Une agriculture moderne et paysanne


Jeudi dernier j’animais une réunion à CENAC & St JULIEN sur le thème de l’agriculture, samedi j’assistais à MARQUAY au spectacle de Clément Bouscarel, paysan, écolo, occitan et conteur de talent. Rien de tel pour enrichir mon programme au contact des acteurs du sujet, qu’ils soient agriculteurs, ou, comme nous tous, habitants d’un territoire rural et consomm-acteurs.

Partons des besoins : une nourriture saine pour toute la population, non polluante, et peu énergivore, capable de faire correctement vivre les producteurs, et assurant la souveraineté alimentaire de tous les pays.

UN MODÈLE DE PRODUCTION BIO

Les études récentes montrent la possibilité de nourrir la planète maintenant et dans les décennies à venir avec une agriculture biologique. Les conditions ? Consommer moins de viande (gourmande en surfaces, énergie et eau), limiter le gaspillage alimentaire (30% de la production, liée aux systèmes de stockage déficient dans les pays en voie de développement, au calibrage des produits et aux pertes dans la distribution dans les pays développés) et préserver les terres agricoles de l’urbanisation débridée et des projets routiers inutiles. La généralisation de ce mode de production améliorerait la santé (à commencer par celle des agriculteurs eux-mêmes), la qualité de l’eau et de l’air, tout en développant l’emploi dans tous les territoires pour contribuer à inverser l’exode rural.

LIMITER LES BESOINS ÉNERGÉTIQUES

De 1940 à nos jours, le besoin d’énergie pour produire 1 calorie alimentaire a été multiplié par 15. Des solutions existent pour inverser cette tendance incompatible avec la raréfaction des ressources et les enjeux climatiques : par des pratiques sans labour, la limitation des intrants, la rotation des cultures, l’enseignement de la biologie des sols, l’agro-foresterie, le pastoralisme, l’auto production d’énergie (biomasse, méthanisation) , la production de protéagineux au lieu de les importer, une réduction du commerce international déraisonnable en taxant le transport à son vrai coût environnemental, et en favorisant les circuits courts.

Ce commerce international, que certains veulent encore développer par les traités CETA et TAFTA, aboutit à une volatilité des cours, à un dumping terrible (y compris de la part de l’Europe à l’encontre de l’Afrique, perturbant ainsi le nécessaire développement de pays par ailleurs durement frappés par le réchauffement climatique).

VIVRE BIEN DE SON TRAVAIL

Une nouvelle gestion de la Politique Agricole Commune est impérative pour ne plus affecter les aides uniquement en fonction des surfaces cultivées mais suivant le nombre d’emplois par exploitation et les modes de culture. La suppression de la TVA sur les produits bio, compensée par une augmentation de la TVA sur la production industrielle, ainsi que l’aide à la mise en place de réseaux coopératifs de distribution sont aussi des outils efficaces.

Je porterai de nouveau le projet de loi de Brigitte Allain sur le bio et les circuits courts pour les cantines (retoqué à la demande de parlementaires LR), qui permet un important débouché pour ce
type de production, de l’emploi pour cuisiner sur place ces produits, une éducation au goût et au respect des aliments pour les enfants.

Je mettrai en œuvre cette transition en douceur, pour ne pas perturber un secteur fragile, paupérisé et très fortement endetté, par une progressivité dans le temps de la modulation de la TVA, de la taxe sur les transports et par l’anticipation et l’aide à la conversion bio.

Je mettrai l’agriculture paysanne et bio au centre de la politique de revitalisation des territoires ruraux, comme créatrice d’emplois, productrice d’énergie, garante de l’équilibre écologique et source d’une alimentation saine pour tous.