », Revue française de sociologie, vol. 50, n° 3, pp. 599-640.

[11]  Donnat Olivier, Les Français face à la culture. De l’exclusion à l’éclectisme, Paris, La documentation française, 1994.

Philippe Coulangeon, Les métamorphoses de la distinction. Inégalités culturelles dans la France d’aujourd’hui, Paris : Grasset, 2011.

[12] Vincent Guy, Lahire Bernard & Thin Daniel, « Sur l’histoire et la théorie de la forme scolaire », dans Vincent (Guy), L’Education prisonnière de la forme scolaire ? Scolarisation et socialisation dans les sociétés industrielles », Lyon : Presses Universitaires de Lyon, 1994, p. 11-48

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